Fabrication de vaccins en France : Hervé Morin déplore "le choix de sacrifier notre appareil industriel"

Fabrication de vaccins en France : Hervé Morin déplore "le choix de sacrifier notre appareil industriel"

L'INTERVIEW POLITIQUE - Le président "Les Centristes" de la région Normandie se demande si la crise sanitaire n'est pas "le troisième décrochage européen", alors que "l'Asie et les États-Unis sont déjà repartis à fond".

Une campagne de vaccination qui s'intensifie, et des doses désormais en partie fabriquées dans nos régions. "Nous allons accueillir la première usine qui va produire le vaccin" contre le Covid-19, indique sur LCI Hervé Morin, président (Les Centristes) de la région Normandie. "Nous allons ensuite avoir une deuxième usine qui va produire le vaccin CureVac, qui devrait être mis sur le marché fin avril ou au mois de mai. Ainsi, nous pouvons espérer avoir massivement des doses à la fin du printemps."

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Toutefois, derrière ces bonnes nouvelles, l'ancien ministre de la Défense s'inquiète des conséquences de la crise sanitaire sur le continent. "Après les deux guerres, n'est-ce pas le troisième décrochage européen ?", se demande Hervé Morin. "Les États-Unis et l'Asie sont déjà repartis à fond. Nous, nous avons des entreprises avec de grandes difficultés d'approvisionnement. L'Europe va-t-elle être capable de se redresser ?"

"Quand il y a de la vie dans un village, c'est qu'il y a une usine pas loin"

Le président de la région Normandie, candidat à sa réélection, regrette notamment la faiblesse du tissu industriel dans le pays. "Nous décrochons parce que nous avons fait des choix collectifs qui nous ont amené dans cette situation, le choix de sacrifier notre appareil industriel", admet-il. "Aujourd'hui, on le paie cher. Je suis dans la région la plus industrielle de France : 22% du PIB régional, c'est l'industrie. En France, c'est 10%. Dans les pays européens, il n'y a que la Grèce qui est derrière nous. Pourtant, c'est 30 à 35% de l'emploi, notamment dans les départements ruraux."

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"La stratégie collective du pays depuis 20 ou 25 ans a été de créer les conditions qui ont amené des choix de délocalisation, de prélèvements obligatoires trop élevés", poursuit Hervé Morin. Pourtant, "à chaque fois qu'il y a une usine, un bassin d'emploi qui a la chance d'avoir un outil industriel performant, efficace, créant de la valeur, il y a des bassins de vie qui se portent bien", estime-t-il.

"Quand vous entrez dans un village, quand il y a des commerces, de la vie, de jolis aménagements, c'est qu'il y a une usine pas loin. Dans ma région, nous avons tout fait pour maintenir l'outil industriel, pour lui permettre de se développer", défend l'ancien ministre. "Nous entrons dans le capital de l'entreprise, nous créons des prêts participatifs permettant de restructurer la dette. Nous avons vraiment essayé de créer les conditions maximales pour que chaque entreprise puisse participer à la relance."

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