Masques, respirateurs, souveraineté nationale... Ce qu'il faut retenir des annonces de Macron

Masques, respirateurs, souveraineté nationale... Ce qu'il faut retenir des annonces de Macron
Politique

DISCOURS - En visite ce mardi dans une usine de production de masques à Saint-Barthélémy-D'Anjou, dans le Maine-et-Loire, le président de la République a notamment annoncé "une dotation spécifique à Santé publique France de 4 milliards d'euros" pour les commandes du matériel de première nécessité, et insisté sur l'importance de la "souveraineté nationale".

"Nous avons un combat contre le virus à mener, des soignants qui sont au front chaque jour. Je pense à eux et nous sommes à leurs côtés. Les soignants, en première ligne, sont à protéger et à équiper. La deuxième ligne est composée de femmes et d'hommes qui permettent au pays de tourner et d'être équipé." Dans un discours ayant recours au champ lexical de la guerre, Emmanuel Macron s'est exprimé à la mi-journée au cours d'une visite dans l'usine de production de masques Kolmi-Hopen, dans le Maine-et-Loire.

Face au coronavirus, le président de la République a longuement insisté sur la production du matériel de première nécessité et la souveraineté nationale. De plus, des commandes de masques, respirateurs et médicaments ont d'ores et déjà été passées. Pour les financer, "le gouvernement apporte une dotation spécifique à Santé publique France de 4 milliards d'euros, une contribution exceptionnelle qui montre la mobilisation de l'État", a-t-il indiqué. Voici ce qu'il faut retenir de son discours.

"D'ici fin avril, nous aurons la capacité de produire 15 millions de masques chirurgicaux par semaine"

Dès le début de sa prise de parole d'une quinzaine de minutes, le chef de l'État est revenu sur les masques chirurgicaux (FFP2), dont manque le personnel médical. "Les difficultés rencontrées sont liées à la très forte augmentation de la consommation de ces masques. Nous sommes passés de 4 millions par semaine à 40 millions par semaine pour les soignants, alors que le stock existant en début de crise était de 140 millions de masques disponibles", a expliqué Emmanuel Macron.

Pour répondre à ces besoins, il a réaffirmé qu'"un milliard de masques venant de Chine ont été commandés", et qu'ils "sont en train d'arriver". "Mais il nous faut en produire davantage en France, sur notre sol. Cette crise nous enseigne que, sur certains produits, le caractère stratégique impose d'avoir une souveraineté européenne, de produire plus sur le sol national, afin de réduire notre dépendance et nous équiper dans la durée."

Pour ce faire, le président de la République a annoncé que les capacités de production nationale de masques allaient être renforcées. "Avant la crise, nous produisions 3,3 millions de masques par semaine. Fin avril, nous serons à plus de 10 millions. D'ici la fin de l'année, je veux que nous ayons obtenu cette indépendance pleine et entière. En parallèle, de nouveaux acteurs se mobilisent pour produire des masques dans la période. Ainsi, en France, d'ici fin avril, nous aurons la capacité de produire environ 15 millions de masques par semaine. C'est un travail de reconquête d'une production nationale."

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1 million de masques par jour pour les professions exposées d'ici "3 à 4 semaines"

En plus des masques chirurgicaux que le chef de l'État ne veut promettre qu'au personnel soignant, Emmanuel Macron a annoncé la production de masques "différents, homologués", afin de fournir d'autres professions exposées, telles que "les services à domicile, nos transporteurs, nos pompiers, nos forces de l'ordre, nos caissiers ou nos guichetiers". "Nous sommes en train d'augmenter notre capacité de production nationale pour fournir d'autres catégories de masques à ces professions. D'ici 3 à 4 semaines, nous aurons la capacité de produire 1 million de masques par jour sur ces différentes catégories."

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Production de "10.000 respirateurs français d'ici mi-mai"

Si les masques représentent "une bataille essentielle", les respirateurs sont "un autre sujet critique". Sur ce point, Emmanuel Macron a confirmé que la France a "passé de nombreuses commandes" et continue d'importer. Mais il a surtout voulu insisté sur l'importance de produire ce matériel médical en France. Autour d'Air Liquide, le plus gros fabriquant de respirateurs du pays, "un consortium d'industriels français vient de se constituer". "D'ici mi-mai, il va permettre de produire 10.000 respirateurs, lourds comme légers. Les respirateurs lourds, particulièrement attendus, feront l'objet des premières livraisons dans les prochains jours, environ 850 dans les 8 jours à venir."

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Le chef de l'État a ensuite clôturé son discours en insistant à nouveau sur l'importance de la production locale. "Pour mener ce combat contre le virus, dans un contexte où toutes les certitudes sont balayées, nous avons eu une stratégie de commande et d'importation. Mais notre priorité est de produire davantage en France et en Europe", a affirmé Emmanuel Macron, avant de défendre son bilan.

"Le jour d'après ne ressemblera pas au jour d'avant. Nous devons rebâtir notre souveraineté nationale et européenne. Nous avons commencé à le faire avant la crise en passant des réformes qui permettent à notre pays d'être plus compétitif. Mais il nous faut retrouver la force morale et la volonté pour produire davantage en France et retrouver cette indépendance. Nous commençons à le faire pour les produits de première nécessité pour cette crise, nous continuerons à le faire le jour d'après", a conclu le président.

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