Présentation du plan de déconfinement : l'opposition critique la méthode du gouvernement

Présentation du plan de déconfinement : l'opposition critique la méthode du gouvernement
Politique

PARLEMENT - Edouard Philippe présentera mardi prochain à l'Assemblée nationale le plan de déconfinement du gouvernement. Les députés devront voter pour ou contre dans la foulée, ce qu'ils contestent. Ils demandent davantage de temps pour le juger, voire le modifier.

La levée de boucliers n'a pas tardé. Avant la présentation mardi par le Premier ministre de la stratégie de déconfinement, les oppositions réclament davantage de temps pour la juger. Les parlementaires contestent l'enchaînement dans une même séquence mardi après-midi de l'exposé du plan, du débat et du vote qui, même s'il n'engage pas la responsabilité du gouvernement, aura une forte portée symbolique.

"Ça a l'air d'être de la démocratie, c'est seulement de la brutalité", s'est ainsi insurgé sur France 3 le chef de file des députés Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qualifiant "d'imposture" le procédé et annonçant son intention de voter contre. "Ainsi va la démocratie au temps du macronisme", a soupiré de son côté le patron du PS Olivier Faure.

Des parlementaires réclament 24 à 48 heures avant le vote

Lors du Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro, le président des Républicains Christian Jacob a souhaité "un vrai débat au Parlement, digne de ce nom" avec au préalable "un vrai travail en commission". "On ne va pas juste voter sur un discours", a-t-il déclaré. Son parti a d'ailleurs appelé ce dimanche à un report du vote à mercredi ou jeudi. Le député LFI Eric Coquerel a approuvé et déclaré sur Twitter partager "la demande faite par le groupe LR d'un délai de 24h entre la présentation et le vote afin de permettre plus de débat". 

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La contestation gagne même La République en marche. "Comment le législateur peut-il se prononcer en sérénité sur un 'plan de déconfinement' alors qu’il ne le découvrira que quelques minutes avant le vote ?", interroge ainsi la députée Martine Wonner dans une lettre adressée au président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, en réclamant également que le scrutin soit repoussé.

Pour calmer les esprits, l'Elysée a rappelé qu'après la présentation mardi de "l'architecture générale" il restera une marge de manoeuvre pour l'adapter. "Des discussions s’engageront sur les modalités de mise en œuvre qui pourront déboucher, si nécessaire, sur un travail législatif dont nous serions saisis dans les formes habituelles", a ainsi assuré dimanche Richard Ferrand, dans un courrier aux députés dont l'AFP a eu copie. 

Sur Twitter, le Premier ministre Edouard Philippe a assuré que "depuis le début de la crise" il avait "toujours veillé à respecter le contrôle du Parlement".

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Les députés s'étonnent également du fait que ce débat sur le plan de déconfinement devait avoir lieu initialement le 5 mai. Ce 28 avril, seul un vote sur l'application de traçage "Stop Covid" qui doit permettre de retrouver les contacts des porteurs du coronavirus était au programme. Sa dilution dans la question du déconfinement est perçue comme une manoeuvre politique. Qui là encore a suscité des critiques dans la majorité. "Un vote unique sur le plan déconfinement (et donc sans possibilité de se prononcer sur le traçage numérique en tant que tel) et avec un nombre aussi réduit de députés, ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant", a ainsi estimé dans un tweet le député LaREM Aurélien Taché.

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