Sonné par les attaques sur sa stratégie vaccinale, l'exécutif se décide à riposter

Sonné par les attaques sur sa stratégie vaccinale, l'exécutif se décide à riposter

CRISE DU COVID - Attaqué sur tous les fronts durant la première semaine de vaccination contre le Covid-19, l'exécutif tente de reprendre en main sa communication en rendant coup pour coup à l'opposition, principalement par la voix de son porte-parole Gabriel Attal.

Sonné mais pas coulé ? Violemment critiqué par l'opposition durant les premiers jours de la campagne de vaccination, l'exécutif tente de reprendre la main dans cette phase cruciale de la crise sanitaire. Après un changement de stratégie qui s'est traduit par une accélération - près de 100.000 personnes ont été vaccinées à ce jour, contre 2000 le 4 janvier -, le gouvernement s'est également entouré de nouveaux communicants, qui auront la lourde charge de convaincre l'opinion du bien fondé tant de sa stratégie que du vaccin lui-même face à pandémie.

Mais au-delà de la sollicitation des services du cabinet McKinsey, la riposte se place également sur le terrain politique, avec un changement de ton assez net au cours des derniers jours. Manifestement agacé des critiques à répétition venant des élus locaux, tantôt sur l'organisation de la vaccination, tantôt sur la gestion des mesures sanitaires - dernier épisode en date, l'avancée du couvre-feu à 18h dans 15, puis 25 départements -, le pouvoir s'est décidé à répondre, mais de façon graduée.

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Gabriel Attal en première ligne

La charge de la riposte incombe manifestement au porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Ce dernier a dû répondre d'abord aux pressions des présidents de régions, qui ont été les premiers à fustiger la lenteur des premiers jours et à dénoncer le manque de concertation sur le plan de vaccination, de Jean Rottner (Grand Est) à Xavier Bertrand (Hauts de France) en passant par Hervé Morin (Normandie). Ce dernier a notamment suggéré au gouvernement de laisser les régions passer des commandes de vaccins directement auprès des laboratoires afin de renforcer les stocks, hypothèse que l'exécutif a sèchement repoussée, rappelant que la négociation des contrats relevait exclusivement du cadre européen.

"Ce que j'ai entendu, notamment de la part du président de la région Normandie, c'est qu'il déplorait un manque d'association des régions à la définition de la politique vaccinale", a répondu Gabriel Attal la semaine dernière. "Je pense que vous pouvez vous référer à des déclarations de présidents de régions qui, début décembre, saluaient à ce moment leur association." 

Gabriel Attal est également parti en mission contre les déclarations de plusieurs élus locaux mettant en cause le dispositif sanitaire. Lors d'un débat sur France 2 face à Philippe Juvin, médiatique chef des urgences de l'hôpital Pompidou, maire LR de la Garenne-Colombes et grand pourfendeur de l'exécutif, il a accusé ce dernier d'avoir tenu des propos contradictoires au sujet du début de la crise du Covid-19, notamment à propos de l'efficacité du confinement. 

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Dernier épisode en date : les accusations de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Celle-ci, possible candidate de gauche à la présidentielle, a étrillé ce week-end dans Le JDD la logistique du gouvernement, estimant qu'"avec de telles carences, le Débarquement de juin 1944 aurait échoué". Ce qui a valu une réaction qui tranche avec le pacte de non-agression qui régissait jusqu'ici, tant bien que mal, les relations entre l'État et la capitale. 

"Si le Débarquement avait été géré comme Anne Hidalgo a géré les Vélib', les bateaux n'auraient jamais quitté l'Amérique (sic)", a rétorqué le porte-parole du gouvernement lundi sur Europe 1, oubliant au passage que les bateaux étaient eux, partis, des côtes anglaises. "Je suis assez surpris d'entendre des leçons de logistique de la part d'une élue qui n'a pas su gérer le Vélib, qui n'a pas su gérer l'Autolib, qui a montré que s'agissant de la logistique, elle savait transformer l'or en plomb, alors même qu'il y a plus de fonctionnaires à la Ville de Paris qu'à la Commission européenne, qu'elle attaque."

"Un certain nombre d'élus de l'opposition nagent dans un océan de contradictions", a ajouté Gabriel Attal, visant du même coup la mairie de Marseille, dont la première adjointe "rejetait il y a 24 heures l'idée d'un couvre-feu avancé à 18 heures" et qui, "le lendemain, nous explique qu'il faut des mesures plus difficiles". "On a des responsables de l'opposition qui sont tellement obsédés par l'élection présidentielle qu'ils se croient déjà en 2022."

Éviter une riposte tous azimuts

Le fait que le porte-parole de l'exécutif garde la main dans cette riposte ne semble pas être dû au hasard. Selon Le Parisien, Jean Castex a expressément demandé aux membres du gouvernement, y compris aux plus coutumiers de la confrontation politique, d'éviter les prises de position sur des sujets ne relevant pas de leur domaine de compétence, ce afin d'empêcher une dispersion de la communication de l'exécutif. 

Il faut dire que le moment est particulièrement délicat, notamment pour Emmanuel Macron lui-même. "On joue très gros là-dessus", reconnaissait la semaine dernière une source gouvernementale auprès de LCI. "Si on se foire, c'est de nature à compromettre la campagne du président de la République. Il faut rattraper le coup dans les 15 jours..."

L'envie de riposter aux attaques dans ce climat de tension titille manifestement d'autres membres du gouvernement. En témoigne la sortie de Bruno Le Maire, lundi matin sur France Inter, répondant lui aussi à Anne Hidalgo, selon laquelle la ville de Paris "n'a pas vu la couleur du plan de relance". "Elle en a vu 1 milliard d'euros", a rétorqué patron de Bercy. "Les ambitions présidentielles de Madame Hidalgo ne l'autorisent pas à mentir aux Français." La riposte, oui, mais chacun dans son domaine de compétences.

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