Faut-il reporter les élections régionales ? Le Conseil scientifique refuse de trancher

Jean Castex, le 17 mars 2021.

TERRITOIRES - Faut-il repousser les élections régionales et départementales prévues en juin prochain ? Le Conseil scientifique a refusé de trancher, laissant au gouvernement le soin de le faire. L'opposition est contre, mais la majorité divisée.

Le Conseil scientifique a décidé de ne pas trancher. Dans son avis remis ce lundi à Jean Castex sur l'éventuel report des élections régionales et départementales en juin, il laisse au chef du gouvernement la responsabilité de maintenir ou décaler le scrutin. Alors que le Premier ministre avait annoncé qu'il se fierait aux recommandations du Conseil scientifique, il va finalement devoir trancher.

Dans son avis, le Conseil prend soin de rappeler qu'il ne s'attache qu'aux "considérations strictement sanitaires", laissant donc les "autorités publiques" prendre "les décisions qui leur incombent" et qui sont "éminemment politiques". Il précise aussi ne pas prendre "en compte des éléments plus généraux, par exemple relatifs à l’importance des élections pour la vie démocratique, aux effets de l’abstention, à la sincérité des scrutins, à la constitutionnalité des options envisagées ni aux calendriers électoraux, y compris présidentiels".

Matignon a fait savoir que "comme prévu par la loi, le gouvernement remettra au Parlement d'ici le 1er avril un rapport sur la base de cet avis, qui donnera lieu également à une consultation des formations politiques". Dans l'opposition, tout le monde est pour maintenir le scrutin en juin prochain. Le président de LR Christian Jacob s'est déclaré mardi sur franceinfo "pour le maintien des élections en juin en respectant un protocole sanitaire strict", qui s'appuierait sur les préconisations du Conseil scientifique "pour limiter au maximum les risques".

La démocratie doit vivre quel que soit l'état sanitaire du pays"- Sébastien Chenu (RN)

Du côté du RN, son porte-parole Sébastien Chenu, tête de liste dans les Hauts-de-France, a estimé sur franceinfo TV que "la démocratie doit vivre quel que soit l'état sanitaire du pays, même en pandémie". Il a rappelé que d'autres pays comme les Etats-Unis, le Portugal et plus récemment les Pays-Bas ont récemment organisé des élections, malgré le virus.

A gauche, le premier secrétaire du PS a également souhaité le maintien en juin "car la démocratie doit continuer à suivre son cours". Si la France était "le seul pays à changer son agenda, ce serait là aussi un grave échec" pour elle, a prévenu Olivier Faure sur LCI. "Il faut que les conditions soient à peu près correctes", affirme le député LFI Eric Coquerel, craignant un téléscopage avec la présidentielle de mai 2022 en cas de report des régionales à l'automne. "Cela va être compliqué avec les comptes de campagne pour la présidentielle", a-t-il prévenu. 

Les associations d'élus sont sur la même ligne. Le président de l'Assemblée des départements de France (ADF) Dominique Bussereau, a réaffirmé qu'il souhaitait le maintien des élections régionales et départementales en juin "en tenant compte de l'avis du Conseil scientifique sur les mesures à prendre". Le 22 mars dernier, l'association des maires de France (AMF) avait publié un communiqué appelant à respecter "le calendrier électoral voté récemment par le Parlement". Le 21 mars, dix présidents de région avaient publié une tribune pour le maintien des élections aux dates prévues.

La majorité divisée

Du côté de la majorité, les avis sont plus partagés. Sur France 2, la députée LaREM Yaël Braun-Pivet s'est déclarée pour le maintien : "Les élections doivent avoir lieu le moment venu, et le moment venu c'est juin". Du côté du MoDem, en revanche, le député Bruno Fuchs est favorable à un "report au mois de septembre ou d'octobre", mettant en avant les difficultés de faire campagne et rappelant l'abstention historique qui avait marqué les municipales il y a un an. "Si on veut continuer à ce que les citoyens ne s'intéressent pas à des élections, faisons-les à des moments où il est impossible de faire campagne fortement", a-t-il prévenu sur Radio J. "Il n'y a pas de bonne solution", reconnaît le député Olivier Becht, patron du groupe allié Agir. 

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La ministre chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a indiqué qu'elle serait "auditionnée au Sénat le (jeudi) 1er avril pour présenter la position officielle du gouvernement". "Nous avons encore besoin d'étudier l'avis" très mitigé sur les conditions sanitaires pour ces élections prévues les 13 et 20 juin, a-t-elle ajouté, alors que la troisième vague de coronavirus frappe actuellement la France. Le calendrier fixé lors de l'approbation cet hiver du renvoi de ces scrutins, programmés initialement en mars, prévoit une clause de revoyure pour confirmer début avril les dates de juin sur la base de l'avis du Conseil scientifique.

Alors que ces élections s'annoncent difficiles pour le parti présidentiel, a-t-il un intérêt à les reporter ? "La tôle, on se la prendra en juin ou en octobre", indiquait, fataliste, une source gouvernementale à LCI la semaine dernière.

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