Présidentielle : Docteur Philippe, Mister Juvin, médecin médiatique et nouveau candidat à droite

Présidentielle : Docteur Philippe, Mister Juvin, médecin médiatique et nouveau candidat à droite

FIGURE MONTANTE - Il est devenu depuis le printemps 2020 l'un des médecins médiatiques de la crise sanitaire. Chef des urgences de l'hôpital Pompidou à Paris et maire LR de La Garenne-Colombes, Philippe Juvin jongle a annoncé mardi sa candidature à une possible primaire à droite.

Dans la crise du Covid-19, il y a d'un côté le monde médical et scientifique, de l'autre le monde politique. S'il y a parfois des interférences entre les experts et le pouvoir, la frontière entre ces deux mondes est restée relativement étanche depuis le début de la pandémie en France. Et pourtant : à la jonction de ces deux univers, il y a Philippe Juvin, qui a annoncé mardi 27 juillet qu'il serait candidat à la candidature pour la présidentielle. 

Son visage n'est connu du grand public que depuis le printemps dernier. Avec sa blouse blanche, les murs de l'hôpital en toile de fond, le chef du service des urgences de Pompidou a vite crevé l'écran, s'imposant comme l'une des grandes figures médicales de la crise sanitaire. Alors que les médias se cherchaient des experts, son aisance et sa capacité à faire passer des messages simples ont fait mouche. Tour à tour en acteur de la pandémie, en témoin des urgences saturées, en pédagogue des mesures sanitaires puis en accusateur en chef du gouvernement, Philippe Juvin n'a cessé de jouer à la frontière entre le médical et le politique, entre le consensuel et le polémique. 

"Je suis probablement un peu meilleur maire parce que je suis chef de service et médecin, et probablement un peu meilleur chef de service parce que je suis maire. C'est le même métier, vous savez", expliquait-il d'ailleurs en janvier dernier sur LCI. 

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Long parcours politico-médical

Si son visage n'est connu des Français que depuis dix mois, Philippe Juvin, 57 ans, n'est un novice dans aucun de ses deux domaines de prédilection, qui forment deux carrières en une. Sur le plan politique, il a conquis son premier mandat de conseiller municipal à 19 ans, en 1983, avant de prendre la mairie de la Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) en 2001 - commune dans laquelle il vient de rempiler pour un 4e mandat - sous l'étiquette du RPR, de l'UMP puis de LR. 

Philippe Juvin a grandi dans l'ombre de l'ancien patron des Hauts-de-Seine : Nicolas Sarkozy. Il a pris la vice-présidence du conseil général de 2004 à 2009 faute d'avoir réussi à succéder à son mentor à la tête du département, avant de devenir député européen durant la décennie suivante. Philippe Juvin a surtout été l'artisan du programme de Nicolas Sarkozy en matière de santé, durant la campagne présidentielle de 2007. Un projet qui prévoyait notamment le regroupement des hôpitaux et la création de ces Agences régionales de santé (ARS) que certains parlementaires LR veulent aujourd'hui supprimer. L'élu est également le patron de la fédération LR des Hauts-de-Seine. 

Sur le plan médical aussi, Philippe Juvin a rapidement gravi les échelons. Interne des Hôpitaux de Paris, il n'a pas encore 30 ans lorsqu'il devient chef de clinique à Bichat. Devenu professeur de médecine à 39 ans, spécialisé en anesthésie-réanimation puis en médecine d'urgence, il officiera jusqu'en 2012 comme chef des urgences à Beaujon, avant de prendre le même poste à l'hôpital Pompidou - la nomination de ce proche de Nicolas Sarkozy n'ayant pas été sans créer de remous au départ

Une double vie assumée par ce responsable LR, qui explique, dans son ouvrage consacré à la crise sanitaire actuelle - "Je ne tromperai jamais leur confiance" (Gallimard) - avoir vu "déferler" la pandémie "de ces deux terrains, l'hôpital et la mairie", entre les urgences d'une part, la campagne des municipales de l'autre. 

Outsider pour 2022

Dans le paysage accidenté de la droite française, l'émergence de l'ambitieux professeur Juvin ne peut pas passer inaperçue. Ce dernier avait déjà fait comprendre qu'il s'intéresserait à une primaire LR en vue de la présidentielle, si celle-ci était organisée pour départager des candidats. "J'ai envie de participer au grand débat", expliquait-il plus prudemment en janvier sur notre antenne. "Il y a un grand désordre en France et je veux faire profiter à ma famille politique et à mon pays de l'expérience que j'ai acquise durant cette épidémie."

Durant les longs mois de crise sanitaire, il n'a d'ailleurs pas retenu ses coups contre le gouvernement, et en particulier cet autre médecin, Olivier Véran, devenu ministre de la Santé, auquel il reproche d'avoir loupé la campagne de vaccination. Plutôt cordiales au départ, les relations entre les deux hommes se sont tendues. Lors d'un débat, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait accusé Philippe Juvin de réécrire l'histoire, voire de mentir, en se donnant le beau rôle au début de la pandémie. Olivier Véran a répliqué directement aux attaques de l'intéressé pour défendre son plan de vaccination. 

L'heure est donc venue, pour le médecin, d'affronter les ténors de la droite, dont plusieurs - Xavier Bertrand, Bruno Retailleau, Valérie Pécresse ont d'ores et déjà annoncé leurs intentions. "En cinq ans, Emmanuel Macron a dressé les Français les uns contre les autres. La communication a remplacé la recherche de solutions", a-t-il expliqué mardi sur CNews. "Des solutions de bon sens existent. Je les défendrai dans une primaire de la droite et du centre." À condition, bien sûr, que ses concurrents se mettent d'accord sur le principe d'une primaire à l'automne. 

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