Coronavirus : après les propos polémiques d'Agnès Buzyn, l'exécutif tente d'éteindre la polémique

Coronavirus : après les propos polémiques d'Agnès Buzyn, l'exécutif tente d'éteindre la polémique
Politique

POLEMIQUE - Agnès Buzyn a assuré avoir prévenu dès janvier le Président et le Premier ministre de la gravité de l'épidémie à venir, et de l'impossibilité de tenir les élections municipales. "Beaucoup de médecins n'étaient pas d'accord avec elle", a notamment déclaré le Premier ministre Edouard Philippe pour tenter d'éteindre la polémique.

Circulez, il n'y a rien à voir. Voilà en substance ce que répètent les membres de l'exécutif pour essayer d'éteindre la polémique allumée par l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn. Dans un entretien donné au Monde et publié ce mardi 17 mars, la candidate LaREM à la mairie de Paris affirme qu'elle avait alerté sur l'impossible tenue du scrutin depuis plusieurs semaines, et demandé la semaine dernière au chef de l'Etat de le reporter. Elle a également raconté avoir alerté le gouvernement dès janvier sur le danger du coronavirus : "Le 11 janvier, j'ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j'ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein".

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Des propos qui ont fait polémique dans l'opposition, mais aussi dans la majorité, et que l'exécutif s'est rapidement employé à déminer. Ce mercredi sur LCI, le ministre de la Santé Olivier Véran a déclaré : "Je n’ai pas compris la différence qu’elle évoquait entre ce qu’elle aurait voulu mettre en place et ce qu’elle avait mis en place. Je crois qu’elle n’a pas forcément été très bien comprise. J’ai lu son communiqué dans lequel elle dit ‘c’est bien parce que j’ai évoqué l’hypothèse d’une épidémie très tôt que j’ai fait en sorte d’activer tout pour qu’on puisse être pleinement opérationnels. La situation elle était gérée depuis la première heure, avec le plus grand sérieux." Il a ajouté que le "consensus scientifique" avait été "impossible à identifier". "Il y a quinze jours, trois semaines, vous aviez encore une proportion d’experts non négligeable qui vous disait qu’il fallait confiner ou ne pas confiner."

Si la France n’avait pas été préparée (...) nous n’aurions pas été capables de freiner l’épidémie aussi longtemps."- Olivier Véran

Il a assuré que tout avait été mis en place pour lutter contre l'épidémie. "Si la France n’avait pas été préparée, si les moyens logistiques n’avaient pas suivis et si les cellules de santé publique n’avaient pas été pleinement opérationnelles, nous n’aurions pas été capables de freiner l’épidémie aussi longtemps que ce que nous avons fait. Nous aurions trois semaines de retard par rapport à l’Italie et non quelques jours d’avance par rapport à eux", a assuré Olivier Véran.

Toujours ce mercredi, le ministre de l'Action et des Comptes publics a rappelé sur RMC et BFMTV qu"au mois de février, nous ne savions pas, comme les médecins l'ont déjà dit plusieurs fois y compris d'ailleurs sur vos antennes, que la situation serait celle que nous connaissons aujourd'hui". "C'est tellement vrai que Mme Buzyn a été candidate" à Paris, a-t-il ajouté. "Il n'y a pas une décision qu'a prise l'Etat, pas une décision politique qui a été contraire aux choix des scientifiques, et nous les suivrons quoi 

qu'il en soit", a assuré le ministre.

Philippe invoque l'avis du comité scientifique pour justifier le maintien des Municipales

Déjà mardi soir au JT de 20H de France 2, le Premier ministre Edouard Philippe avait pris la parole, déclarant : "Dès le mois de janvier, la ministre de la Santé a dit que ce qui se passait en Chine était quelque chose qu'il fallait prendre au sérieux", et, "dès le mois de janvier", le gouvernement a pris des "décisions lourdes de rapatriement" des Français de l'étranger et "de confinement", a-t-il rappelé. 

A propos de l'organisation du premier tour des élections municipales, il a répondu : "au moment où elle m'a dit ça, beaucoup de médecins n'étaient pas d'accord avec elle, beaucoup de médecins pensaient qu'il ne s'agissait pas d'une épidémie qui produirait son effet à ce moment, ou qui aurait cet impact", en faisant valoir que les scientifiques "nous ont dit qu'en respectant les consignes de sécurité strictement", les élections municipales "pouvaient se dérouler sans causer de danger aux électeurs". "On ne peut pas, lorsqu'on est un responsable politique dans une démocratie, décider seul la veille ou trois jours avant une élection d'interrompre un processus démocratique", a-t-il ajouté.

Toujours mardi, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait elle aussi pris la parole pour tenter d'expliquer les propos d'Agnès Buzyn. "Agnès Buzyn a alerté très tôt en tant que ministre de la Santé, médecin elle-même, sur la gravité que pouvait avoir cette crise. (...) Nous avons pris des mesures, avec des réunions très vite autour du Premier ministre, pour gérer la crise, pour rapatrier des Français de Chine. On a pris la mesure de cette crise avec gravité et on a organisé très en amont le système de santé. (…) Agnès Buzyn y a participé, elle a fait le choix d’aller concourir à Paris. Je n’imagine pas que ce puisse être en pensant qu’elle n’irait pas au bout de cette élection."

L'ancienne ministre de la Santé, arrivée en troisième position derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati, est qualifiée pour le second tour des élections municipales à Paris. Mais elle a décidé de suspendre sa campagne, et d'aider à gérer la crise du coronavirus sur le terrain, en tant que médecin.

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