Confinement : crachats, bricolage, bancs... les arrêtés municipaux rivalisent de sévérité

Respect du confinement : les maires gagnent en sévérité
Politique

COMMUNES - Depuis le début du confinement, de nombreux maires le restreignent ou l'adaptent à leur territoire en prenant des arrêtés municipaux. Ils font parfois boule de neige, comme ceux instaurant des couvre-feux.

Depuis le début du confinement le 17 mars dernier, de nombreux maires prennent des arrêtés pour le restreindre ou l'adapter à leur territoire.  "Il existe deux types de maires", avait expliqué à LCI le politologue Philippe Moreau-Chevrolet le 1er avril dernier. "Ceux qui jouent la carte de la protection maximale de leur population avec des mesures régaliennes, et ceux qui sont dans une forme de gestion passive de la situation et se contentent d’appliquer les mesures gouvernementales." Parmi la première catégorie, plusieurs ont déjà imposé des couvre-feux ou choisi de rendre obligatoire le port du masque. Passage en revue des autres restrictions imposées par des arrêtés municipaux à travers la France.

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Avec le début des vacances scolaires pour la zone C le week-end dernier, plusieurs maires ont souhaité anticiper la venue de visiteurs sur leur commune. Ainsi, une très large partie du littoral atlantique et méditerranéen a pris des mesures - jusqu'au 15 avril - pour interdire la location touristique des chambres d'hôtels, des meublés de tourisme ou tout autre logement destiné à la location saisonnière. Ce mardi 7 avril, c'est le préfet du Nord qui a fait savoir qu'il avait fait de même. Le maire d'une ville de montagne, Chamonix, a lui aussi indiqué avoir pris un arrêté interdisant les locations de courte durée (d'une nuit à deux semaines). Et ce afin "d'éviter des mouvements de population intra-communal et extra-territorial" en période de confinement.

Interdit de cracher ou d'abandonner un masque dans la rue à Marcq-en-Baroeul

Le 2 avril dernier, le maire de Marcq-en-Baroeul (Nord) a pris un arrêté interdisant aux habitants de cracher sur la voie publique, d'y abandonner des masques ou des gants ou encore d'éternuer sans se couvrir le visage, sous peine d'une amende de 68 euros. "Cet arrêté est un rappel à la mobilisation citoyenne, (...) après un certain nombre de constatations des services de la ville et habitants" qui remarquaient "de plus en plus de ces masques et gants abandonnés, notamment aux abords des supermarchés", a expliqué à l'AFP le maire Bernard Gérard. "Il est intolérable de laisser à la charge d'un autre" un matériel de protection "usagé et potentiellement contaminé", a insisté l'édile, appelant au "respect de ceux qui travaillent et nettoient les rues au quotidien" et jugeant que "toute piqûre de rappel est utile" dans la lutte contre le coronavirus.

Ce début de semaine, la ville de Biarritz a rappelé qu'elle avait pris le 20 mars dernier un arrêté interdisant la "station assise de plus de deux minutes" sur ses bancs afin de rappeler aux habitants "l'impossibilité de flâner". Lundi 6 avril, dans une lettre d'information publiée sur son site internet, la mairie a rappelé qu'elle avait décidé de "compléter le dispositif national" par cet arrêté municipal, daté du 20 mars mais alors passé inaperçu. Michel Veunac (MoDem) est finalement revenu dessus et, mardi, a annulé cet arrêté plaidant la "maladresse" d'une mesure ayant suscité des critiques. A Béziers, Robert Ménard, lui, a demandé à ses services de procéder à l'enlèvement des bancs publics.

Pas de jardinage et de bricolage entre 9h et 15h à Morlaix

Ce mardi 7 avril, la vice-présidente de l'Association des maires de France (AMF) et maire de Morlaix (Finistère) Agnès Le Brun a indiqué sur LCI avoir pris un arrêté interdisant le jardinage et le bricolage entre 9 heures et 15 heures pour permettre au personnel soignant travaillant de nuit de dormir le matin. "C'est un arrêté qui correspond aux besoins du territoire. L'hôpital est le premier employeur de la ville. Nous avons des zones pavillonnaires avec des maisons et beaucoup de jardins, et le confinement a eu pour conséquences une augmentation du bricolage, du jardinage, etc. Et les personnels de nuit n'arrivaient plus à récupérer et à dormir donc j'ai pris cet arrêté", a-t-elle expliqué.

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Si ces arrêtés sont toujours en place, d'autres n'ont pas eu la même durée du vie. Ainsi, le maire de Sanary-sur-Mer (Var) a décidé d'annuler l'arrêté municipal pris le 26 mars qui interdisait à ses administrés de s'éloigner à plus de 10 mètres de leur domicile, et qui était menacé en justice par la préfecture (ayant son dernier mot sur les arrêtés municipaux). Cette dernière considère qu'il n'y a pas sur la commune de Sanary "un nombre de contaminations graves ou de décès anormalement élevés ou encore de troubles avérés propres à la ville" justifiant cette mesure. 

Dans son arrêté d'annulation pris le 31 mars, l'édile annule également une autre mesure par laquelle il voulait sanctionner les personnes se déplaçant pour un achat à l'unité, comme une seule baguette de pain. "Aucun achat à l'unité, tel que le pain ou le journal, n'est toléré" et "ces achats doivent être strictement regroupés", indiquait l'arrêté en question, aujourd'hui caduc.

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