Vaccination AstraZeneca : les médecins demandent "des excuses" à Olivier Véran et Jean Castex

Vaccination AstraZeneca : les médecins demandent "des excuses" à Olivier Véran et Jean Castex

COUAC - L'interruption des livraisons de vaccins AstraZeneca annoncée cette semaine a suscité la colère des médecins, appelés depuis le 25 février à vacciner leurs patients en ville. Ces derniers réclament "des excuses" publiques.

Voilà une brèche dans la campagne de vaccination dont Jean Castex se serait bien passé. Alors que l'exécutif savourait tout juste la réussite de la campagne éclair de vaccination du week-end, la DGS a dû annoncer lundi soir aux médecins généralistes qu'ils subiraient une interruption des livraisons de vaccins AstraZeneca, qu'ils peuvent injecter à leurs patients dans leurs cabinets médicaux depuis le 25 février. La principale raison invoquée est la nécessité d'approvisionner les pharmacies, autorisées à leur tour à vacciner. La conséquence, directe, est l'annulation de rendez-vous pris cette semaine, ou qui devaient l'être la semaine prochaine. 

Depuis cette annonce, la colère des praticiens ne faiblit pas. "Il serait temps d’arrêter les coups de communication comme ce fut le cas le week-end dernier, alors que nous nous sommes retrouvés sans vaccins, le lundi", a déploré le docteur Jean-Paul Hamon, président d'honneur de la Fédération des médecins de France, mercredi au Figaro. "Si 30 doses sont disponibles, nous prenons 30 rendez-vous. Annuler les rendez-vous complique la logistique mise en place et les médecins ont autre chose à faire en cette période de crise sanitaire."

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Covid-19 : le défi de la vaccination

"On nous a fait le grand show médiatique d’accélération de la communication le week-end dernier, et enfin lundi, des centres de vaccinations ont été obligés de fermer parce qu’il n’y avait plus de vaccins. À un moment donné, ça nous met très en colère !", a dénoncé pour sa part, jeudi sur LCI, le docteur Christophe Prudhomme, de l'Association des médecins urgentistes de France. 

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Face à la colère, Jean Castex a convié les syndicats de médecins mercredi soir à une réunion afin de tenter d'apaiser les grosses tensions qui s'accumulent depuis le début de la semaine. "Il y a urgence à réconcilier le gouvernement et les médecins généralistes", s'inquiétait un conseiller de l'exécutif auprès de LCI. "De part et d'autre, on doit faire un pas, il faut arrêter de se taper dessus." Lors de cette réunion, le Premier ministre a rappelé aux médecins qu'ils sont la pierre angulaire de la stratégie de vaccination, selon les éléments communiqués à LCI. Il a également demandé au ministre de la Santé, Olivier Véran, d'écrire aux médecins ce jeudi afin de préciser un certain nombre "d'engagements réciproques" sur la poursuite de la vaccination. 

Pas sûr que l'initiative suffisent à les apaiser. "On a exprimé le sentiment de mépris et de colère sur le terrain", confiait mercredi soir à LCI le représentant d'un syndicat présent à cette réunion. "J'attendais des réponses claires et je n'ai pas eu d'éclaircissement. Je comprends que le gouvernement soit soumis aux aléas des arrivées des différents laboratoires, mais tout cela est très décevant." 

Jeudi, dans un communiqué, la Fédération des médecins de France a décrit "une réunion lunaire", avec "l'impression d'être dans le bureau du proviseur qui tente, vous enfants, de vous rabibocher avec le professeur". Le syndicat a réclamé "qu'un courrier d'excuses soit adressé à l'ensemble des médecins pour les erreurs de communication qui les ont rendu responsables d'un ralentissement de la vaccination lors même qu'on a constaté leur forte mobilisation, mais des défauts de stock."  Il demande également "des paroles publiques" de la part d'Olivier Véran "reconnaissant la mobilisation de la médecine dite de ville, lors de sa prochaine intervention télévisée". La prise de parole attendue du ministre de la Santé, jeudi à 18 heures, sera sans doute particulièrement suivi par les généralistes.

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