Coronavirus : "On a besoin de tout le monde sur le pont", l'appel de Muriel Pénicaud au civisme des entreprises

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TRAVAIL - Invitée politique d'Elizabeth Martichoux ce jeudi 19 mars, la ministre du Travail Muriel Pénicaud en appelle au civisme et à la responsabilité des entreprises pour contribuer à l'effort collectif. Elle assure que, plus que jamais, "tous les métiers sont utiles" dans cette période.

"On a besoin de tout le monde sur le pont". L'appel solennel est lancé par Muriel Pénicaud, invitée de la matinale de LCI ce jeudi 19 mars, au lendemain du message adressé en ce sens par Bruno Le Maire. Alors que la crise sanitaire du coronavirus impacte la santé économique du pays, le ministre de l'Économie et des Finances a exhorté mercredi sur BFM Business "tous les salariés des secteurs essentiels" - à savoir l'agroalimentaire, la grande distribution ou encore la gestion des déchets - à se rendre au travail, tout en veillant bien sûr à ce que les "conditions de sécurité sanitaire maximales" soient présentes. 

Un "devoir de solidarité" à la Nation dont la ministre du Travail se fait l'écho. "En guerre, il y a les soignants qui sont devant. Ce sont nos soldats de la Santé. Mais, derrière, il faut aussi que, dans des conditions de protection des salariés, l'activité continue. Sinon, tout va s'arrêter et les Français n'auraient plus de quoi manger, avoir l'électricité ou internet. Chaque métier est important. L'opérateur de télécom a une responsabilité, le supermarché aussi. Tout le monde peut aider", affirme-t-elle. "On protège comme on ne l'a jamais fait, on met en place du chômage partiel massif pour que personne ne soit licencié. Mais on demande aussi à chacun un effort. L'effort c'est de contribuer à ce que la vie quotidienne des Français puisse continuer, certes différemment avec le confinement, mais sans qu'on soit en rupture d'alimentation, de médicaments ou de biens de nécessité."

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Halte au "défaitisme"

Dans ce contexte, Muriel Pénicaud "en appelle à la responsabilité civique" des entreprises. Si elle assure ne "pas mettre tout le monde dans le même bateau", la ministre du Travail se dit "scandalisée", citant l'exemple du CAPEB, le syndicat des artisans du bâtiment, lorsque "un syndicat patronal dit aux entreprises d'arrêter d'aller bosser". "Cela, c'est du défaitisme", assure-t-elle, appelant toutes les structures "à réunir leurs syndicats et les salariés pour organiser le travail" et trouver des solutions. "Les entreprises qui ne jouent pas le jeu, qui se disent que l'État paiera et cela ne les regarde pas, ce n'est pas du civisme (...) On vit la plus grande crise depuis la Seconde guerre mondiale. Il y en a qui n'ont pas réalisé", regrette celle qui a siégé dans différents conseils d'administrations (Orange, SNCF et ADP). "Tout est imbriqué, aucun métier est inutile, tous les métiers sont utiles."

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Quant aux entreprises qui seraient tentées de faire travailler leurs employés, mis en chômage partiel, Muriel Pénicaud rappelle que la pratique est "totalement illégale". "C'est l'État, c'est la solidarité qui prend le relais d'une entreprise qui ne peut pas continuer son activité. (...) Ce n'est pas pour télétravailler ou aller en vacances mais pour permettre à des salariés de garder leur contrat de travail et une indemnisation en étant chez eux. Il est totalement interdit de travailler quand on est au chômage partiel. Si l'entreprise lui demande, le salarié dit non et il y a la loi avec lui", indique-t-elle. "Cela va être contrôlé." 

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