Covid-19 : "Les gens ne se rendent pas compte", alerte le directeur de crise de Lariboisière

 Covid-19 : "Les gens ne se rendent pas compte", alerte le directeur de crise de Lariboisière

INQUIETUDE - Invité politique vendredi 23 octobre, le professeur Étienne Gayat, directeur de la cellule de crise à Lariboisière et anesthésiste-réanimateur, réagit sur la situation sanitaire du pays alors que le couvre-feu s’étend à 54 départements pour empêcher la saturation des hôpitaux en France.

"Le mois de novembre sera éprouvant". C’est sous ce sombre augure que le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé, jeudi 22 octobre, que 54 départements sont désormais concernés par le couvre-feu. Selon le professeur Étienne Gayat, directeur de la cellule de crise à Lariboisière et anesthésiste-réanimateur, invité vendredi 23 octobre sur LCI, il ne nous reste effectivement plus beaucoup de temps "avant la saturation du système de santé pour limiter la circulation du virus et donc faire baisser le nombre de contaminations". D'autant que "pour faire face à l'accueil de ces patients, on commence à déprogrammer certaines activités et ce peut être impactant pour les patients non-Covid" : "Les contaminations d'aujourd'hui vont amener à des hospitalisations dans les 10 à 15 jours qui suivent", ajoute-t-il.

Le professeur se dit donc "inquiet", "parce qu'on ne voit pas arriver ce moment où les indicateurs baissent. Pour l'instant, ils ne font qu'augmenter" : "On est collectivement sur la ligne de crête, insiste-t-il. La responsabilité de limiter la circulation du virus, elle est collective [...] Les gens ne se rendent pas compte de ce qui se passe". Il déplore notamment "quand de 18h à 21h, on circule dans les rues de Paris et qu'on voit des bars plein de gens très proches et sans masques, on se dit que la responsabilité collective n'est pas prise. Oui, c'est irresponsable".

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Trouver le juste milieu entre tout arrêter et laisser le virus circuler- Etienne Gayat

Le couvre-feu s’étend ce samedi minuit à 54 départements pour empêcher la saturation des hôpitaux en France qui doivent ouvrir de nouveaux lits en réanimation, déprogrammer les interventions non urgentes et envisager des transferts de patients. La bonne solution ? Sur ce sujet, le directeur de la cellule de crise à Lariboisière se veut confiant. Il pense que "dans une semaine, on commencera à voir les effets" de ces couvre-feux rappelant que "les mesures de confinement de la première vague ont porté leurs fruits au bout de 15 jours".  "Une maladie contagieuse, depuis la nuit des temps, se traite par l'isolement, insiste-t-il. Après, c'est de trouver le juste milieu entre tout arrêter et laisser le virus circuler".

Présent aux côtés de Jean Castex et Olivier Véran lors du point presse ce jeudi, le professeur Gayat avait constaté "le placement de couples en réanimation", témoignant d’une "distribution de l’âge" des patients actuellement hospitalisés similaire à celle du printemps, avec 50% de malades âgés de moins de 60 ans : "Globalement, les patients jeunes font moins de formes graves, mais il y a aussi des patients jeunes qui n'ont pas de comorbidités particulières et qui font des formes graves, explicite-t-il, rappelant le caractère paradoxal, imprévisible du virus. Aujourd’hui, on a une distribution des âges qui est très, très proche de celle de la première vague."

Faut-il alors envisager, comme lors de la première vague, des transferts de malades vers les régions les moins touchées ? "Tout est envisagé, aujourd'hui, il faut continuer à étudier ces solutions, ce sera un recours" admet-il.  

Idéalement, il faudrait selon le professeur Étienne Gayat "augmenter le nombre de prélèvements par semaine (1.600.000 par semaine)" : "Si on veut détecter des gens asymptomatiques, il faudrait organiser des campagnes systématiques, à grande échelle si on en a les moyens". Pour l'heure, afin d'éviter un reconfinement, la conviction profonde du professeur consiste à dire aux Français de "jouer collectif" : si on se reconfine, "ce sera notre responsabilité et ce sera une très mauvaise nouvelle sur le plan de la santé pour les patients Covid amis aussi non-Covid pour qui l’accès à l’hôpital et aux soins sera plus difficile", conclut-il.

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