La fin de certaines lignes intérieures par Air France : "Une mesure définitive", exige Bruno Le Maire

Les compagnies s'organisent pour limiter au maximum les vols les moins remplis.

DECLARATIONS - Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a déclaré ce lundi que la crise sanitaire touchant durement la filière de l'aéronautique était aussi l'occasion pour le France de "réinventer [son] système de développement économique" vers plus d'écologie.

A une semaine de la date cruciale du début du déconfinement, "l'intérêt général et national est que le plus grand nombre de Français puissent reprendre leurs activités le 11 mai", a déclaré ce lundi Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, sur France Inter. "C'est important du point de vue économique et du point de vue personnel : le confinement c'est pas une vie. Je comprends toutes les inquiétudes qui se manifestent, mais je sais qu'il nous reste quelques jours pour y répondre", a-t-il ajouté, certain que des solutions seront avancées d'ici la semaine prochaine. Parmi les secteurs les plus troublés, celui de l'aéronautique a retenu l'attention du ministre et bénéficiera d'une attention particulière pour relancer l'économie.

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Relancer l'économie, développer l'écologie

"Le plus dur est devant nous et va demander une mobilisation totale et nouvelle", a notamment assuré M. Le Maire. Seul avantage à cette crise sans précédent d'après le ministre : "L'occasion unique d'avoir de nouvelles ambitions", "de réinventer notre modèle de développement économique et de faire en sorte qu'il soit plus respectueux de l’environnement". Avec Air France en première ligne.

Alors que l'Union Européenne a autorisé le prêt français de 7 milliards d'euros à la compagnie aérienne, certains ajustements seront attendus de sa part. L'offre sur les lignes intérieures devra ainsi être fortement réduite. "Je le souhaite vivement, cela fait partie du contrat conclu entre l'Etat et Air France au moment où nous avons apporté notre soutien financier", a expliqué Bruno Le Maire. "Air France doit devenir la compagnie aérienne la plus respectueuse de l'environnement de la planète, et cela passe par la suppression des lignes intérieures". Si les lignes supprimées et leur nombre ne sont pas encore définis, le ministre est formel : "Cela doit être une mesure définitive, et pas transitoire".

Le ministre estime ainsi que sur des trajets pouvant être effectués en moins de deux heures trente en train, "l'avion ne se justifie pas". Seule exception envisagée par le ministre : "Si un Bordeaux-Paris doit permettre de rejoindre le hub de Paris pour effectuer un vol international trans-atlantique ou vers l'Asie". Bruno Le Maire rappelle que le reste du temps, "prendre l'avion pour gagner une heure, que vous risquez en plus de perdre dans les transports pour l'aéroport, le jeu n'en vaut pas la chandelle, le coût en émission de carbone est trop élevé".

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Un fonds d'investissement à l'étude

Mais encore faut-il relancer l'industrie et avec "les centaines de milliers d'emplois dans notre pays chez Air France, Airbus et ses sous-traitants", rappelle Bruno Le Maire. "Je propose que dès cette semaine nous étudiions un plan de soutien à la filière aéronautique, avec la possibilité d'un fonds d'investissement", a-t-il déclaré. 

Le ministre a également confirmé les dires d'Alexandre de Juniac, l'ancien patron d'Air France, qui déclarait sur BFMTV : "Si on ne peut pas remplir nos avions à cause des distanciations sociales - un siège avec passager, un siège sans - les prix augmenteront de 50%".

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"S'il y a moins de passagers, les prix augmentent, c'est pour cela que nous sommes en train de voir, avec le ministère de Transports et Benjamin Smith, à la tête de la compagnie aérienne française, comment les vols peuvent reprendre et sous quelles conditions de sécurité sanitaire", a expliqué Bruno Le Maire. Mais le ministre plaide pour "une cohérence dans les décisions économiques et sanitaires à prendre". S'il promet qu'aucun risque ne sera pris "pour la sécurité sanitaire des voyageurs, des français et des salariés", qui doivent avoir des garanties totales, "nous devons aussi avoir une vision économique globale et avoir conscience des enjeux industriels derrière la reprise des vols".

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