Nouvelles restrictions en Île-de-France : "A aucun moment, nous n'avons été prévenus", déplore Valérie Pécresse

Nouvelles restrictions en Île-de-France : "A aucun moment, nous n'avons été prévenus", déplore Valérie Pécresse
Politique

INTERVIEW POLITIQUE - Invitée d'Elizabeth Martichoux ce lundi 28 septembre, Valérie Pécresse, Présidente de la région Île-de-France, est revenue sur les nouvelles restrictions anti-Covid, notamment la fermeture des bars à 22 heures dans 11 métropoles dont Paris.

"Ce qu'il faut, c'est éviter un reconfinement". Après la proposition des deux prix Nobel d'économie d'instaurer un confinement national sur les vingt premiers jours de décembre pour permettre aux Français de retrouver leurs familles lors des fêtes de fin d'année malgré la pandémie de Covid-19, Valérie Pécresse, invitée politique ce lundi sur LCI, ne plaide pas, de la même façon que Olivier Véran, pour cette idée de reconfinement national "préventif" et ce pour des raisons économiques : "Les Français le redoutent ce reconfinement à juste titre, il faut tout faire pour l'éviter, dit-elle. Par ailleurs, poursuit-elle, il faut "éviter de prendre des mesures brutales sans concertation." "Le gouvernement aurait dû prévenir les collectivités locales des mesures qu'il allait prendre, fustige-t-elle. En Île-de-France, cela nous aurait permis de préparer les esprits et l'accompagnement de ces mesures."

La présidente de la région Île-de-France fait référence à la fermeture des bars et des restaurants totale à Marseille, à 22 heures dans 11 métropoles dont Paris qui soulève l'indignation, notamment celle de Renaud Muselier qui a déclaré dimanche sur LCI avoir déposé un recours contre l'arrêté contre la fermeture des bars et restaurants à Aix-Marseille. Affirmant également "ne pas avoir été prévenue" avant les annonces, Valérie Pécresse peut "comprendre sa réaction, liée à la brutalité de l'annonce." "Nous avons eu une réunion préparatoire quelques jours avant les annonces mais dans laquelle à aucun moment il y aurait ces fermetures de bar (...) Je ne sais pas ce que j'aurais fait, maintenant, nous, les élus, nous devons appeler au respect de la loi". 

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Surtout, la présidente de la région Île-de-France craint "les drames humains" inhérents à ces fermetures de bars et de restaurants : "Je crains des faillites, je crains le désespoir pour ces entrepreneurs et leurs salariés, redoute-t-elle. il faut mieux les accompagner financièrement. Il faut compenser les pertes prises à la suite de mesures administratives. Il nous faut aussi en Île-de-France une clause de revoyure, comme celle qu'ont obtenue les Marseillais (...) au bout de sept jours".

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Valérie Pécresse voudrait aussi "pousser un cri d'alarme pour ceux qui sont sans voix et qu'on n'entend pas : les intermittents de la filière restauration". Plus que les autres, "ils n'ont aucun filet de protection", regrette-t-elle, précisant que la région Île-de-France allait mettre en place des "reconversions très rapides." "Nous avons mis une prime de 1.000€, en plus, pour que tous ceux qui, aujourd'hui, se retrouvent sans rien puissent basculer dans des formations qualifiantes : 40.000 formations sont déjà ouvertes". 

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Autre décision prise par la région Île-de-France, une aide aux universités et aux étudiants les plus précaires pour "réduire les inégalités entre étudiants" et "éviter que les facultés ferment". "Si les universités ferment, nous allons avoir des jeunes deux ans déscolarisés, de la génération sacrifiée, constate-t-elle. J’aimerais trouver une solution pour que les facs ne ferment pas". Ainsi, "j'ai réuni les présidents d'universités et nous annoncerons cette semaine un plan d'urgence au niveau de la Région (...) Un chèque numérique de 100€ sera donné aux étudiants boursiers", précise-t-elle.

Concernant l'attaque à Paris près des anciens locaux de Charlie Hebdo, Valérie Pécresse a rendu hommage à Youssef, ce "héros" pris à tort pour un complice : "Il devrait obtenir la médaille du courage de la Région. C'est très important de montrer les Youssef Français, pour montrer que nous sommes tous unis contre le terrorisme, conclut-elle.

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