Autonomie, indépendance… Jusqu’où veulent aller les nationalistes en Corse ?

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CORSE - La coalition nationaliste de Gilles Simeoni et de Jean-Guy Talamoni est arrivée largement en tête dimanche au premier tour des élections territoriales en Corse, dimanche. Leur victoire dimanche prochain semble déjà acquise. Mais que désirent exactement les autonomistes ?

"C'est un raz de marée démocratique". Gilles Simeoni n’a pas caché sa joie dimanche soir après la victoire de sa liste au 1er tour des élections territoriales en Corse. En rassemblant 45,36% des voix hier, la victoire de la liste "Pè a Corsica" (Pour la Corse), qui rassemble les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni, est quasiment acquise. Difficile d’imaginer en effet la majorité à la nouvelle collectivité territoriale unique (CTU) leur échapper dimanche prochain.


Dans son programme, cette coalition se prononce pour "un statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice, avec pouvoir législatif, réglementaire, et fiscal", d'ici à dix ans. Sauf que cela nécessite une révision constitutionnelle que le gouvernement a pour le moment toujours refuser d’envisager. Qu’il le veuille ou non, la question d’un "statut de résident" ainsi que celle des prisonniers politiques se posent à nouveau, laissent entendre la future majorité.

Fort de son succès, Gilles Simeoni souhaite que "Paris accepte enfin d'ouvrir le dialogue". "Nous demandons au président de la République de rompre avec la politique de l'indifférence et le déni démocratique", a surenchéri le dirigeant du parti indépendantiste Corsica Libera et président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni ce lundi matin sur France Inter. 

"Dans dix ans ou dans quinze ans"

Pour convaincre le gouvernement de se mettre autour de la table, les autonomistes écartent pour le moment toutes velléités indépendantistes. "L'idée indépendantiste est toujours minoritaire, nous ne sommes pas dans la même séquence que la Catalogne", a assuré Jean-Guy Talamoni. Même son de cloche chez Gilles Siméoni. "Les indépendantistes aujourd'hui inscrivent leur action dans un cadre exclusivement démocratique et disent que ce sont les Corses qui décideront. Si les Corses ne veulent d'indépendance, il n'y aura pas d'indépendance", explique l’actuel président du Conseil exécutif de Corse. 


Ce qui semble être le cas actuellement. L’autre liste nationaliste "Core in fronte"(Le coeur devant), qui revendiquait l'indépendance durant cette campagne, n’a récolté que 6,69 % des voix. Néanmoins, le projet d’une nation corse reste un objectif à longue terme pour Jean-Guy Talamoni. S’il est mis de côté pour l’instant, c’est notamment en raison de la situation économique de l’île. "La Catalogne est une région prospère, la Corse a été appauvrie ces dernières années", a-t-il dit au micro de France Inter. 


A ses yeux, la Corse doit avant tout retrouver le chemin de la prospérité avant d’envisager l’étape d’après. "Nous sommes indépendantistes et nous sommes démocrates. Si les Corses veulent majoritairement [l'indépendance], dans dix ans ou dans quinze ans, personne ne pourra s'y opposer", conclut Jean-Guy Talamoni, n’hésitant à rappeler qu’il ne considère pas que la France comme son pays.

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