Faut-il restreindre les libertés des non-vaccinés ?

Faut-il restreindre les libertés des non-vaccinés ?

DROITS FONDAMENTAUX - Xavier Bertrand s'est prononcé ce mercredi en faveur d'une restriction des libertés pour les personnes non-vaccinées. Le gouvernement réfléchit à une extension du pass sanitaire qui aurait les mêmes conséquences.

Ne pas accéder à un bar, un cinéma ou un théâtre si l'on n'est pas vacciné. C'est ce que souhaite le président des Hauts-de-France et candidat à l'élection présidentielle Xavier Bertrand. Ce mercredi sur BFMTV, il a estimé que "ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, pas seulement les soignants (...) doivent savoir qu’ils n’auront pas la même liberté que les autres". "C'est une question de responsabilité", a-t-il ajouté, indiquant que pour cela il fallait "renforcer et développer le pass sanitaire"

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Covid-19 : le défi de la vaccination

En plus de rendre obligatoire la vaccination à certaines professions comme les soignants et les pompiers, le gouvernement étudie déjà la possibilité d'un pass sanitaire étendu. Il permettrait de réserver certains commerces ou activités de loisirs aux seules personnes vaccinées. En Europe, cela a déjà été mis en place en Irlande, au Danemark, en Autriche et bientôt en Grèce. 

Selon le ministre de la Santé Olivier Véran, en cas de nouvelles restrictions "20% de non-vaccinés ne pourraient pas contraindre les 80% de Français (qui veulent l’être, ndlr) à ne pas accéder à des activités courantes qui leur ont tant manqué depuis un an". Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a lui estimé qu'il fallait "éviter une situation où l’épidémie reprendrait notamment du fait de personnes qui ne se sont pas fait vacciner et imposerait de prendre des mesures de restriction qui s’imposeraient à des personnes qui, elles, ont fait l’effort".

La majorité des groupes parlementaires favorables au pass sanitaire étendu

Le Premier ministre Jean Castex a d'ailleurs interrogé tous les groupes parlementaires à ce sujet ce début de semaine.  Dans leurs courriers de réponse, la majorité d'entre eux se sont prononcés pour. "A bien des égards, cette approche consistant à imposer de nouvelles contraintes à l’endroit de ceux qui ne sont pas vaccinés doit être privilégiée, tout comme doit être poursuivie et intensifiée la pédagogie de la nécessité de la vaccination", écrit le président du groupe LaREM Christophe Castaner. Le groupe socialiste indique : "Une telle mesure ne peut être envisagée qu’à la seule condition que l’Etat soit en mesure de proposer le plein accès à la vaccination à tous nos concitoyens. Dès lors que cette condition paraît désormais remplie, je vous confirme que mon groupe est, sur le principe, plutôt favorable à l’extension du champ d’application du pass sanitaire pour les Français vaccinés"

Jean-Christophe Lagarde (UDI) explique que son groupe est également "favorable à ce que de nombreuses activités soient réservées aux personnes ayant un parcours vaccinal complet, maintenant que l’accès au vaccin est ouvert à tous", et va même plus loin. "Je considère que le gouvernement devrait annoncer clairement qu’en cas de nouvelle vague, les personnes vaccinées seraient exemptées de certaines mesures sanitaires (comme le couvre-feu) et qu’en cas de confinement avec fermetures administratives, les commerçants vaccinés n’y seraient pas astreints", écrit-il.

En revanche, La France insoumise y est opposée. "Généraliser le pass sanitaire ? Que se passera-t-il pour les personnes qui n’en disposeraient pas ou qui ne pourraient accéder au moyen d’en bénéficier ? Vous ne le dites pas. Une telle restriction de la liberté individuelle ne peut être traitée à la légère ou abandonnée à l’arbitraire de ceux qui auraient à la mettre en œuvre", estime Jean-Luc Mélenchon. Et les Républicains ne partagent pas l'avis de celui qui pourrait être leur candidat en 2022. Selon le chef des députés Damien Abad "une extension du pass sanitaire nous paraît inopportune. Elle conduirait à déguiser une obligation non formalisée"

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Le risque d'une "fracture vaccinale"

Selon les modélisations de l’Institut Pasteur rendues publiques le 29 juin, à la rentrée les personnes non-vaccinées pourraient "contribuer de façon disproportionnée" à propager l’épidémie et auraient "douze fois plus de risque de transmettre le SARS-CoV-2 qu’une personne vaccinée". L’institut ajoute que d’éventuelles mesures pour faire face à l’épidémie auraient "un impact similaire si elles sont appliquées à l’ensemble de la population ou aux personnes non-vaccinées uniquement". Un traitement différencié entre les vaccinés et les non-vaccinés pourrait donc s'avérer inévitable, même si le gouvernement s’inquiète du risque de "fracture vaccinale" que provoquerait une telle mesure.

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