Coronavirus : la réunion des conseils municipaux reportée de plusieurs mois

Coronavirus : la réunion des conseils municipaux reportée de plusieurs mois
Politique

MUNICIPALES - Le gouvernement a reporté les réunions de conseils municipaux élus au premier tour qui devaient se tenir de ce week-end pour élire les nouveaux maires.

La crise sanitaire du coronavirus est aussi une crise politique en ces temps d'élections municipales. Le gouvernement a décidé ce jeudi de reporter les réunions de conseils municipaux élus au premier tour, qui devaient se tenir de vendredi à dimanche pour désigner les nouveaux maires. Une décision de dernière minute prise en raison de la pandémie, mais néanmoins saluée par de nombreux élus. Ils jugeaient pour la plupart la tenue de ces réunions "aberrante" dans un contexte de confinement de la population.

Pour l'instant, dans les plus de 30 000 communes concernées, le mandat des équipes municipales sortantes est donc prolongé jusqu'à mi-mai. D'ici là, un rapport devrait permettre d'indiquer "s'il est possible d'installer les conseils municipaux", au regard des conditions sanitaires, a expliqué Edouard Philippe.

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Principal objectif : éviter tout rassemblement

Des dizaines de milliers de réunions, rassemblant plusieurs centaines de milliers de conseillers, étaient au programme. Elles devaient se tenir à partir de vendredi et jusqu'à dimanche, pour désigner les maires et les adjoints, dans les communes où le premier tour a suffi pour constituer le conseil municipal.

Alors que la population est appelée à rester chez elle pour tenter d'endiguer la propagation du Covid-19, la situation soulevait "un problème de santé publique d'une extrême gravité", selon les élus locaux concernés. Ils avaient alors multiplié les appels au report ou au boycott pour dénoncer cette "brèche dans le confinement". En Corse, région particulièrement touchée par l'épidémie, le maire d'Ajaccio, Laurent Marcangeli, avait même demandé aux élus municipaux "de ne pas se déplacer".

Une procédure de procuration avait alors été recommandée pour les conseillers "appartenant aux catégories de population à risque". Mais s'est confrontée à un problème insolvable. Environ 65% des maires et 40% des élus sortants sont âgés de 60 ans et plus, ils appartiennent donc en majorité aux critères de population à risque. Or la présence de plus de la moitié des conseillers doit être respecté pour valider leurs votes, invalidant la tentative.

Une période de crise non propice au changement

Deuxième argument des élus pour le report de l'événement : la gestion de la crise sanitaire elle-même. Au delà du danger de réunion, les maires sont aussi en première ligne pour gérer les cas confirmés de coronavirus sur leur territoire. "Nous ne pouvons pas nous passer des maires pour gérer cette crise", avait notamment estimé le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu. Il avançait alors la nécessité d'avoir "des services publics locaux qui fonctionnent comme il se doit" pour lutter correctement contre l'épidémie.

Dans la région Grand Est, elle aussi gravement touchée par l'arrivée du virus, les craintes étaient particulièrement vives. "Les équipes en place sont déjà à la manœuvre face à la crise sanitaire depuis plusieurs semaines. Les changer à ce stade contribuerait à déstabiliser la continuité des opérations dans des milliers de communes", argumentait le sénateur de Moselle, Jean-Marc Todeschini. Des propos similaires à ceux du maire de Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle. "Le maire, c'est le chef de la ville, même pour les communes de notre taille, il faut une certaine antériorité pour que tout fonctionne bien en période de crise", expliquait Hervé Féron.

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Le report est une solution "simple, claire et raisonnable", fondée sur l'avis du conseil scientifique, a précisé le Premier ministre. Le groupe d'experts qui conseillent le gouvernement depuis le début de l'épidémie a estimé que les conditions pour installer les conseil municipaux "n'étaient plus réunies". Une décision qui a tardé à venir mais était prévisible depuis le report à juin du second tour des élections municipales. Si le gouvernement privilégiait jusque là le respect du code électoral, l'urgence sanitaire a balayé les règles.

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