Municipales : second tour le 28 juin, dans quelles conditions sanitaires ?

Municipales : second tour le 28 juin, dans quelles conditions sanitaires ?
Politique

ELECTIONS - Edouard Philippe a annoncé vendredi l'organisation du second tour des élections municipales le 28 juin 2020, si les conditions sanitaires le permettent à cette date. Ce scrutin sera marqué par des conditions sanitaires exigeantes.

Trois mois après le maintien du premier tour puis l'annulation du second tour des élections municipales, l'exécutif a tranché. Edouard Philippe, après avoir consulté les chefs des principaux partis politiques, a annoncé vendredi que le second tour des élections municipales serait organisé le 28 juin, sous réserve que la situation sanitaire le permette à cette date, ce qui rend cette décision "réversible". Dans son rapport rendu mardi, le Conseil scientifique avait estimé qu'un scrutin organisé fin juin nécessiterait une évaluation de la situation sanitaire quinze jours plus tôt, avec la possibilité d'interrompre le processus électoral si la situation l'exigeait. Ce scrutin concernera près de 5000 communes.

L'enjeu démocratique est assez clair. Si le scrutin tour devait être organisé après l'été, comme l'avait évoqué Edouard Philippe début avril, le premier tour pourrait être annulé dans ces communes où le conseil municipal n'a pas été désigné dès le 15 mars, contraignant les villes concernées à revoter intégralement. Dès le 19 mars, le Conseil d'Etat avait en effet prévenu que le second tour devait être impérativement organisé dans les trois mois suivant le premier tour, sous peine d'annulation. 

Une campagne a minima

L'exécutif va reprendre les recommandations formulées par le Conseil scientifique. Ce dernier avait notamment pointé les "risques sanitaires importants" pouvant être liés à cette campagne qui devra être "profondément modifiée", à commencer par la tenue des meetings électoraux, réunions ou encore distribution de tracts. "La campagne électorale doit être très réduite, très différente", avait précisé le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique. "Pas de campagne sur le terrain, pas de campagne sur la marché, pas de campagne à domicile", a-t-il assuré sur France 3

Durant la campagne du premier tour, en mars, les candidats avaient progressivement annulé leurs meetings et réduit leurs déplacements sur le terrain. Certains avaient opté pour des meetings "virtuels" afin de garder un lien avec les militants et les électeurs. Le premier tour s'était soldé par une abstention record. 

"Tout sera mis en oeuvre" pour que le scrutin "puisse s'accomplir dans le respect des règles sanitaires", a assuré vendredi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui a appelé les candidats à mener une "campagne numérique" et à mettre en oeuvre la distanciation. 

Un recours massif à la procuration

Lors du premier tour, les personnes vulnérables avaient été encouragées à recourir massivement à la procuration afin d'éviter un déplacement dans les bureaux de vote. Une circulaire publiée une semaine avant le scrutin avait d'ailleurs simplifié les démarches, permettant par exemple la rédaction d'une procuration à domicile ainsi qu'au sein des Ehpad.  Christophe Castaner a confirmé que les conditions pour recourir à une procuration seraient à nouveau assouplies en vue du 28 juin. 

Dans son rapport, le Conseil scientifique recommande notamment aux autorités de prolonger la validité des procurations qui avaient été établies en vue du second tour annulé du 22 mars dernier. Une hypothèse qui semble réalisable. En l'état actuel, une procuration peut être établie pour un scrutin spécifique (premier tour, second tour ou bien les deux) ou pour une durée déterminée inférieure à un an, si l'électeur peut attester qu'il est de façon durable dans l'impossibilité de se rendre à son bureau de vote. 

De même, le Conseil scientifique propose de prolonger des mesures déjà prises en mars, s'agissant des personnes placées en quarantaine en raison d'une suspicion d'infection au coronavirus. Elles pourraient ainsi demander à un officier de police judiciaire de se déplacer pour établir la procuration. L'agent pourra également se rendre dans les établissements du type Ehpad pour recueillir les demandes. 

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Le 15 mars, date du premier tour, l'organisation du scrutin s'était accompagnée de mesures barrières, avec un filtrage des électeurs à l'entrée, une distance minimale entre eux, des équipements pour permettre le lavage des mains et la recommandation de venir avec son propre stylo pour l'émargement. Les mêmes conditions s'appliqueront le 28 juin. 

La tenue du second tour s'accompagnera de mesures plus drastiques encore. Outre les mesures précédemment citées, le masque "grand public" sera ainsi obligatoire lors des opérations de vote pour les électeurs. Pour les responsables des bureaux de vote, les masques chirurgicaux seront obligatoires, fournis par les communes avec le soutien de l'Etat, a indiqué Christophe Castaner. 

L'avis du Conseil scientifique préconisait de surcroît une visière de protection pour les membres du bureau de vote et l'installation de parois de protection en plexiglas. Pour le dépouillement, un effectif minimal serait envisagé, avec le respect des distances minimales entre ces personnes. Enfin, les candidats en lice devraient s'abstenir d'organiser des soirées électorales et toute réunion en mairie à l'issue du vote.

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