Critiqué pour s'être affiché avec un ex-braqueur, Macron dit aimer "chaque enfant de la République"

Politique
CONTROVERSE - Le président de la République a été photographié ce dimanche à Saint-Martin, entouré de deux jeunes, dont un ex-braqueur. Le président s'est ensuite prêté au jeu du selfie sur lequel l'un de ses interlocuteurs fait un doigt d'honneur. Un cliché qui a suscité des réactions indignées au sein du Rassemblement national et des Républicains mais qu'Emmanuel Macron a préféré dédramatiser.

A-t-il été pris au piège de la proximité qu'il a voulu montrer avec les habitants des quartiers populaires ? Alors qu’il se poursuivait ce dimanche son déplacement dans les Antilles, Emmanuel Macron a pris la pose pour une série de photos aux côtés de deux Saint-Martinois avec qui il venait d’échanger. 


Sur l’une d’elles, le chef de l’Etat apparaît tout sourire. Problème : le jeune homme à sa gauche, vêtu d’un débardeur blanc, est un ancien braqueur (qu’il venait de sermonner), tandis que l’autre, torse nu à sa droite, est en train de faire un doigt d’honneur. Le cliché se propage depuis comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. 

"Impardonnable" selon Marine Le Pen

De quoi provoquer les commentaires outrés d’une partie de l’opposition, à commencer par le Rassemblement national (RN) et de sa présidente Marine Le Pen. "On ne trouve même plus de mots pour exprimer notre indignation", écrit la députée du Pas-de-Calais sur Twitter. "La France ne mérite certainement pas cela. C’est impardonnable !" À l’instar de Steeve Briois ou Jean Messiha, plusieurs membres du RN ont suivi le sillon de leur cheffe de file. 


Mais les réactions ne se sont pas arrêtées au parti d’extrême-droite. Du côté des Républicains, la députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a, elle, choisi d’ironiser en citant des propos tenus par le président en juin à un adolescent qui l’avait interpellé au Mont-Valérien : "Tu dois te comporter comme il faut. Tu m’appelles pas Manu, tu m’appelles Monsieur le Président."

J'aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtisesEmmanuel Macron lors de son déplacement à Saint-Martin

Invité à répondre à ces critiques lors d'un point presse, Emmanuel Macron a préféré dédramatiser la situation. "Ce qui fait que je me suis battu pour être élu face à Marine Le Pen et que je suis là aujourd'hui, c'est parce que j'aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises, parce que bien souvent, parce que c'est un enfant de la République, il n'a pas choisi l'endroit où il est né, et il n'a  pas eu la chance de ne pas en faire", a-t-il déclaré. 


Le chef de l'Etat a raconté qu'après cette photo, les deux jeunes avaient porté une jeune fille handicapée qui souhaitait l'embrasser. Ils ont "été capables de faire ça car je les ai regardés avec confiance, je les ai respectés, c'est ça la République", a-t-il ajouté. "On ne tirera rien des discours de haine. (...) Il faut arrêter de penser que notre jeunesse, parce qu'elle est d'une certaine couleur ou à un moment a fait des bêtises, il n'y a rien à en tirer", a-t-il insisté. 


"Marine Le Pen n'est pas avec le peuple", a-t-il encore dit. "Marine Le Pen, c'est l'extrême droite, et l'extrême droite ce n'est pas le peuple. Je suis président de la République et je ne laisserai à personne le peuple."

Pas de mea culpa

Le président a par ailleurs assumé ses propos à l'adresse d'un jeune horticulteur au chômage mi-septembre, auquel il avait conseillé de se réorienter dans la restauration, en manque de bras. "Ce jeune homme, j'avais raison de lui dire ça (...) Je regrette si parfois c'est mal compris mais je ne regrette pas de le dire." Et d'ajouter : "Je suis fait comme ça, je suis désolé je ne vais pas changer, je ne vais pas faire de mea culpa." 

"Je m'emporte parfois avec les gens parce que je suis naturel", a-t-il ajouté, en disant les "aim(er)" et en assurant qu'il ne "va pas (s')arrêter d'aller au contact".

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