"Nous voulons nous impliquer" : écartés des affaires, les maires élus le 15 mars perdent patience

"Nous voulons nous impliquer" : écartés des affaires, les maires élus le 15 mars perdent patience
Politique

POLITIQUE LOCALE - Parmi les maires élus au premier tour le 15 mars dernier et en attente de prendre leurs fonctions, certains commencent à perdre patience. Qu’ils soient écartés des affaires par le maire sortant obligé d’assurer l’intérim, ou tout simplement désireux de s’impliquer dans leurs nouvelles fonctions.

"Le discours que je devais présenter au conseil municipal d’installation était prêt. Toute la semaine nous avions travaillé pour prendre le relais, y compris la gestion de crise liée à l’épidémie de coronavirus", explique à LCI Camille Pouponneau, future maire de Pibrac (Haute-Garonne), élue à 63,5% le 15 mars dernier face au maire sortant. Mais depuis, c’est bien lui qui est aux commandes, et qui gère l’urgence sanitaire.  

 "Le maire gère seul. Nous avons très peu de contacts. J’ai reçu mardi un mail récapitulant en quelques lignes ce que fait la commune, mais c’est la première information que j’ai sur la gestion de crise depuis cinq semaines", raconte la future édile de cette commune de 8500 habitants. En effet, dans les jours qui ont suivi le premier tour des élections municipales, le gouvernement a pris la décision d’annuler et de reporter les conseils municipaux d’installation des maires élus le 15 mars, et d’étendre le mandat des maires sortants jusqu’au 15 mai. Une nouvelle date sera annoncée le 23 mai prochain.

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"Il ne s'agit pas de faire de l'ingérence"

"Il ne s’agit pas de polémiquer, le plus important c’est qu’il n’y ait pas de drame sur la commune", ajoute Camille Pouponneau. "Mais sans vouloir être décisionnaire, je pense que pour assurer la transition, il aurait été bien que nous puissions partager plus régulièrement. Il ne s’agit pas de faire de l’ingérence." L’élue regrette ainsi que le maire sortant n’ait pas répondu favorablement à ses demandes concernant la mise en place de réunions de partage d’informations. 

Pour autant, les relations entre Camille Pouponneau et le maire sortant de Pibrac sont plus inexistantes que tendues. Elles le sont, en revanche, entre Eric Bodeau et son prédécesseur de Saint-Sulpice-le-Guérétois, village de la Creuse d'un peu moins de 2000 habitants. "C’est assez difficile, il n’y a aucune discussion", indique à LCI celui qui a été élu avec 65,3% des suffrages le 15 mars. Au nom de la situation sanitaire actuelle, nous pourrions avoir un véritable dialogue, notamment pour gérer l'avenir. Mais lorsque j’ai voulu aller consulter les nouveaux dossiers, j’ai été prié de quitter la mairie", raconte le futur maire, qui souhaite rappeler que certains entretiennent des relations cordiales et travaillent en bonne entente pendant cet intérim.

Christophe Castaner interpellé

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Pour médiatiser leur situation et alerter le gouvernement, Eric Bodeau et cinq autres maires du département adresseront cette fin de semaine un courrier au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. "Nous voulons lui rappeler le contexte et le fait que les nouveaux élus souhaitent prendre au plus vite leurs fonctions pour s’impliquer pleinement dans les mesures de déconfinement qui vont être prises. Le président de la République a indiqué qu’il souhaitait s’appuyer pleinement sur les élus locaux et les maires pour préparer la suite. Nous voulons rappeler que nous voulons nous impliquer dans les fonctions dans lesquelles nous avons été élus."

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