"L'acceptabilité sociale", ce facteur-clé que scrute Macron avant un possible reconfinement

"L'acceptabilité sociale", ce facteur-clé que scrute Macron avant un possible reconfinement

ET DE TROIS - Alors qu'un nouveau confinement semble inéluctable, le gouvernement doit prendre en compte un nouveau facteur avant d'annoncer la mauvaise nouvelle aux Français : l'"acceptabilité sociale".

Un troisième confinement semble inéluctable, mais les Français sont-ils prêts à l’accepter ? A l’heure où les scientifiques appellent le gouvernement à durcir le couvre-feu et où ce dernier y réfléchit sérieusement, la peur du rejet, de la révolte, de l’incompréhension d’une grande partie de la population le paralyse.

"La vraie hésitation, elle est liée à l’acceptabilité", a confirmé à LCI un conseiller de l’exécutif ce lundi 25 janvier. Selon lui, le taux d’acceptation de la population oscillait entre 85 et 95% avant le premier confinement, autour de 60% avant le deuxième, et à l’aube d’un troisième, il ne serait que de 40%. Pour sûr, la population française semble de moins en moins encline à accepter une nouvelle mise sous cloche. Selon un sondage publié le 18 janvier dans Les Echos, 72% des Français pensaient inéluctable un nouveau confinement mais seuls 41% le souhaitaient. Moins que lors des deux précédents.

Toute l'info sur

Covid-19 : la France fait-elle les bons choix face au virus ?

Les dernières informations sur l'épidémie

Pédagogie et explication

Ainsi, pour avoir une chance de faire passer la pilule, "il faut faire de la pédagogie, de l’explication. Que la population comprenne", confie une source gouvernementale à LCI. Problème : les chiffres ne sont toujours pas clairs et ne parlent pas encore d'eux-mêmes. Les effets du couvre-feu national à 18 heures devraient être connus en milieu de semaine seulement, tout comme un état des lieux de la diffusion des variants sur le territoire. "Le gouvernement doit prendre la mesure d’un confinement au moment où l’opinion peut l’accepter. Pas avant. S’il y a une flambée, on est légitime pour protéger le pays ; s’il n’y a pas de flambée, le risque est grand que les gens ne l’acceptent pas", confirme l'entourage du ministre de la Santé Olivier Véran au Monde.

Aussi, l'exécutif ne cesse de répéter que la situation en France est bien meilleure que chez ses voisins. Alors, pourquoi reconfiner ? En attendant de prendre sa décision, il répète que toutes les options restent sur la table : le statu quo, le durcissement ou l'assouplissement des mesures. Le dernier mot reviendra au chef de l'Etat lors du prochain conseil de défense qui se réunira ce mercredi 27 janvier. 

Des mouvements de révolte à craindre ?

Si la décision d'un troisième confinement est décidée et annoncée prochainement par Emmanuel Macron, "on va devoir se démultiplier, pour aller prêcher la bonne parole des médias" anticipe un conseiller de l'exécutif auprès de LCI. "Le pire ? Que le reconfinement soit contesté par les Français", ajoute une autre source. La semaine dernière sur Twitter, est déjà apparu le hashtag #JeNeMeConfineraiPas. Et le gouvernement craint des mouvements de révolte comme ceux ayant actuellement lieu aux Pays-Bas.

Lire aussi

La fronde pourrait également venir de l'opposition politique. Ce lundi dans Le Figaro, le président LR du Sénat Gérard Larcher estime que "tout doit être tenté avec des mesures intermédiaires" pour éviter "un reconfinement total [qui] aurait des conséquences humaines très fortes, notamment chez les jeunes". Et "en cas de retour à un reconfinement strict, la question se posera d’un vote du Parlement pour l’autoriser ou non", assure-t-il.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Épidémie "préoccupante", restrictions locales : le gouvernement change de ton

EN DIRECT - Covid-19 : près de 32.000 nouveaux cas mercredi, du jamais vu depuis novembre

CARTE - Covid-19 : où en est l'épidémie dans votre département ?

Covid-19 : quels sont les départements où la situation est "très préoccupante" ?

Les patients hospitalisés pour Covid de plus en plus jeunes : comment l'expliquer ?

Lire et commenter