Corse, déchéance de nationalité : les vacances très agitées de Manuel Valls

Politique
HYPER-PREMIER MINISTRE - Alors que François Hollande se montre plutôt discret en attendant son discours du 31 décembre, son Premier ministre passe des vacances de Noël sur tous les fronts : Corse, déchéance de nationalité, conflit avec Ségolène Royal, Manuel Valls n'a pas de répit.

Au lendemain des attentats du 13 novembre, François Hollande était partout. Son Premier ministre aussi, mais toujours en écho des actions du président de la République sur l'état d'urgence, l'hommage aux victimes et la gestion internationale du conflit contre l'Etat islamique en Syrie. Les congés de Noël ont largement changé la donne.

Alors que François Hollande n'a rien inscrit à son agenda , hormis ses traditionnels vœux aux Français le 31 au soir, Manuel Valls est sur tous les fronts. Et pour cause : les sujets de litiges sont nombreux et le forcent à ferrailler, face à l'opposition, mais aussi contre sa propre majorité.

 La Corse
Les tensions en Corse, depuis le guet-apens tendu le soir 24 décembre à des pompiers par des jeunes dans un quartier d'Ajaccio, ont obligé le Premier ministre a ne pas quitter l'arène politique. Il faut dire que la Corse l'accaparait déjà depuis les élections régionales, qui ont vu les nationalistes remporter le scrutin et multiplier les signaux indépendantistes. "Il y a des lignes rouges qui ne peuvent pas être discutées", avait déjà lancé Manuel Valls le 23 décembre. L'attaque contre les pompiers et les manifestations ponctuées de slogans xénophobes - condamnés par les élus indépendantistes - durant le week-end l'ont obligé à rappeler que "l'Etat ne reculera jamais en Corse", ce mercredi au Parisien.

 La déchéance de nationalité
C'est l'autre gros sujet qui accapare Manuel Valls. Il a pris fait et cause pour le projet d'inscription dans la Constitution de la déchéance de nationalité pour les binationaux impliqués dans les actes de terrorisme. Il ne s'agit pas simplement d'assurer le service après-vente de la promesse faite par François Hollande  au Congrès après les attentats du 13 novembre. Il s'agit surtout d'occuper le terrain face à une grande partie de la gauche - y compris des ténors du PS proches du chef de l'Etat - qui est partie en guerre contre ce projet qu'elle estime contraire à ses valeurs. Sur ce sujet, Manuel Valls est attaqué de toutes parts, même s'il sait qu'il a le soutien d'une majorité de Français.

EN SAVOIR +
>> Déchéance de nationalité : la mise au point de Manuel Valls
>> Près de 9 Français sur 10 favorables à la déchéance de nationalité


 La querelle avec Ségolène Royal
Au retour des congés, Manuel Valls va également devoir gérer la colère de sa ministre de l'Environnement, Ségolène Royal. Cette dernière n'a pas apprécié d'apprendre la publication d'un décret préfectoral autorisant l'industriel Altéo à poursuivre les rejets de produits pour 6 ans dans le parc régional des Calanques (Bouches-du-Rhône). "L'ordre est venu du Premier ministre au préfet, direct", a fulminé la ministre, accusant le chef du gouvernement de céder à un "chantage". De quoi envenimer encore un peu les relations entre les deux poids lourds du gouvernement.

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