Corse : le discours d'Emmanuel Macron ne convainc pas grand monde

DirectLCI
EN CORSE - Que ce soit les élus nationalistes corses ou la classe politique nationale, le discours du chef de l’État, ce mercredi à Bastia, ne suscite guère d’enthousiasme. Sa volonté de mentionner la Corse dans la Constitution française est particulièrement critiquée.

Les élus nationalistes corses n’ont pas caché leur frustration, pour ne pas dire leur exaspération, à l’issue du discours qu'Emmanuel Macron a tenu ce mercredi à Bastia. Le chef de l’État a rejeté sans équivoque deux des principales revendications des nationalistes : le statut de résident et la co-officialité de la langue corse.


"C'est un soir triste pour la Corse", a réagi le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, qui s’est dit "consterné par le niveau des réponses qui sont données". "Nous considérons que c'est une occasion manquée", a de son côté déclaré Gilles Simeoni, le président de l'exécutif de la collectivité territoriale, en affirmant que les nationalistes allaient toutefois rester "dans un esprit de dialogue".

De nombreux députés ont quant à eux critiqué la volonté d’Emmanuel Macron de mentionner la Corse dans la Constitution française. Son objectif, a-t-il dit, est de trouver une place pour la Corse, qui "n'est ni la Nouvelle-Calédonie ni ma Picardie natale". Or, cette initiative a été froidement accueillie à Paris. Le député LR et ancien ministre, Eric Woerth, a estimé que faire évoluer ainsi la Constitution était "une grave erreur". Une position partagée par son collègue, Eric Ciotti. 

L’ancien Premier ministre, Manuel Valls, est lui aussi de cet avis. Sur Twitter, il a indiqué ne voir "aucune utilité à l’inscription de la Corse dans la Constitution. C’est prendre le risque d’ouvrir la boîte de Pandore". L'ancien socialiste, aujourd'hui député non-apparenté, Olivier Falorni, déplore de son coté une "concession aux nationalistes qui pourrait provoquer un engrenage". 

Même son de cloche chez les Patriotes, le parti dirigé par Florian Philippot. L'ex-vice président du FN  juge que cette annonce "fait tâche et apparaît comme une concession aussi inutile que dangereuse". Une fois n’est pas coutume, Emmanuel Macron est soutenu par la France insoumise. Le député Eric Coquerel estime en effet que la mention de la Corse dans la Constitution est "un pas qui peut être franchi". "Il faut tout faire pour éviter une situation de type Catalogne, une situation de blocage", a-t-il expliqué à l'AFP.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter