Laurent Berger : "Il ne doit pas y avoir de baisse d'indemnisation pour le salarié qui subit le chômage partiel"

Laurent Berger : "Il ne doit pas y avoir de baisse d'indemnisation pour le salarié qui subit le chômage partiel"
Politique

INTERVIEW - Le secrétaire général de la CFDT était l'invité d'Elizabeth Martichoux ce jeudi matin sur LCI. A quelques heures des annonces d'Edouard Philippe sur la phase 2 du déconfinement, il s'est notamment exprimé sur le devenir du système d’indemnisation du chômage partiel.

"Il est de temps de voir comment on fait autrement, mais il faut faire attention de ne ne pas alléger trop rapidement".  A quelques heures des annonces d'Edouard Philippe sur la phase 2 du déconfinement, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, invité d'Elizabeth Martichoux ce jeudi, s'est notamment exprimé sur le devenir du système d’indemnisation du chômage partiel.

"Moi, ce que j'ai poussé dans cette période-là c'est que pour les salariés, il n'y ait pas de baisse d'indemnisation, c'est-à-dire que le 84% net qui est versé pour le salarié qui subit le chômage partiel, c'est-à-dire qui a une perte de revenu, ne puisse pas baisser", a-t-il déclaré.  Et d'insister : "Il ne faut pas que dans les semaines à venir ça soit le cas car les salariés ne sont pas responsables".

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"Les entreprises sont très dépendantes de la puissance publique"

Un "bilan" permettrait de comprendre "ce que cette crise nous enseigne" en termes économique, social et sociétal, afin de trouver les solutions, a-t-il par ailleurs estimé. "Je prends un exemple sur l'aspect économique : cette crise nous enseigne que les entreprises sont très dépendantes de la puissance publique, la puissance publique est leur renfort dans les situations difficiles.  Les entreprises ne peuvent pas l'oublier, elles ne peuvent pas se délester de leurs responsabilités". Pour les aides qu'elles reçoivent, il faut qu'"il y ait des conditions sociales, des conditions de dialogue social et des condition environnementales", a-t-il proposé.

Observant d'autre part que "là où il y a des décisions unilatérales qui se prennent, ce sont toujours les salariés qui en payent les pots cassés", il a invité à "regarder ce qu'il s'est passé pendant le confinement : là où il y a eu du dialogue social ça s'est fait intelligemment ; là où les travailleurs ont été écoutés, ça s'est fait intelligemment et plutôt correctement."

Le leader syndical prône, également dans ce contexte inédit une analyse secteur par secteur, estimant que "si on n'est pas capable de regarder au cas par cas, on va se planter". Et de détailler : "la situation dans une industrie n'est pas la même que dans un grand hôtel que dans une entreprise de plasturgie etc."

Une crainte de voir les travailleurs salués pendant le confinement "oubliés"

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Favorable "si les conditions sanitaires sont réunies" à un retour à "une vie à peu près normale", le leader syndical a évoqué "une aspiration citoyenne à respirer un peu" et "un besoin sur l'activité économique et sociale que ça puisse reprendre", tout en craignant que le gouvernement "oublie très vite" les travailleurs qui ont permis aux Français "de vivre correctement pendant le confinement", appelant à leur "reconnaissance réelle". "Il faudra se souvenir de tous ceux qui étaient en première ligne et qu'il y ait une reconnaissance réelle qui s'opère, j'ai peur qu'on oublie très vite". Et de citer les travailleurs de la santé, des services, de l'alimentation, de l'agroalimentaire, du décès, "qui ont pendant toute cette période (de confinement, NDLR) été là, présents, au travail, pour assurer leur mission et qui nous ont permis de vivre correctement".

"Notre pays ne sait pas gérer le moyen et le long terme, il ne sait pas avoir une réflexion à 360 degrés. On passe de sujets après sujets. J'ai peur qu'on ait eu un sujet confinement, la santé, la santé, la santé, c'était très important (...) Maintenant on passe dans les problèmes économiques et sociaux", a ajouté le numéro un de la CFDT. 

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