Bruno Retailleau : "Il y aura une discrimination parce que nous ne sommes pas égaux devant la pandémie"

Bruno Retailleau : "Il y aura une discrimination parce que nous ne sommes pas égaux devant la pandémie"
Politique

INTERVIEW - Le président du groupe Les Républicains au Sénat était l'invité d'Elizabeth Martichoux ce jeudi sur LCI. Il est revenu, en détail, sur ses doutes, à l'égard du plan de déconfinement présenté par l’exécutif.

"Si j'étais maire dans un département rouge, je me méfierais énormément." Invité d'Elizabeth Martichoux ce jeudi, Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, a réagi à la réouverture progressive des écoles dès le 11 mai au sujet de laquelle nombre d'élus locaux se montrent critiques, allant pour certains jusqu'à annoncer qu'ils ne suivraient pas la stratégie de l’exécutif. Et ce dernier de s'appuyer, entre autres, sur "les dernières études qui montrent qu'il peut y avoir des problèmes chez les enfants", dont celle de l'hôpital Necker.

Selon le patron des sénateurs LR, qui rappelle qu'"il y a des départements qui sont des clusters", après avoir posé un "problème de liberté publique", l'état d'urgence va "désormais interroger la question de l'égalité" et "il y aura un système de discrimination parce que de toute façon nous ne sommes pas égaux devant la pandémie".

Sur la question de la réouverture des plages notamment, qui interroge nombre de Français à l'approche de la période estivale, Bruno Retailleau ne se dit pas contre une différenciation par territoire, "dans des conditions strictes", encourageant de "laisser au moins à la situation locale le fait de prévaloir sur la situation nationale".

"On pense qu'il manque à peu près 200 millions de masques"

Revenant en détail sur le plan de déconfinement déjà présenté à l'Assemblée nationale, et qui sera présenté une deuxième fois ce lundi au Sénat, le patron des sénateurs LR met en doute un certain nombre de points, à commencer par le sujet sensible des masques. "Pour l'instant, nous, on pense qu'il manque à peu près 200 millions de masques donc j'attends de voir comment cet angle mort sera fermé", a-t-il déclaré, réagissant à la promesse du gouvernement sur un nombre de masques "grand public" suffisant le 11 mai pour tous les Français.

Plus généralement, Bruno Retailleau estime que pour "casser les reins de cette épidémie", il faudrait qu’effectivement "enfin il y ait des masques pour tout le monde", que ces derniers soient "obligatoires" et que les tests soient "massifiés". Et de souligner : "La population française c'est moins de 1% mondial et on a peu près 11% des morts (...) et nous étions hier soir au 74 rang du dépistage mondial, est-ce satisfaisant ?"

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Pour ces raisons, entre autres, Bruno Retailleau, a exprimé ses "doutes" sur le plan de déconfinement présenté par l'exécutif, expliquant que "sans doute, qu'on ne pourra pas donner un blanc-seing au gouvernement", et précisant "qu'on verra comment il sera enrichi". Et de conclure :  "je pense que personnellement, je prendrai plutôt l'abstention parce que j'ai des doutes".

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