Reconfiner l'Île-de-France ? Ce que l'on sait avant le conseil de défense de mercredi

Reconfiner l'Île-de-France ? Ce que l'on sait avant le conseil de défense de mercredi

ATTENDRE... JUSQU'À QUAND ? - Faudra-t-il reconfiner l'Île-de-France, où l'épidémie de Covid progresse toujours ? Le gouvernement n'exclut aucune piste. Et préfère jouer la montre. Voici ce que l'on sait avant le conseil de Défense sanitaire prévu mercredi.

"Le reconfinement n’est pas le scénario numéro un sur la pile de Matignon, mais on ne peut pas dire que c’est exclu non plus." Selon nos informations, le gouvernement n'a pas encore arrêté sa décision concernant un éventuel nouveau tour de vis en Ile-de-France, où l'épidémie gagne chaque jour un peu plus de terrain. "On attend de voir", fait-on savoir, se laissant encore quelques jours pour mesurer l'évolution de la situation.

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La France face à une 3ème vague d'ampleur

Jusqu'à présent, l'exécutif a écarté un reconfinement le week-end ou complet en Ile-de-France malgré l'appel de nombreux médecins et un constat sanitaire préoccupant. Il n'empêche : cette hypothèse est néanmoins étudiée. "On ne joue pas au supplice chinois en ayant un scenario déjà acté et en attendant le meilleur moment pour le dégainer", a détaillé à LCI une source gouvernementale. Et d'ajouter : "L’incidence est en hausse, mais pas plus élevé qu’à Nice ou Dunkerque, même si la situation est préoccupante dans certains départements comme la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne. Il y a aussi une augmentation forte en réanimation avec malheureusement un effet boule de neige. On se retrouve à hospitaliser des patients avec des profils plus jeunes et qui nécessitent des hospitalisations plus longues."

"Nous sommes sur le fil du rasoir"

Lors d'un déplacement samedi en Seine-Saint-Denis, le Premier ministre Jean Castex a une nouvelle préféré temporiser. Le mot d'ordre ? Se "tenir prêt à tout moment à prendre des mesures" supplémentaires si besoin est. "Nous sommes sur le fil du rasoir", a-t-il déclaré au Monde, soulignant la situation hospitalière "préoccupante". "Le président de la République veut toujours éviter à tout prix un reconfinement le week-end ou la semaine", a également indiqué samedi une source gouvernementale à l'AFP. "Mais il y a une boussole : ne pas en arriver à devoir trier les patients", a-t-elle ajouté. 

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Réanimations saturées : vers un tri des malades ?

Le choix de l'exécutif fait grincer certains responsables de régions où des confinements de week-end ont été réintroduits. Comme Renaud Muselier, président de Paca, qui a dénoncé samedi une "injustice" entre les Alpes-Maritimes, qui entament leur troisième week-end de confinement, et la Seine-Saint-Denis, département de banlieue parisienne également très touché. Les élus franciliens eux, ne sont pas tous d'accord. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a réaffirmé son hostilité à un reconfinement. Valérie Pécresse - présidente de la région Île-de-France, indique en revanche qu'elle ne s'y opposera pas "si la situation sanitaire l'exige".

Au sein des soignants, les critiques fusent de la part de plusieurs médecins hospitaliers. Ce dimanche sur LCI, le Dr Rafik Masmoudi, médecin urgentiste à l'hôpital Georges Pompidou, a estimé que "si on veut continuer à soigner les patients Covid, il faut prendre des décisions assez fermes." Jean-François Timsit, chef du service réa à Bichat, en est lui aussi convaincu : "Il va falloir faire des choix" entre les patients ces prochains jours (voir la vidéo ci-dessus). 

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"Ça se joue au lit près"

Des choix qui ont déjà commencé : trois premiers patients en réanimation ont ainsi été évacués dans la matinée d'Ile-de-France vers Nantes, Angers et Le Mans, et trois autres doivent être transférés ce dimanche. Il faut dire que la situation des hôpitaux de la région la plus peuplée du pays est particulièrement tendue, avec 1.100 malades hospitalisés en réanimation samedi (4070 dans tout le pays) soit autant qu'au plus fort de la 2e vague en novembre dernier. "Ça se joue au lit près", a alerté vendredi le patron de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, soulignant qu'il y avait "entre 20 et 30% de déprogrammation" des activités non urgentes pour faire de la place aux malades du Covid.

Des chiffres que le gouvernement a, lui aussi, en tête. Pour autant, ce dernier préfère jouer la montre :  "Il y a peu de chances, voire très peu de chances que ça bouge avant mercredi ou jeudi sauf si vraiment il y a un cluster ingérable ou une catastrophe", a assuré à LCI une source gouvernementale. Donnant rendez-vous au milieu de semaine, et au désormais traditionnel conseil de Défense sanitaire.

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