Vers un troisième confinement ? L'Élysée assure que rien n'est décidé

Reconfinement : pourquoi le gouvernement repousse sa décision

CONTAMINATIONS - Serons-nous à nouveau confinés d'ici 15 jours ? Avec la menace du nouveau variant anglais, la question se pose à nouveau et l'hypothèse revient avec insistance. Selon le JDD, "la décision est sur le point d'être prise". L'Élysée, de son côté, assure que ce n'est pas le cas.

La menace d'un troisième confinement se précise. L'exécutif, par la voix d'Olivier Véran le 21 janvier dans le 20H de TF1, avait expliqué qu'un nouveau confinement "deviendrait probablement une nécessité absolue" si la circulation du variant anglais augmentait "de façon sensible" et que "nous devions suivre une trajectoire à l'anglaise". 

Ce dimanche, "la décision est sur le point d'être prise" indiquaient des sources proches de l'exécutif citées dans l'édition du dimanche 24 janvier du JDD. Emmanuel Macron pourrait même prendre la parole dès mercredi soir, continue l'hebdomadaire dominical, après le conseil de défense sanitaire, pour une entrée de vigueur en fin de semaine. 

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Mais l'Élysée nous a fait savoir, ce dimanche soir, que la décision n'était pas arrêtée. "Très attaché à la cohérence des messages", l'exécutif souhaite toujours attendre, autant que les chiffres (et l'évolution de l'épidémie) le permettent, afin de consolider l'effet - ou pas - du couvre-feu avancé à 18h. Si la tendance du faux plat ascendant venait à s'infléchir grâce à la mesure généralisée depuis le 16 janvier sur tout le territoire, alors l'option du reconfinement ne serait plus sur table. Dans le cas inverse, des mesures devront être prises rapidement. 

Sollicité par LCI, Matignon ne dit pas autre chose : "Ne faisons pas d’anticipation négative. La décision dépendra des chiffres que nous aurons en milieu de semaine et elle n’a donc, par définition, pas encore été prise". Une source gouvernementale laisse tout de même entrevoir que si le calendrier fait encore l'objet de questions, la question du confinement, elle, est réglée : "Il faut mettre à profit cette période d’avant reconfinement pour faire de la pédagogie, de l’explication. Que la population comprenne. Le pire ? que le reconfinement soit contesté par les Français".

En dépit d'une campagne de vaccination qui a franchi, samedi, le cap du million de personnes traitées en France, l'hypothèse d'un 3e confinement fait toutefois de plus en plus sens du côté de la communauté scientifique qui s'inquiètent d'une hausse exponentielle de l'épidémie à cause du variant anglais, plus contagieux et même plus mortel selon les autorités anglaises. 

L’Inserm estime en effet que le mutant britannique deviendra dominant en France entre fin février et mi-mars et que, en l'absence de mesures, les nouvelles hospitalisations hebdomadaires devraient atteindre le niveau du pic de la première vague (environ 25,000 hospitalisations) entre mi-février et début avril.

Toutefois le ministre de la Santé veut "donner sa chance" au couvre-feu à 18H, ce que confirme cette même source : "Si on voit dans les jours à venir des effets positifs, on se dira peut-être qu'on a encore une ou deux semaines de marge de manœuvre. Mais ça nous semble peu probable que cela soit suffisant". Alors, à quoi doit-on s'attendre ?

Un reconfinement sans délai ?

Plusieurs spécialistes le demandent. "Plus on tarde à reconfiner malheureusement, plus les conséquences seront importantes et difficiles à gérer et plus le confinement lui-même sera long parce qu'on partira d'un niveau tellement élevé de pression qu'il faudra plusieurs semaines pour en venir à bout", soulignait ce samedi sur LCI le professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation à l'hôpital Poincaré de Garches. 

Le 24 janvier, sur LCI, la professeure Karine Lacombe, par ailleurs membre du Conseil scientifique, estimait que "le reconfinement apparaît vraiment irrémédiable. La question qui se pose maintenant, c'est dans quel délai ? Nous, scientifiques, considérons qu'on ne peut pas attendre. On ne peut pas attendre parce qu'il est toujours plus efficace d'être en préventif plutôt que de mettre en place un confinement alors qu'on est déjà au bord de craquer [dans les hôpitaux, ndlr]. Plusieurs indicateurs nous laissent penser qu'on est très proche d'une situation extrêmement dangereuse", a expliqué l'infectiologue ce dimanche du Grand Jury.

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Cette idée, déjà esquissée en avril dernier, par le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy, refait surface, mais le gouvernement semble avoir d'ores et déjà retoqué l'idée d'isoler les plus fragiles. Pourtant,  l'infectiologue et membre du comité vaccin Covid-19, Odile Launay penche en faveur de cette option dans la mesure où les vaccins arrivent. "Est-ce que ce confinement ne pourrait pas être proposé aux gens les plus à risque, ceux qui vont être très vite vaccinés ?", s'est-elle interrogée jeudi sur BFM. "Ça permettrait de maintenir une certaine vie économique en particulier pour nos plus jeunes", justifie la spécialiste.

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Un "auto-confinement" ?

Le Conseil scientifique a lui mis en avant un autre scénario dans un avis du 13 janvier. Comme il l'avait déjà préconisé en décembre pour contrer une troisième vague après les fêtes, il recommande fortement un auto-confinement "pour les personnes les plus âgées et présentant des comorbidités", notamment car ils ne sont pas encore tous vaccinés, et ce "durant la période des deux mois à venir". Il s’agit d’une "décision individuelle" qui pourrait être une "situation transitoire avant la vaccination", a-t-il précisé.

Pour l'heure, tous les yeux sont donc tournés vers le variant anglais. "Il faut suivre les indicateurs d'hospitalisation et de tension en réanimation, et surtout de circulation de ce variant parce que malheureusement si son taux double (selon une première cartographie de Santé Publique France, 1,4% des cas de Covid sont issus du variant anglais, ndlr), il faudra prendre des mesures pour prévenir l'hospitalisation et la mortalité des Français", a indiqué ce samedi sur LCI le docteur Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Poincaré de Garches.

"On est en fait dans la dernière chance", a résumé de son côté sur France Inter l'épidémiologiste de l'Institut Pasteur Arnaud Fontanet. Selon lui, le gouvernement essaie de peser le pour et le contre entre confinement et vie économique et sociale : "Ce que le gouvernement cherche à faire, c'est de voir si des mesures qui ressemblent au confinement, mais permettent de garder un peu de vie économique et sociale, parviennent à contrôler la progression du variant". Sera-t-il aussi strict que celui de mars, avec fermeture des écoles, ou plus allégé comme la version de novembre, "qui avait bien marché", reconnait une source gouvernementale à LCI ? Régional ou national ? L'exécutif va devoir trancher dans les prochains jours.

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