Jean-François Delfraissy confie ne pas avoir dormi "pendant trois ou quatre nuits" après le choix du confinement

Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique sur le Covid-19
Politique

CORONAVIRUS - La commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise du Covid-19 a auditionné ce jeudi 18 juin plusieurs membres du Conseil scientifique, dont son président.

"Je n'ai pris conscience que tardivement de la gravité de la crise sanitaire. J'ai connu d'autres crises très difficiles comme celle du Sida et celle d'Ebola, mais un impact aussi brutal que cette crise, je ne l'avais jamais vu, notamment dans sa rapidité." Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, est passé à confesse, avec deux autres membres de ce groupe de 13 experts indépendants chargé de conseiller le gouvernement durant l'épidémie, devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise du Covid-19, ce jeudi 18 juin.

Nous n'avions aucune certitude.- Jean-François Delfraissy

Sujet central de cette audition : la mise en place du confinement, qui "n'était pas une bonne décision mais la moins mauvaise, étant donné les outils que nous avions : 3000  tests par jour, quand les Allemands en avaient plus de 50.000", en avait dit Jean-François Delfraissy au Journal du dimanche du 7 juin. 

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Relancé sur cette déclaration par le député (LR) Eric Ciotti ce jeudi, le président du Conseil a souligné qu'en France, "à la date où la décision a été prise, on n'avait pas le choix", observant que même les pays européens où la situation était mieux maîtrisée avaient opté pour un confinement (à l'exception de la Suède).

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"On était dans quelque chose qui nous a nous-mêmes sidérés. Comment on aide, finalement, un gouvernement à prendre une décision aussi difficile que le confinement généralisé ? Je n'ai pas dormi pendant trois ou quatre nuits, à la suite de ça. C'est-à-dire que nous n'avions aucune certitude. C'était très difficile, de décider en notre  âme et conscience d'une chose qui ne s'était encore jamais produite", a-t-il encore confié. Pour mémoire, selon une étude publiée le 8 juin dans la revue scientifique Nature, le confinement a permis d'éviter 3,1 millions de morts supplémentaires dans 11 pays européens.

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