Rebond du Covid-19 : le gouvernement envisage un couvre-feu dans plusieurs grandes villes

Macron va-t-il annoncer un couvre-feu ?
Politique

RESTRICTIONS - Le chef de l'Etat s'exprimera mercredi, à 19h55, sur TF1, LCI et France 2, sur l'évolution préoccupante de l'épidémie. Selon nos informations, le gouvernement envisage un couvre-feu dans plusieurs grandes métropoles particulièrement touchées, dont Paris. L'exécutif veut empêcher par tous les moyens de revenir à un confinement généralisé.

Face au rebond de l'épidémie, l'exécutif pourrait encore une fois durcir les restrictions. Emmanuel Macron, qui s'exprimera mercredi 14 octobre à 19h55 sur TF1, LCI et France 2, va délivrer un nouveau message de vigilance aux Français en les enjoignant à respecter les règles sanitaires et éviter les rassemblements, notamment familiaux. Un durcissement de ton déjà esquissé par Jean Castex, qui parle désormais ouvertement de "deuxième vague" épidémique.

A cette occasion, le chef de l'Etat pourrait annoncer de nouvelles mesures. Dans la matinée, un conseil de défense devait permettre d'étudier "les données épidémiologiques pour voir s'il y a lieu d'aller plus loin".

Selon les informations recueillies par LCI mardi soir, le gouvernement envisage d'instaurer un couvre-feu dans certaines grandes métropoles particulièrement touchées par l'épidémie, dont Paris. Dans cette hypothèse, plusieurs scénarios sont à l'étude, un couvre-feu dès 20h, ou 21h, voire 22h.  

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Jusqu'où ira-t-on ?

Le 23 septembre, face à la remontée brutale des indicateurs dans certains territoires, l'exécutif avait retenu une nouvelle nomenclature, créant plusieurs échelons de gravité, "zone d'alerte", "zone d'alerte renforcée", "zone d'alerte maximale", qui concerne aujourd'hui plusieurs métropoles, dont Paris et Marseille, et se traduit par les mesures les plus drastiques. 

Au cours des semaines passées, des mesures de restriction ont été prises dans un nombre croissant de métropoles particulièrement touchées par la reprise de la pandémie. Elles consistent essentiellement à limiter les rassemblements, les fermetures de bars et de salles de sport ou encore l'obligation du port du masque sur de vastes périmètres. 

Les possibilités sont désormais plus réduites pour le chef de l'Etat. La dernière étape de cette nomenclature est en effet "l'état d'urgence sanitaire", c'est-à-dire le régime sous lequel a été placé le territoire national entre la mi-mars et le 1er juillet. C'est ce régime qui a notamment permis la mise en oeuvre du confinement, avec l'interruption de la liberté de circulation pour l'ensemble de la population, sauf cas dérogatoires.

Depuis la rentrée, le gouvernement ne cesse de clamer qu'il veut empêcher à tout prix de revenir à la situation qui avait prévalu au printemps dernier.  "Un reconfinement général doit être par tous moyens évité", a ainsi édicté Jean Castex, ce lundi sur France Info. Toutefois, le chef du gouvernement a laissé la porte ouverte à des reconfinements localisés, mesure encore inédite en France mais déjà pratiquée dans d'autres pays européens, comme l'Espagne ou le Royaume Uni. "Rien ne doit être exclu quand on voit la situation dans nos hôpitaux", a ainsi reconnu le Premier ministre. 

Vers des couvre-feux de 15 jours ?

Pour l'heure, l'exécutif semble vouloir éviter toute forme de reconfinement de la population, conscient qu'une mesure aussi radicale a des effets violents sur l'économie mais peut également être mal acceptée par la population. Une source proche de l'exécutif a ainsi cru savoir qu'il n'y aurait pas de reconfinement localisé avant les vacances de la Toussaint, malgré l'inquiétude autour de possibles contaminations dans le cercle familial. "Ce serait paradoxal de mettre des limites sur les activités qu'on sait contrôler, alors que ça se passe là où l'on ne peut pas contrôler [la sphère privée, NDLR]", a également confié un membre du gouvernement à LCI.

En revanche, l'une des rares pistes encore sur la table à l'heure actuelle est bien celle d'un couvre-feu dans les zones sous tension, à l'image de ce qui a déjà été fait en Guyane, où il s'applique de 23h à 5h du matin, et dans plusieurs villes allemandes, pour réduire les interactions sociales et donc les contaminations. Durant le confinement, en métropole, des communes avaient aussi instauré un couvre-feu. 

La mesure a été proposée par le Conseil scientifique dans son avis du 23 septembre dernier, au même titre que le confinement local. Un couvre-feu pourrait être décliné "en tenant compte des territoires, des durées ainsi que des horaires retenus", ont plaidé les experts. "Il pourrait être envisagé de procéder à un couvre-feu pour une durée limitée par exemple de quinze jours dans un nombre limité de métropoles."

Un appel à la responsabilité

Outre ce possible durcissement, Emmanuel Macron devrait surtout s'atteler à délivrer un message de pédagogie et de vigilance aux Français, alors que des signes de ras-le-bol se font sentir dans le pays. "Nous sommes à un moment charnière", a indiqué à l'AFP l'entourage du chef de l'Etat. Le président devrait appeler à "mieux apprendre à vivre le virus, à plus long terme, pour ne pas basculer dans une situation plus grave. Mais aussi souligner qu'il y a du mieux dans des zones où ont été appliquées des mesures contraignantes, comme à Nice".

"Il y a un vrai risque sociologique de saturation, que les Français n'en puissent plus et rejettent massivement", a également constaté un ténor de la majorité lundi 12 octobre auprès de LCI, prédisant que le président de la République "ne va pas dramatiser mercredi", mais s'efforcer de réexpliquer les choix qui ont été faits. "Nos concitoyens doivent comprendre que la maladie n'est pas derrière nous et que le virus va rester sûrement plusieurs mois, de nombreux mois", a estimé le Premier ministre ce mardi matin devant les députés LaREM, donnant le ton de ce que pourrait être l'intervention présidentielle. "Nous devons nous adapter pour éviter des 'stop and go' trop rudes, et espérer que nos comportements deviendront, sur le long terme, plus responsables."

Le chef de l'Etat pourrait se livrer à "une remise en perspective" devant les Français, estime un autre membre du gouvernement. "Un appel à la responsabilité individuelle en expliquant quelle pourrait être l'étape d'après si les Français ne font pas attention", précise cette source à LCI. "Il va plutôt dire 'voilà le type de mesures qu'on serait susceptible de prendre'". 

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