Martine Wonner, députée pro-chloroquine opposée au plan de déconfinement, exclue du groupe LaREM à l'Assemblée

La députée Martine Wonner
Politique

DISSIDENTE - Seule députée à avoir voté contre le plan de déconfinement, Martine Wonner a été exclue du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale ce mercredi 6 mai. Cette médecin pro-chloroquine a souvent critiqué l'exécutif, notamment sur son manque de stratégie thérapeutique.

"En votant contre la déclaration du Premier ministre présentant (le plan de déconfinement), mardi dernier, Martine Wonner, seule dans son cas, a décidé de s’affranchir du principe de solidarité avec le Gouvernement, fixé dans le règlement du groupe parlementaire La République en Marche", a indiqué le parti présidentiel ce mercredi 6 mai pour justifier l'exclusion de sa députée. De plus, ajoute le communiqué du groupe, "ce vote s’inscrit dans une longue succession de prises de position publiques de Martine Wonner exprimant sa défiance contre le Gouvernement, et ses critiques contre sa politique sanitaire".

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En effet ces derniers jours, la députée du Bas-Rhin élue en 2017, a multiplié les prises de parole pour critiquer la gestion de la crise par l'exécutif, son manque de "stratégie thérapeutique" et assurer qu'elle n'avait plus "confiance" en lui. Membre du collectif de médecins "Laissons les médecins prescrire", elle milite pour la généralisation du traitement à base d'hydroxychloroquine lorsqu'un malade est testé positif au coronavirus. Dans un communiqué daté du 28 avril, la psychiatre qui refuse d être présentée comme une "militante" du professeur Didier Raoult, écrivait : "Continuer à ignorer l’ensemble des pistes de traitement, continuer à ne pas faire confiance aux médecins de terrain, continuer à ne pas mettre tout en œuvre pour épargner des vies, est incompréhensible."

Une positionnement à l'aide gauche de la majorité

Ancienne dirigeante du Samu social de Paris, Martine Wonner, 56 ans, appartient à l'aile gauche de la majorité. Pour exprimer sa sensibilité, elle a cofondé en juin 2019 le Collectif social-démocrate, regroupant une vingtaine de députés au sein du groupe LaREM. Son positionnement lui a déjà valu de prendre ses distances avec le groupe majoritaire.

En décembre 2017, elle s’était abstenue de voter pour le projet de loi "Asile et immigration", estimant qu'il ne respectait pas "les droits humains". Elle a voté contre la prorogation du glyphosate en mai 2018 et contre la ratification du CETA en juillet 2019. En novembre 2019, elle cosignait une tribune pour demander à l’exécutif de ne pas toucher à l’aide médicale d’Etat (AME), permettant un accès aux soins aux étrangers en situation irrégulière.

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C'est la quatrième exclusion prononcée par le groupe après celles de Sébastien Nadot (vote contre le budget), d'Agnès Thill (pour son hostilité à la PMA pour toutes et des propos jugés "pernicieux") et Sabine Thillaye (pour un refus de céder son poste à la tête de la commission des Affaires européennes).

Une quinzaine de députés ont aussi quitté le groupe volontairement, en raison de désaccords sur la ligne politique, sur les municipales, ou pour contester l'usage du 49-3 lors de l'examen de la controversée réforme des retraites.

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