EXCLUSIF - Dans les coulisses des négociations du plan de relance européen avec Emmanuel Macron

EXCLUSIF - Dans les coulisses des négociations du plan de relance européen avec Emmanuel Macron
Politique

COULISSES - Depuis trois jours se tient à Bruxelles un sommet européen où doit se décider le plan de relance historique après la crise sans précédent du Covid-19, qui continue de sévir. Pendant plusieurs semaines, TF1 a suivi de l'intérieur les négociations, parfois âpres, entre le président Macron et ses homologues.

"Quel est ton pronostic pour la fin de semaine ?", demande Emmanuel Macron. Long soupir de la chancelière, hésitation : "Je ne sais pas … 50/50 au mieux !", répond Angela Merkel. Cet échange, filmé par les équipes de TF1 qui ont pu accéder aux coulisses des négociations de ce plan de relance économique, a eu lieu à la veille du Conseil européen. Et la chancelière avait raison d'être prudente car dimanche soir, aucun accord n'était trouvé entre les 27 chefs d'Etat. 

En jeu, 750 milliards d'euros. C'est la principale conséquence de l'épidémie de Covid-19. Alors que la crise sanitaire est toujours présente avec la crainte d'une deuxième vague aux quatre coins du monde, l'Europe doit faire face à une crise économique sans précédent. Seulement, deux camps s'opposent concernant ce plan historique. D'un côté, les "frugaux" parmi lesquels figurent les dirigeants hollandais et danois. De l'autre, celui des "solidaires", emmené par Angela Merkel et Emmanuel Macron.

Des négociations serrées avec les Pays-Bas et le Danemark

Et si le sommet s'est tenu ce week-end à Bruxelles, les protagonistes avaient pris langue bien avant. Le 9 juillet dernier, au Palais de l'Élysée, une discussion téléphonique tendue s'amorce dans le bureau du président de la République entre ce dernier et la Première ministre danoise Mette Frederiksen, l’une des plus réticentes au projet de relance. Lors de la discussion, le président Macron coupe le son du téléphone et fait part à ses conseillers d'une "petite agressivité" dans le ton de la cheffe du gouvernement danois. Cette dernière estime que 500 milliards d’euros de subventions, c'est beaucoup trop, et veut également avoir la main sur l’utilisation de cet argent.

"Je ne donnerai pas les deux !", avertit Emmanuel Macron. "J’entends ce que vous dites". Mette Frederiksen prend acte.  Plus de deux semaines plus tôt, le 23 juin dernier, le chef de l'Etat s'était longuement entretenu avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, à la tête du groupe des "frugaux". A la question : "Fait-il partie d’un des plus difficiles à convaincre ?" Le président Macron répond : "Non, parce que nous avons toujours su trouver une position commune. L’objectif de ces discussions est de faire converger nos positions pour trouver un terrain d’entente."

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Des retrouvailles amicales, en apparence

Un optimisme de façade qui cache d'âpres discussions à l'occasion de voyages, rencontres et échanges directs, qui font partie de la stratégie de concert établie par Emmanuel Macron avec Angela Merkel, la chancelière allemande. Le jeudi 16 juillet, à Bruxelles, les pays "radins" ne font plus bloc mais veulent limiter leur part dans le budget européen global. Pour la première fois depuis le mois de février, les "Vingt-Sept" se retrouvent physiquement et amicalement, en apparence. Depuis plusieurs heures maintenant, et alors que les négociations devaient s'achever samedi, les "Vingt-Sept" sont enfermés entre eux, sans conseillers, à peine quelques SMS échangés avec l’extérieur, et la réunion s’est transformée en déjeuner, avec une ambiance à couteaux tirés.

Il y a aussi beaucoup de résistance, de tension.- Le président Emmanuel Macron, lors du sommet européen.

"Il y a aussi beaucoup de résistance, de tension. Pour le moment nous n’y sommes pas, mais nous allons continuer à nous y employer", explique le président Macron à nos caméras.

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Ce dimanche soir, les tractations se poursuivent et un accord pourrait se dessiner autour de plus d’emprunts et moins de subventions, avec l’espoir de préserver les 750 milliards du plan initial.

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