Du cri d'alarme des soignants à l'allocution d'Emmanuel Macron, trois jours de surchauffe au sommet de l'État

Du cri d'alarme des soignants à l'allocution d'Emmanuel Macron, trois jours de surchauffe au sommet de l'État

MESURES SANITAIRES - Face à la troisième vague du Covid-19, Emmanuel Macron doit annoncer mercredi soir de nouvelles mesures pour le pays. Une séquence qui devrait clore trois jours d'observation fébrile des données épidémiques et de scénarios hypothétiques, sous la pression accrue des médecins qui réclament un confinement total.

Il aura fallu de longues heures avant de voir apparaître la fumée blanche. "Ce matin, quelque chose a été décidé", annonçait à LCI une source gouvernementale à l'issue du Conseil de défense qui s'est tenu mercredi matin. Si le porte-parole de l'exécutif, Gabriel Attal s'est bien gardé de détailler le contenu de ces décisions lors de son compte rendu hebdomadaire, c'est parce que, signe des moments cruciaux de cette crise sanitaire, c'est Emmanuel Macron lui-même qui se chargera d'en faire l'annonce à 20 heures devant les Français. Les mesures seront détaillées jeudi par Jean Castex devant le Parlement. 

Il en aura fallu, pourtant, des scénarios et des hypothèses, avant d'aboutir à ces nouvelles mesures, qui pourraient se traduire par un nouveau durcissement des restrictions - voir un confinement strict - sur toute ou une partie du territoire -, avec l'espoir de donner de l'air aux services de réanimations saturés. Une longue séquence de surchauffe qui a débuté avec la fameuse tribune des médecins de l'AP-HP appelant le gouvernement à assumer un éventuel "tri des patients" qu'engendrerait, selon eux, son refus de reconfiner strictement le territoire et de fermer les écoles. 

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"Le politique décide"

Jusqu'à ce week-end, la ligne défendue par l'exécutif restait celle édictée par Emmanuel Macron depuis la fin du mois de janvier : maintenir les écoles ouvertes et n'envisager qu'en dernier recours un reconfinement strict du pays, malgré les demandes réitérées des médecins à ce sujet, afin d'épargner une population déjà usée par un an de crise sanitaire. 

"Le politique décide", martelait encore dimanche l'entourage du ministre de la Santé, Olivier Véran, répondant à la tribune des médecins. "La bataille des prochains jours est simple", expliquait de son côté Emmanuel Macron. "Nous allons regarder l'efficacité des mesures de freinage et nous prendrons si nécessaire celles qui s'imposent. Mais à cette heure, rien n'est décidé." 

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Au cours des trois jours écoulés, pourtant, rien ne garantissait que "le politique" allait prendre de nouvelles décisions. "La situation est grave, mais la stratégie reste la même", assurait dimanche à LCI une source au sein de l'exécutif, expliquant qu'il fallait "pousser jusqu'au bout la logique" qui a consisté à laisser du champ libre aux Français. "Il est tout à fait possible que cela ne bouge pas encore cette semaine", ajoutait-on. "On a bien évidemment vu la tribune des médecins de l'AP-HP. Chacun est dans son rôle, il n'y a pas de bras de fer... Le rôle du Président est d'assumer une décision politique." Mais laquelle ?

Grand flou

Durant 72 heures, les cabinets ministériels ont fait tourner les scénarios à un rythme déconcertant. Faut-il fermer les écoles, suspectées d'alimenter une partie de la transmission du virus ? "Ce n'est pas tranché", nous expliquait encore mardi soir l'entourage du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lui-même très hostile à cette idée. Tout en énumérant les innombrables scénarios possibles : nouveau durcissement du protocole sanitaire, demi-jauge dans les collèges, fermeture par niveau, fermeture par territoire ou sur l'ensemble du territoire. 

Faut-il avancer les vacances scolaires, comme l'a préconisé la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse ? "Toutes les questions que vous posez sont sur la table", évacuait laconiquement Olivier Véran, mardi après-midi à l'Assemblée nationale, alors qu'une autre source semblait écarter, du moins provisoirement, cette hypothèse. 

Mardi soir encore, l'allocution d'Emmanuel Macron elle-même n'était pas actée. Si plusieurs scénarios se dessinaient en amont du Conseil de défense de mercredi (mesures hospitalières, fermeture des écoles sur tout ou partie du territoire), les cabinets ministériels se préparaient aussi... À ce qu'il ne se passe rien. "Le statu quo à ce stade n'est pas exclu", nous indiquait-on. “Moi, je ne mettrais pas un billet sur quoi que ce soit", reconnaissait un conseiller de l'exécutif cité par Playbook. "Tu as l’impression que le président n’a plus le choix, parce qu’il y a un consensus pour prendre des mesures", s'agaçait un autre auprès de nos confrères. 

Bug des données épidémiologiques

Il faut dire qu'une circonstance n'a pas aidé l'exécutif dans sa prise de décision. Le gouvernement attendait avec fébrilité, mardi soir, les premiers résultats des mesures décidées le 19 mars dans les départements sous haute tension. Un léger infléchissement des indicateurs, notamment sur le front des contaminations, devait permettre d'envisager un autre scénario ou du moins de gagner un peu de temps avant de prendre de nouvelles mesures. À ce titre, un léger infléchissement constaté ces derniers jours à Paris semblait donner un peu d'espoir. 

Malheureusement, une défaillance technique - avec une non prise en compte des derniers tests réalisés - n'a pas permis d'avoir une idée exacte de l'ampleur des contaminations au cours des dernières 24 heures. Les autorités ont dû se contenter de projections, évaluant autour de 40.000 le nombre de nouvelles contaminations. "Ce ne sont pas les chiffres du mardi 29 mars qui comptent, mais les chiffres sur une semaine", nuançait toutefois une source gouvernementale auprès de LCI. Si l'exécutif a gardé jusqu'au bout les yeux rivés sur les indicateurs, c'est parce qu'il espérait y voir le signe que le pic épidémique avait été dépassé. Un signe qui se fait manifestement attendre. 

Lors de son allocution, le président de la République sera "pragmatique", avec le souci d'être "efficace sanitairement, accepté sociétalement" tout en protégeant "économiquement et psychologiquement" le pays, a énoncé une source au sein de l'exécutif auprès de LCI. Pas de quoi lever, enfin, l'interminable suspense sur les annonces que doit faire Emmanuel Macron mercredi soir. 

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