Transports, écoles, traçage... À une semaine du déconfinement, des inconnues persistent

Pour accueillir les élèves le 11 mai, le ministère de l'Éducation a publié la version définitive des mesures sanitaires à appliquer. À quoi ressembleront les salles de classe ?
Politique

J-7 - A une semaine du déconfinement, des questions persistent quant à l'ouverture des écoles ou le respect de la distanciation sociale dans les transports.

Sauf avis contraire des scientifiques et du gouvernement, la France devrait débuter son confinement lundi 11 mai prochain. Mais à sept jours de l'échéance, de nombreuses questions se posent encore, et de nombreux acteurs clament qu'ils ne seront pas prêts. Voici les secteurs et les points qui nécessitent encore des précisions.

Distanciation sociale dans les transports

Le port du masque et le respect des règles de distanciation sociale seront obligatoires dans les transports publics pendant au moins trois semaines après la fin du confinement le 11 mai, a indiqué le Premier ministre. Mais les opérateurs ont prévenu qu'ils n'étaient pas en mesure d'assurer cette distanciation sans une "limitation drastique des flux en amont" à un maximum de 10% à 20% de la capacité des véhicules, dans une lettre commune envoyée jeudi dernier au chef du gouvernement.

Un espacement obligatoire d'un mètre entre passagers "limitera mécaniquement notre capacité à transporter un nombre de voyageurs suffisant à la reprise économique", ont mis en garde les patrons de la RATP, la SNCF, Keolis et Transdev, exprimant leur hostilité à une telle mesure imposée au niveau national. Les opérateurs craignent notamment "en cas de forte affluence, de devoir prendre (...) des décisions d'arrêt du service susceptible de générer des troubles à l'ordre public".

"Il faut réduire drastiquement les flux et c'est ce qui rendra possible la distanciation dans les transports", a indiqué la ministre de la Transition écologique en charge des Transports Elisabeth Borne ce lundi 4 mai sur LCI. Ce sera aux entreprises de faire respecter cette distanciation, "avec des renforts de la sécurité civile, des polices municipales et avec le soutien des forces de l'ordre".

"Dans chacune des grandes métropoles, en particulier en Île-de-France, différents scénarios sont examinés avec dans certains cas des hypothèses où on limiterait le nombre de stations ouvertes", a-t-elle ajouté. "Dans certains cas, on n'exclut pas de fermer certaines stations, certaines correspondances pour pouvoir s'assurer que le flux d'entrées dans les transports en commun est bien maîtrisé", a-t-elle ajouté, précisant que cela devait être tranché "rapidement".

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Ouverture des écoles et des collèges

De nombreux maires menacent de ne pas rouvrir leurs écoles, fautes de moyens matériels et financiers pour faire appliquer les règles sanitaires imposées par le gouvernement, et donc accueillir dans de bonnes conditions enfants et personnels. Ainsi dimanche 3 mai, l'association des maires d'Ile-de-France - parmi lesquels la maire PS de Paris Anne Hidalgo - a écrit au président de la République pour lui demander de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure, dénonçant un déconfinement "à marche forcée". Ce lundi 4 mai, l'édile parisienne a d'ailleurs annoncé la réouverture des écoles parisiennes le jeudi 14 mai.

Les écoles risquent donc de ne pas toutes rouvrir lundi prochain. Mais y seront-elles obligées ? Si une ouverture différée pourrait être tolérée, quid des maires qui ne souhaitent pas rouvrir les écoles avant septembre ? Ils pourraient y être obligés par leurs préfets, surtout s'ils se situent dans des départements verts, où le virus circule peu. La semaine dernière, plusieurs membres du gouvernement avaient laissé entendre que seuls les édiles dont les communes se situent dans des zones rouge, où le virus est encore très actif, pourraient faire valoir leurs arguments pour ne pas rouvrir les portes des établissements scolaires. 

La couleur des départements vert ou rouge conditionnera également la réouverture des collèges, prévue le 18 mai. Mais l'Etat garde la possibilité de ne pas rouvrir ceux qui se situeraient dans des zones où le virus est encore très actif, soit les départements rouges. Or, les couleurs des départements continuent d'évoluer, et ne seront définitives que le jeudi 7 mai.

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L'application numérique StopCovid ne sera pas disponible le 11 mai, a prévenu le gouvernement. En revanche, les "brigades" chargées de "casser" les chaînes de contamination en identifiant les personnes en contact avec un malade, pour les inviter à se faire tester, voire à s'isoler, seront bien actives. Comment sont-elles formées ? A quoi ressemblera le fichier créé pour leur permettre de réaliser ce travail ? Et de qui seront-elles vraiment constituées ? Aucune réponse précise n'a été apportée à l'heure actuelle. La prorogation de l'état d'urgence sanitaire examinée ce début de semaine à l'Assemblée et au Sénat doit permettre au personnel non-médical qui les constitueront d'avoir accès à des données médicales confidentielles pendant la durée de cet état d'urgence. 

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