Crise chez Les Républicains : "L'avenir de la droite n'est pas dans un parti attrape-tout qui ne dit plus rien", selon Wauquiez

Politique

LES RÉPUBLICAINS - Au lendemain de sa démission de la présidence des Républicains, Laurent Wauquiez met en garde contre l'éventuelle création d'un "grand parti mou de centre droit" dans un entretien au Figaro.

Deux jours après son interview sur TF1, Laurent Wauquiez accorde un entretien au Figaro. Il revient sur sa démission et met en garde les Républicains sur le futur du parti. "Si la droite se conçoit comme un supplétif d'En marche, soit en créant un grand parti mou de centre droit, soit en cédant aux sirènes des extrêmes et en courant derrière le RN, alors elle sera morte", juge-t-il au lendemain de sa démission de la tête du parti. "L'avenir de la droite n'est pas dans un parti attrape-tout qui ne dit plus rien." Toutefois, il dit "croire en l'avenir de la droite, même si tous les signes aujourd'hui montrent l'inverse".

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Pour expliquer sa démission, Laurent Wauquiez déclare : "J'ai vu le danger du retour de la guerre des chefs, le désir de revanche et au fond un état d'esprit que j'ai connu par le passé et qui m'a écœuré, comme pendant l'affrontement Copé-Fillon ou pendant la présidentielle". "J'en ai tiré la conclusion que si ma présence était un obstacle, alors il fallait partir. J'espère que ma démission permettra de sortir de la querelle des personnes et de travailler sur le fond." 

Le président du Sénat Gérard Larcher réunit mardi à Paris différents hiérarques dans le but de "construire un projet qui puisse rassembler la droite et le centre".

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Occuper l'espace entre LaREM et le RN

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes pense qu'une place est encore à prendre sur la scène politique, malgré la polarisation des débats entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. "Les électeurs LR qui ont voté RN savent aussi qu'il y a toute une partie du RN qui lorgne l'extrême gauche et que le discours économique n'est pas sérieux. De l'autre, il y a un doute profond qui reste dans les têtes des électeurs de droite sur la réalité du macronisme." "Bien sûr que pour quelqu'un de droite, l'effet d'optique et de comparaison avec François Hollande a créé un trouble." Mais "ce qu'on voit n'est pas satisfaisant : dérive de la dépense publique, laxisme sur le régalien, et une pensée libertaire. Il y a trop de parfum de gauche pour que cela réponde aux aspirations d'un esprit de droite", juge-t-il dans le Figaro.

Enfin, Laurent Wauquiez continue d'assumer la ligne politique qui a été la sienne, remise en cause par de nombreux cadres du parti. "Ce qui a tué la droite, c’est le sentiment qu’elle remet en cause sa ligne tout le temps, qu’elle n’a plus de colonne vertébrale ni de constance. (...) La droite ne se reconstruira pas en vendant ses convictions pour se racheter de la défaite des européennes. Le problème, ce n’est pas la ligne, c’est que les gens ne nous croient plus. Il faut d’abord des paroles claires. Ensuite de la constance dans les idées que l’on défend", explique-t-il.

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