Fermeture des remontées mécaniques : le Conseil d'État saisi par des élus et des professionnels de la montagne

"On est tous prêts à faire des sacrifices pour la santé, mais il faut que ça soit cohérent". C'est en ces termes que Laurent Wauquiez souhaite réclamer l'ouverture des remontées mécaniques cet hiver

RECOURS - Plusieurs élus alpins ainsi que des professionnels de la montagne ont annoncé ce mercredi saisir le Conseil d'État pour protester contre la fermeture des remontées mécaniques à Noël.

Déplorant l'échec des tentatives de dialogue avec l'État, ils ont "décidé ensemble de saisir la justice". Les présidents de la région Auvergne-Rhône-Alpes, des départements de Savoie, Isère et Haute-Savoie et des professionnels de la montagne ont annoncé ce mercredi la saisine du Conseil d'État contre la décision du gouvernement de fermer les remontées mécaniques pour les fêtes de Noël. "La décision de fermeture des remontées mécaniques et son impact sur l'économie de la montagne génèrent une profonde incompréhension dans nos territoires", soulignent-ils dans un communiqué.

"Un référé liberté sera déposé jeudi après-midi devant le Conseil d'État", a précisé à l'AFP Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes. "On le fait car on a le sentiment que c'est la seule façon de se faire entendre."

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L'élu a également critiqué l'annonce faite par Jean Castex ce mercredi, qui affirmait que le gouvernement envisageait également une période d'isolement de sept jours pour les Français rentrant du ski à l'étranger pendant les fêtes. "Les stations d'Autriche et de Suisse sont ouvertes, et en France on peut prendre le TGV, le métro, on pourra se rendre au cinéma ou dans une salle de spectacle à Noël mais pas sur un télésiège. On est prêt à faire des sacrifices mais là il n'y a pas de cohérence. Pourquoi ce couperet uniquement sur la montagne française ?", a-t-il protesté.

On ne peut pas jouer avec le travail des hommes.- Jean-Luc Bloch, président de l’association nationale des maires de stations de montagne

Selon les initiateurs de la saisine, Laurent Wauquiez, Jean-Pierre Barbier, Hervé Gaymard et Christian Monteil, présidents des départements de l'Isère, Savoie et Haute-Savoie, "d'autres solutions existent" comme "des protocoles sanitaires stricts sans aller jusqu'à l'interdiction" qu'ils jugent "disproportionnée et non justifiée par les impératifs sanitaires, surtout à un moment où la situation sanitaire s'améliore". Également signataire du texte, Jean-Luc Boch, président de l’association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM), a affirmé à l'AFP que la mesure d'interdiction "menace l'emploi de centaines de milliers de saisonniers". "On ne peut pas jouer avec le travail des hommes", a-t-il ajouté.

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Les signataires affirment dans leur communiqué qu'ils seront "bientôt rejoints par d'autres acteurs de la montagne des autres massifs". Ce mercredi, plus de 2.000 personnes, représentant l'ensemble de l'écosystème montagnard, ont réclamé à Bourg-Saint-Maurice (Savoie) et Bourg d'Oisans (Isère) le droit de travailler dès la période de Noël en dépit du veto gouvernemental. La région Auvergne-Rhône-Alpes représente 75% des emplois du ski français.

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