Création d'une médaille pour les victimes de terrorisme : une sénatrice centriste s'insurge

Création d'une médaille pour les victimes de terrorisme : une sénatrice centriste s'insurge

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POLEMIQUE - Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l'Orne et présidente de la commission d'enquête sur la lutte contre les réseaux djihadistes, s'indigne de la création le 13 juillet d'une médaille qui sera attribuée aux victimes du terrorisme. Elle craint que cette initiative n'envoie "un signal déplorable aux terroristes".

Elle demande l'abrogation du décret créant une médaille pour les victimes du terrorisme. Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l'Orne, s'oppose à la récente création de cette médaille qui sera "attribuée par décret" du président de la République et pourra être décernée à titre posthume aux "Français ou étrangers tués, blessés ou séquestrés lors d'actes terroristes commis sur le territoire national ou à l'étranger contre les intérêts de la République française".

"Cette médaille, qui fait montre d'une grande créativité, est aussi un signal déplorable donné aux terroristes car elle ancre la victime de terrorisme dans la permanence voire la durée. Placer dans l'ordre protocolaire une "médaille de la victime" avant la médaille de la résistance ou la croix de guerre est un moyen très discutable de promouvoir la compassion légitime en politique !", s'indigne dimanche, dans un communiqué, la présidente de la commission d'enquête sur la lutte contre les réseaux djihadistes.

Le 13 juillet dernier, la veille de l'attentat de Nice,  l'Elysée annonçait par décret la création d'une "médaille destinée à manifester l'hommage de la Nation aux victimes du terrorisme"  pour honorer les Français et les étrangers victimes d'actes commis contre les intérêts de la nation. Cette distinction pourra ainsi être accordée aux personnes ayant été victimes d'actes commis à compter du 1er janvier 2006.

L'initiative n'a pas fait réagir que la sénatrice. Des internautes ont commenté sur Twitter la création de cette médaille. Et, à l'exemple de Thierry Mariani, député LR des Français de l'étranger, ils ne s'y montrent pas favorables.

Guillaume Tabard, le rédacteur en chef du Figaro, partage le même point de vue. L'éditorialiste évoque "l'idée la plus bête" et propose, avec ironie, que cette médaille ait un "effet rétroactif pour les victimes de toutes les guerres depuis Alésia", bataille décisive de la guerre des Gaules menée par Vercingétorix face à l'armée romaine de Jules César... en -52.

Certains utilisateurs du réseau social s'interrogent par ailleurs sur l'utilité d'une telle distinction.

Quant aux principaux intéressés, Emmanuel Domenach, rescapé de l'attentat du Bataclan et vice-président de l'association "13 novembre : fraternité et vérité", s'interroge sur "l'intérêt et le symbole d'une telle démarche". Il estime que "les victimes ont besoin d'aide, pas de médaille".

Même remarque pour Stéphane Gicquel, le secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs, qui s'interroge également sur le sens d'une telle médaille.

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