Corse : large victoire des nationalistes pour l'élection de la nouvelle collectivité unique

Politique
DirectLCI
ÉLECTION - Sans surprise, la liste Pè a Corsica (Pour la Corse), avec l'autonomiste Gilles Simeoni et l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, s'est imposée ce dimanche avec 56,46% des voix lors du deuxième tour de l'élection de la nouvelle collectivité territoriale unique, fusion de l'ancienne collectivité et des deux départements.

La liste nationaliste de Gilles Simeoni est arrivée dimanche soir largement en tête du second tour de l'élection de la nouvelle collectivité territoriale unique (CTU) de Corse, avec 56,46% des suffrages exprimés, devant la liste de de droite régionaliste (18,29%), puis celle de la République en Marche (12,67%) et la liste soutenue par LR (12,57%). Le scrutin a permis de désigner les 63 élus de cette collectivité territoriale unique qui doit remplacer au 1er janvier les deux conseils départementaux et l'actuelle collectivité de Corse.  Ce second tour a été cependant marqué par un fort taux d'abstention de 47,37%, autant qu'au premier tour (47,90%).


"Paris a aujourd'hui à prendre la mesure de ce qui se passe en Corse", a réagi Gilles Simeoni, président sortant de l'exécutif territorial. "La balle est dans notre camp pour ce qui relève des compétences de la Corse et de la responsabilité qui est la nôtre pour construire ce pays". Les nationalistes vont obtenir 41 sièges sur 63 dans la nouvelle assemblée et 11 sièges du conseil exécutif. 

"Les Corses ont validé notre démarche", a affirmé Gilles Simeoni. "On sent qu'il y a une poussée, en tout cas à Bastia", avait déjà commenté Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse et 5e de la même liste, avant l'annonce des résultats définitifs. Les deux hommes ont assisté au dépouillement des votes à la mairie de Bastia, bureau centralisateur du scrutin, d'où des sympathisants les ont sortis en les portant en triomphe sur leurs épaules après l'annonce des premières tendances.

Et maintenant, quelles priorités ?

Malgré la présence de l'indépendantiste Talamoni, la question de l’indépendance n’est pas encore à l’ordre du jour de la nouvelle majorité. La coalition nationaliste élue veut d'abord avancer sur 3 revendications : l'amnistie pour les "prisonniers politiques", la coofficialité de la langue corse et la création d'un statut de résident, pour combattre la spéculation immobilière sur l’île.

Edouard Philippe a appelé Gilles Simeoni et s'est dit prêt à le recevoir à Paris, a affirmé Matignon dimanche soir. "Jamais les conditions n'ont été aussi favorables pour que la question corse (...) se règle de façon apaisée", a d'ailleurs déclaré le leader autonomiste au Premier ministre, selon des propos qu'il a rapportés à la presse après sa victoire. "Le Premier ministre m'a appelé pour nous féliciter de notre résultat, je l'ai remercié pour son appel et je lui ai dit qu'au-delà de la politesse protocolaire, nous attendions et nous espérions un véritable dialogue avec l'Etat", a-t-il également ajouté.


Au lendemain du premier tour, qui laissait donc déjà présager une large victoire des nationalistes, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait déclaré que "le gouvernement travaillera avec l’exécutif qui aura été choisi par les électeurs corses".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter