Covid-19 : pour Emmanuel Macron, 8 allocutions en 16 mois de pandémie

Covid-19 : pour Emmanuel Macron, 8 allocutions en 16 mois de pandémie

ANNONCES - Emmanuel Macron prononcera lundi 12 juillet sa 8e "adresse aux Français" relative à la crise sanitaire, face à la menace d'une quatrième vague. Une série record pour le chef de l'État, qui a dû reprendre la main à chaque tournant de l'épidémie.

Vœux du 31 décembre mis à part, il ne s'était plus exprimé sous cette forme devant les Français depuis le 31 mars dernier. Emmanuel Macron prononcera une allocution, ou "adresse aux Français", lundi 12 juillet, à 20 heures, pour détailler de possibles restrictions face à la menace de 4e vague que fait peser l'émergence du variant Delta du Covid-19, mais aussi esquisser des perspectives pour les neuf derniers mois de son quinquennat avant l'élection présidentielle.

Ce discours fera suite à un conseil de défense qui doit notamment trancher sur le recours à l'obligation vaccinale pour certaines professions, un possible durcissement aux frontières et une extension du pass sanitaire, pour l'instant limité aux grands rassemblements. 

Il s'agira de la 8e allocution sous cette forme depuis le début de la pandémie en mars 2020, sans compter deux interviews importantes, celle du 14 juillet 2020 puis celle accordée fin avril 2021 à la presse régionale. Ces prises de parole, qui ont enregistré des records historiques d'audience pour ce type d'exercice, ont rythmé le pays, marquant à leur façon les grandes étapes dans la gestion de la crise sanitaire. Elles ont également signé le retour forcé, à chaque fois, du chef de l'État sur le terrain purement sanitaire. 

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Depuis le début de la crise, en mars dernier, Emmanuel Macron est intervenu à chaque moment clé, laissant les phases intermédiaires à ses Premiers ministres - Edouard Philippe puis Jean Castex - ainsi qu'à son ministre de la Santé, Olivier Véran, ou à d'autres ministres pour les mesures relevant de leur portefeuille (école, aides aux entreprises, transports...)

La première allocution d'Emmanuel Macron remonte au 12 mars 2020, moment où l'épidémie explosait en France. Le chef de l'État s'était adressé aux Français durant une demi-heure pour annoncer la fermeture des écoles jusqu'à nouvel ordre, à un moment où les autorités craignaient encore que le milieu scolaire soit un lieu de diffusion massive du virus, appeler les personnes âgées fragiles à rester à leur domicile et l'ensemble de la population "à limiter les déplacements au strict nécessaire". Face à "la plus grave crise sanitaire qu'ait connu la France depuis un siècle, l'urgence est de freiner l'épidémie pour protéger nos hôpitaux", avait-il insisté. Il avait décidé à cette occasion de maintenir le premier tour des élections municipales, après avoir consulté les partis d'opposition. Une décision qui lui a été reprochée par la suite. La séquence avait attiré 19 millions de téléspectateurs.

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Coronavirus : l’allocution d'Emmanuel Macron

Quatre jours plus tard seulement, le 16 mars, Emmanuel Macron était revenu devant les Français. Une nouvelle allocution de 20 minutes au cours de laquelle, sur un ton martial, il avait martelé le fameux "nous sommes en guerre". "J'ai décidé de renforcer encore les mesures pour réduire nos déplacements et nos contacts au strict nécessaire", avait-il annoncé aux Français, ouvrant alors la voie au confinement. Il avait annoncé du même coup le report du second tour des élections municipales. L'audience : 35,3 millions de téléspectateurs.

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Confinement, report des municipales : revivez l'allocution d'Emmanuel Macron sur le coronavirus

La troisième intervention de ce type date du 13 avril 2020. "Les résultats sont là", avait annoncé le chef de l'État à des Français confinés depuis trois semaines, estimant que le confinement avait permis de désaturer les urgences hospitalières et annonçant la réouverture progressive des écoles. Durant ce nouveau discours d'une demi-heure, il avait annoncé le prolongement du confinement jusqu'au 11 mai, fixant ainsi un objectif de sortie de crise, concomitant avec la montée en puissance des tests et de la production de ces masques qui avaient tant manqué dans la première phase. Près de 36,7 millions de téléspectateurs avaient suivi ce discours, un record absolu. 

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"Le confinement le plus strict doit encore se poursuivre jusqu'au lundi 11 mai" : revivez l'allocution d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron plus en retrait après le déconfinement

Les interventions du chef de l'État s'étaient espacées après le 11 mai. Il a toutefois livré sa quatrième allocution, d'une vingtaine de minutes, le 14 juin, devant 23,6 millions de téléspectateurs, alors que la situation sanitaire s'améliorait nettement sur l'ensemble du territoire et que l'heure était à l'optimisme. De nombreux territoires étaient repassés en vert et les restaurants avaient été autorisés à rouvrir dans les zones rouges. "Les crèches, les écoles, les collèges se prépareront à accueillir à partir du 22 juin tous les élèves de manière obligatoire et selon les règles de présence normales", avait également annoncé le chef de l'État. Les rassemblements, en revanche, devaient rester encadrés. 

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L'intégralité de l'allocution d'Emmanuel Macron du 14 juin 2020

Sur un modèle moins martial, Emmanuel Macron avait accordé  une interview, le 14 juillet 2020, qui avait réuni pas moins de 8,1 millions de téléspectateurs, les Français se questionnant notamment sur leurs vacances d'été. Le président de la République avait souhaité se projeter davantage dans le moyen terme, présentant les contours de son plan de relance, tout en annonçant des mesures sanitaires de court terme, comme le port obligatoire du masque dans les lieux clos. 

Les décisions de l'automne 2020 sous le signe de la 2e vague

Après la parenthèse estivale, le dur retour à la réalité de l'épidémie avait été marquée par une prise de parole, le 28 octobre 2020, lorsque les services hospitaliers s'étaient retrouvés à nouveau submergés par la deuxième vague du Covid-19. Emmanuel Macron avait acté un reconfinement du pays, avec le retour des déplacements limités, l'interdiction des réunions privées et des rassemblements et la fermeture des commerces "non essentiels" - dont la liste a été rallongée depuis lors. Le chef de l'État avait toutefois théorisé à cette occasion la sanctuarisation des écoles, décidant de les maintenir ouvertes en contrepartie d'un protocole renforcé. De même, les visites dans les Ehpad avaient été maintenues. L'audience : 32,7 millions de téléspectateurs. 

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La France reconfinée : l’intégrale de l’allocution d’Emmanuel Macron

Près de quatre semaines plus tard, le 24 novembre, Emmanuel Macron était revenu devant les Français pour faire le bilan de ce second confinement, mais surtout pour fixer des étapes pour la suite. Actant l'amélioration de la situation sanitaire, le président de la République avait présenté à près de 29 millions de téléspectateurs un calendrier en trois dates, avec dans un premier temps le maintien du confinement accompagné d'un allègement (rayon de 20 km, limités à trois heures pour se déplacer, autorisation des activités extrascolaires en plein air, réouverture des commerces...), puis la levée du confinement au 15 décembre, et enfin la réouverture au 20 janvier des salles de sport et des restaurants - un objectif qui n'a pas été réalisé, avec l'arrivée des variants. Les Français avaient également découvert à cette occasion le principe du couvre-feu, encore en vigueur à ce jour. 

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L’intégrale de l’allocution d’Emmanuel Macron

"Nous devons tout faire pour éviter une troisième vague et donc un troisième confinement", avait alors conclu le chef de l'État. La France dénombrait alors 50.000 décès liés à l'épidémie. À l'heure de cette troisième vague tant redoutée, elle en déplore aujourd'hui près de 100.000. 

31 mars 2021 : la troisième vague

Emmanuel Macron avait prononcé une nouvelle "adresse aux Français" le 31 mars 2021, face à l'arrivée de la troisième vague de la pandémie en France, à la suite d'un conseil de défense qui s'était tenu dans la matinée dans un contexte de tension extrême dans les services de réanimation des hôpitaux dans les départements sous tension, et alors que l'exécutif avait déjà renforcé les mesures restrictives une semaine plus tôt. 

"J’appelle à la mobilisation de chacun pour ce mois d’avril où se joue beaucoup", avait-il lancé à près de 30,8 millions de téléspectateurs, annonçant la généralisation du couvre-feu à 19 heures et de l'attestation pour les déplacements de plus de 10 km, la fermeture des commerces "non essentiels", la limitation des rassemblements, mais aussi la fermeture des écoles pour trois semaines avec des vacances de printemps anticipées. 

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"Il faut freiner le virus" : revoir l'intégralité de l'allocution de Macron

Le chef de l'État, qui avait promis de revenir devant les Français au bout d'un mois, avait opté, le 29 avril, pour une interview donnée à plusieurs titres de la presse quotidienne régionale. Il y annonçait un assouplissement progressif des règles sanitaires en quatre dates-clés, du 3 mai au 30 juin. "Il nous faut retrouver notre art de vivre à la française", déclarait-il à l'occasion, détaillant les modalités de suppression du couvre-feu et de réouverture des restaurants, salles de spectacles, cinémas et musées. 

"Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d'accès qui différencie les Français", avait-il également promis à cette occasion. "Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis." 

"Est-ce que je peux vous dire, les yeux dans les yeux, qu'on ne sera plus jamais débordé par ce virus ? C'est impossible [...] Peut-être aurons-nous à vivre avec le virus pendant des années et à nous refaire vacciner chaque année", avait-il aussi reconnu.

C'est enfin dans cette interview qu'Emmanuel Macron avait annoncé son intention d'aller sillonner la France pour "prendre le pouls du pays" et inventer "un deuxième temps de la relance", ce nouveau chapitre, aujourd'hui perturbé par le variant Delta, sur lequel Emmanuel Macron est attendu le 12 juillet. 

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