Côte d'Azur : après les inondations, la politique reprend (vite) ses droits

Côte d'Azur : après les inondations, la politique reprend (vite) ses droits
Politique

RÉCUP' - Après les terribles inondations qui ont fait au moins 16 morts dans les Alpes-Maritimes, les responsables politiques ont multiplié les messages de solidarité. Mais derrière l'unanimité pointaient déjà les critiques, en pleine campagne pour les élections régionales.

Le deuil n'empêche pas la politique de reprendre ses droits. Quelques heures après les violentes intempéries qui ont fait au moins 16 morts dans les Alpes-Maritimes, les élus étaient plus que jamais en scène ce dimanche au côté des secours. Quitte à provoquer, parfois, un début de polémique derrière l'apparente unanimité.

Solidarité et polémique

Accompagné de son ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, François Hollande aura passé une partie de son dimanche sur les lieux, aux côtés de secours. L'occasion, bien sûr, d'exprimer "la solidarité de la Nation aux familles et aux proches des victimes des inondations dans les Alpes-Maritimes", mais aussi d'apparaître au plus près du terrain et des habitants.

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Le chef de l'Etat, suivi de près par les caméras de télévision, était accompagné tour à tour de Christian Estrosi, maire (Les Républicains) de Nice et candidat aux régionales en Paca, et d'Eric Ciotti, député LR et président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes. En plein deuil collectif, les deux élus se sont affichés côte à côte avec le président de la République, pour saluer l'action des secours.

Même unanimisme du côté de la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, candidate aux régionales en Paca, qui exprimait dimanche "toutes ses pensées aux familles et proches des victimes". Le candidat du PS, Christophe Castaner, est même allé plus loin en annonçant qu'il "suspendait" sa campagne.

Mais la polémique finit toujours par reprendre ses droits. Dans une interview accordée au  Point , Christian Estrosi s'attaquait déjà au thème de la baisse des dotations accordées par l'Etat aux collectivités locales. "Cette catastrophe n'est pas un outil polémique", prévenait-il, avant de lancer pourtant : "La compassion de l'État, du ministre de l'Intérieur, du président de la République, c'est bien mais ce sont des paroles. L'essentiel des secours est pris en charge financièrement par les collectivités. Les services de pompiers par exemple sont à 100% assumés par le département et les communes. À l'heure où l'État restreint les dotations budgétaires, il est bon de le rappeler". Des propos qu'il avait déjà tenus sur BFMTV un peu plus tôt.

Si Marion Maréchal-Le Pen s'était montrée plutôt sobre sur le sujet, le FN n'était pas en reste ce dimanche. Illustration avec ce communiqué de l'élue niçoise (et vice-présidente du FN) Marie-Christine Arnautu, qui s'en prenait, quelques heures après le drame, à Christian Estrosi, reprochant au maire de Nice de ne pas avoir annulé, la veille, le concert de Johnny Halliday à Nikaia, ou encore le match de football à l'Allianz Riviera, en zone inondable. "Le bon sens des autorités aurait commandé, dès l'alerte orange, d'annuler le match et le concert afin d'éviter à des milliers de personnes de se retrouver piégées", sermonnait la députée européenne. Plus patient, le fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, a quant à lui rendu hommage aux victimes de PACA tout en précisant que "les questions relevant des moyens de la protection civile devront être aussi posées, quand le temps du bilan sera venu". En période électorale, le temps du bilan arrive toujours particulièrement vite.

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