Creil, Le Touquet... Pourquoi des maires instaurent le couvre-feu sans y être obligés

Creil, Le Touquet... Pourquoi des maires instaurent le couvre-feu sans y être obligés

MESURES SANITAIRES - Alors que l'exécutif impose samedi le couvre-feu en Ile-de-France et dans huit métropoles, des communes non concernées instaurent également cette mesure ou l'envisagent, afin de prévenir une possible aggravation.

Le couvre-feu instauré à partir de samedi sur une partie du territoire va-t-il faire des émules ? Alors que le gouvernement impose cette mesure en Ile-de-France et dans huit métropoles, soit plus de 1600 communes concernées, d'autres municipalités qui ont échappé à ce périmètre décident elles aussi d'imposer à leurs habitants l'interdiction de sortie nocturne.

En mars dernier, au début du confinement, une centaine de maires avaient déjà pris des arrêtés allant dans ce sens, sans consigne nationale, avec l'aval ou non du préfet. Cette fois encore, ce sont des considérations locales qui ont poussé ces édiles à adopter le couvre-feu. 

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La crainte d'un afflux de vacanciers

Dans les Hauts-de-France, où seule l'agglomération de Lille est concernée, le maire LR du Touquet (Pas-de-Calais) a annoncé qu'il allait imposer un couvre-feu à minuit, avec fermeture des restaurants dès 23h30. Daniel Fasquelle a justifié cette mesure, sur LCI, par la nécessité de prévenir les conséquences d'un afflux de touristes alors que sa commune a évité jusqu'ici une nouvelle flambée de l'épidémie. 

"Je veux rassurer ceux qui pourraient venir dans la station et leur dire que nous prenons toutes les précautions pour qu'ils viennent en toute sérénité", a expliqué le maire. Pour ce dernier, le gouvernement, en encourageant les Français à partir en vacances à la Toussaint, risque de "déplacer le problème". "On a une poussée du virus dans les métropoles, et le risque est de déplacer l'épidémie. Je dois protéger la population permanente ainsi que les touristes qui viennent."

Daniel Fasquelle a reconnu que le préfet du département s'est pour l'heure "montré réticent" à cette mesure, appelant l'Etat à "accompagner" la municipalité pour "faire respecter la mesure". 

Anticiper une aggravation

Une autre municipalité, celle de Creil (Oise), épicentre de la première vague, a pris la même décision, comme elle l'avait fait en mars. Alors que la préfecture de l'Oise pourrait rapidement faire basculer le département en zone d'alerte renforcée en raison de la situation épidémiologique, le maire PS de cette commune, Jean-Claude Villemain, a indiqué au Parisien qu'il comptait prendre un arrêté instaurant le couvre-feu à partir de mardi, de 22 heures à 6 heures. 

"Je ne veux pas être un complice tacite de la mort de certains habitants", a-t-il martelé, affirmant qu'il voulait "anticiper" et "freiner au maximum la diffusion de ce virus". L'arrêté devait être publié dans la journée de vendredi. Sollicitée par LCI sur ce dernier point, la mairie de Creil n'avait pas confirmé l'information dans l'après-midi.

D'autres communes pourraient être concernées par le couvre-feu alors qu'elles sont situées à l'extérieur du périmètre d'une agglomération. C'est le cas autour de la métropole de Toulouse, où des intercommunalités limitrophes ont été placées en alerte maximale et devraient par conséquent suivre le mouvement. 

Enfin, plusieurs villes où la situation épidémique est très tendue ont d'ores et déjà prévenu leurs administrés d'une possible évolution vers un couvre-feu, même si le scénario restait écarté vendredi. A Caen (Calvados), le maire Joël Bruneau a indiqué vendredi que sa ville risquait de se retrouver "très rapidement dans la situation des métropoles françaises qui vont subir un couvre-feu", en appelant "à la responsabilité" des habitants. La ville de Tours (Indre-et-Loire) est également sous surveillance, la préfète du département Marie Lajus ayant indiqué qu'à ce stade, "seule une réaction et une responsabilisation individuelles peuvent permettre d'éviter un couvre-feu". 

Au printemps dernier, durant la première vague, de nombreux arrêtés instaurant le couvre-feu avaient été suspendus par la justice, en raison des motifs invoqués. En revanche, le couvre-feu instauré par la mairie de Nice, attaqué la Ligue des droits de l'homme au nom des libertés publiques, avait alors été validé par le Conseil d'Etat. "La légalité de mesures décidées par un maire et restreignant la liberté de circulation et déplacement du public est subordonnée à la double condition qu’elles soient justifiées par l’existence de risques particuliers dans les secteurs pour lesquels elles sont édictées et qu’elles soient adaptées par leur contenu à l’objectif de protection pris en compte", avait alors estimé le tribunal administratif. Ce dernier avait notamment estimé que les nombreuses infractions aux règles du confinement avaient justifié cette mesure. 

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