Crack à Paris : face à une "situation inacceptable", A. Hidalgo en appelle à G. Darmanin

Crack à Paris : face à une "situation inacceptable", A. Hidalgo en appelle à G. Darmanin

DROGUE - Depuis la rue Riquet, à côté des jardins d'Eole, d'où les consommateurs de crack avaient été évacués au début de l'été, la maire de Paris Anne Hidalgo a sollicité l'intervention de l'État, mardi 21 septembre.

"Une situation absolument inacceptable". La maire PS de Paris Anne Hidalgo s'est rendue, mardi 21 septembre dans la soirée, devant les jardins d'Eole, point de fixation des consommateurs de crack à Paris, pour demander au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin de mettre fin à "un grand marché à ciel ouvert de crack", a-t-elle déclaré. "Cette situation n'a que trop duré", a assuré l'élue socialiste, candidate à la présidentielle, en arrivant rue Riquet où se trouvait plus d'une centaine de toxicomanes.

"J'en appelle au ministre de l'Intérieur" pour régler le "problème de sécurité" dans ce quartier, a encore dit l'édile, dénonçant une "situation absolument inacceptable". Les toxicomanes ont pris l'habitude de consommer là depuis que, mi-mai, préfecture et mairie se sont accordées pour les regrouper dans la partie nord des jardins afin de soulager le quartier voisin de Stalingrad. 

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Mais, fin juin, Anne Hidalgo avait décidé de mettre fin à cette situation provisoire en interdisant les consommateurs de crack d'accès au parc, afin que les habitants en reprennent possession. "Cela a eu un effet pervers qui est de les regrouper dehors", a-t-elle reconnu, mais "le fait de laisser un grand marché à ciel ouvert de crack dans la tolérance totale des autorités de police, ce n'est pas acceptable." À la mi-journée, la préfecture avait répondu aux critiques répétées de la maire. "Le secteur de Stalingrad et d'Eole continue plus que jamais de faire l'objet d'une action policière très soutenue", avait-elle affirmé par communiqué.

Les habitants du quartier veulent "une évacuation"

Entourée des maires PS des XVIIIe et XIXe arrondissements, d'adjoints et d'agents municipaux, Hidalgo est allée à la rencontre d'une poignée de riverains et toxicomanes. "Le crack, ça désociabilise, ça vous ramène plus bas que terre", lui a dit une jeune femme hébergée depuis huit mois dans un hôtel. "J'ai passé quatre ans dans la rue, parfois en marchant nu-pieds, parfois à tapiner pour dix, cinq euros parce que j'étais complètement accro", a-t-elle raconté. "Chez nous, il y a beaucoup de gens qui sont partis à l'hôpital ; ils sont revenus", lui a confié une autre femme, alors que la candidate à la présidentielle en 2022 considère les hôpitaux comme "une piste" face au refus des riverains de voir s'implanter des salles de soins près de chez eux.

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Paris : les toxicomanes évacués du jardin d'Éole ne sont pas allés loin

Quelques riverains en ont profité pour l'interpeller de manière plus hostile. "On veut une évacuation", a réclamé Kamel, un habitant du quartier. Anne Hidalgo refuse la proposition de la préfecture d'évacuer les consommateurs de crack porte de La Villette, privilégiant une "solution pérenne" qui consiste pour elle en la multiplication de petites structures d'accueil.

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