Face à une situation sanitaire critique, Emmanuel Macron entre dans une semaine cruciale

Face à une situation sanitaire critique, Emmanuel Macron entre dans une semaine cruciale

MESURES SANITAIRES - Face à une pression épidémique en constante augmentation, l'exécutif a les yeux rivés sur les indicateurs. D'ici mercredi, il doit évaluer l'efficacité des mesures de freinage prises le 19 mars. À la clé : le statu quo ou des décisions plus radicales.

Les heures qui viennent ressemblent fort à celles qui avaient maintenu les Français en haleine, fin janvier dernier, avant qu'Emmanuel Macron décide finalement de ne pas reconfiner le pays. Des médecins qui multiplient les alertes et enjoignent l'exécutif de prendre des mesures immédiates, des critiques qui pleuvent dans l'opposition sur la stratégie retenue. À deux grandes différences près : cette fois, la dynamique des contaminations est clairement à la hausse, et les services de réanimation sont saturés dans plusieurs régions. 

C'est dans ce contexte extrêmement incertain que l'exécutif doit décider, dans les jours qui viennent, de prendre ou non de nouvelles mesures pour tenter de préserver les hôpitaux - si cela n'est pas trop tard, comme le laissent entendre certains médecins - d'une vague incontrôlable d'admissions.

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Heures décisives

"La bataille des prochains jours est simple", a prévenu Emmanuel Macron, selon des propos rapportés ce week-end par le JDD. "Nous allons regarder l’efficacité des mesures de freinage et nous prendrons si nécessaires celles qui s’imposent. Mais à cette heure, rien n'est décidé."

Si l'exécutif maintient sa ligne de conduite - il ne fermera les écoles et ne reconfinera le pays qu'en dernier recours -, la fébrilité est palpable. Olivier Véran "a assuré les médecins de la pleine conscience de la situation, et n'a aucune naïveté sur le sujet", assurait dimanche à LCI l'entourage du ministre de la Santé, après une réunion de crise avec les directeurs médicaux de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (APHP). "Mais il a insisté sur l'importance de mesures prises en temps voulu."

La marge de manœuvre est extrêmement ténue. Il ne s'agit plus de se donner quelques semaines, voire quelques jours de réflexion, comme ce fut le cas en janvier dernier. Il est désormais question d'heures. La semaine dernière, Olivier Véran avait indiqué attendre ce début de semaine pour connaître les premiers effets des mesures annoncées le 18 mars dans les départements sous tension. "Depuis le début de la crise, nous observons que lorsque nous prenons des mesures, nous commençons à ressentir un premier impact sur l'incidence de J+7 à J+10", justifiait vendredi son ministère auprès de LCI. "Ce délai n'est pas fixé par décision politique, il est empirique, nous l'avons observé. Évidemment, plus vous prenez de temps, plus vous verrez l'impact. Mais nous avons toujours observé ce décalage de 7 à 10 jours." 

Plus précisément encore, les autorités espèrent avoir une première évaluation de l'impact de ces mesures, qu'ils espèrent positif, d'ici mardi soir. 

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"Pousser jusqu'au bout la logique"

En ce début de semaine, Emmanuel Macron a investi à nouveau le terrain de la vaccination, dont l'accélération constitue à ses yeux le principal espoir d'éviter que la France ne connaisse le scénario noir vécu par le Royaume-Uni début janvier. Il se rend ce lundi à la CPAM du Val-de-Marne pour rencontrer les opérateurs d'une plateforme d'appel chargée de contacter les personnes de plus de 75 ans n'ayant pas encore été vaccinées. 

Mais au-delà de la campagne vaccinale, c'est bien sur le terrain des mesures sanitaires que le chef de l'État et son Premier ministre, Jean Castex, sont attendus cette semaine. Les ministres concernés se réuniront à Matignon, autour de Jean Castex, mardi soir. Le Conseil de défense sanitaire, prévu mercredi matin, devrait être l'occasion d'arbitrer. "Il n'y aura aucune décision prise avant le Conseil de défense", précisait dimanche à LCI une source gouvernementale, confirmait que les chiffres qui intéressent le gouvernement seront connus mardi. "La situation est grave, mais la stratégie reste la même, avec cette volonté de pousser jusqu'au bout la logique", confiait la même source. "Il est tout à fait possible que ça ne bouge pas encore cette semaine. Après, si la situation empire dans les écoles avec les nouvelles règles mises en place, si l'on en vient à fermer la moitié des établissements, ça s'imposera à nous. Si l'on durcit vraiment, je ne vois pas comment le Président ne l'annoncerait pas en prenant la parole mercredi."

"Si des mesures de freinage en plus sont nécessaires, elles seront prises", insistait une autre source au sein de l'exécutif, lundi auprès de LCI, tout en insistant sur la volonté de poursuivre dans la logique actuelle, à savoir soulager les services de réanimation en poursuivant les évacuations sanitaires, les déprogrammations, la mobilisation du secteur privé et de la réserve sanitaire. 

Au-delà du Conseil de défense, tout est donc possible. Si des décisions moins radicales devaient être prises qu'un confinement strict - à l'instar d'une extension des mesures actuelles à de nouveaux départements -, les annonces pourraient en revanche attendre jeudi soir, jour des conférences hebdomadaires dédiées à la situation épidémiologique. 

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