"Il va falloir encore tenir" : la réponse de Macron à Heidi, l'étudiante à bout qui l'a interpellé

"Il va falloir encore tenir" : la réponse de Macron à Heidi, l'étudiante à bout qui l'a interpellé

MESSAGE - Inquiète de la solitude qui lui est imposée, une étudiante de Sciences-Po Strasbourg a écrit une lettre à Emmanuel Macron pour lui faire part de son mal-être à cause de la crise sanitaire. Le chef de l'État lui a répondu ce vendredi 15 janvier pour lui demander "encore un effort pour quelques semaines".

Son cri de détresse a fait mouche. Heïdi Soupault, étudiante à Sciences-Po Strasbourg, a interpellé Emmanuel Macron dans une lettre, relayée dans les médias et sur les réseaux sociaux, pour lui dire son "impression d'être morte" et de n'avoir "plus de rêves" avec le sort réservé aux étudiants, comme elle, privés de cours en amphi, de vie estudiantine normale et à l'horizon professionnel rendu plus incertain. "Si on n'a ni espoir ni perspective d'avenir à 19 ans, il nous reste quoi ?", l'a-t-elle interrogée.

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"Je l'ai écrite de façon thérapeutique. Écrire, c'est ma manière d'extérioriser. [...] La façon de l'adresser à Emmanuel Macron, c'est symbolique. Je parlais à tout le monde", a raconté la jeune femme de 19 ans sur LCI vendredi 15 janvier. "J'ai publié cette lettre sans vraiment avoir conscience que d'autres gens ressentaient la même chose que moi. Je me suis rendu compte que je n'étais pas la seule et qu'effectivement, on était beaucoup à souffrir. Du coup, que c'était peut-être légitime comme souffrance."

C'est dur d'avoir 20 ans en 2020 : ce n'était pas une simple formule- Emmanuel Macron, président de la République

Une souffrance qui "touche et préoccupe" le président de la République. "Cette épidémie vous vole beaucoup", a-t-il reconnu dans un courrier, daté du vendredi 15 janvier et adressée à l'étudiante, dont l'AFP a pu prendre connaissance. "Envolée l'année d'études dont vous rêviez, les expériences que vous imaginiez, les amitiés et les amours que vous espériez. Obscurci votre avenir qui, déjà incertain, est soudain devenu un épais brouillard. [...] C'est dur d'avoir 20 ans en 2020 : ce n'était pas une simple formule", a-t-il ajouté, en écho à son allocution du 15 octobre dernier, où il évoquait "un sacrifice terrible" de la jeunesse.

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"Je comprends la difficulté du travail qui est le vôtre" mais "tous mes projets s'écroulent les uns après les autres" et "pour une fois, je dis 'merde' à la solidarité", lui avait écrit Heïdi. "Les choses vont bouger dans le bon sens, mais en tenant compte des contraintes", a promis le chef de l'État, expliquant toutefois que la situation épidémique ne permettait pas de rouvrir les universités pour l'instant, malgré quelques assouplissements pour les travaux dirigés. "Je vous le dis en franchise : il va falloir encore tenir."

"Alors, si je comprends votre colère, chère Heïdi, ce 'ras-le-bol' qui vous pousse à dire stop à la solidarité, je vous demande encore un effort. Pour quelques semaines. Continuez à tenir, à faire preuve de ce courage qui anime votre génération depuis mars dernier et qui force notre respect", l'a enjointe Emmanuel Macron. "Dans ce combat, j'ai pleinement conscience que nous avons demandé beaucoup à notre jeunesse. Ce que vous avez accompli est un exemple pour nous tous. Nous savons ce que nous vous devons. Je serai là pour rendre à votre génération un peu de ce qu'elle a donné pendant cette épreuve."

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