Cyberattaques en série : Macron dévoile la stratégie française pour y faire face

Cyberattaques en série : Macron dévoile la stratégie française pour y faire face

DÉFENSE - Les attaques informatiques se font de plus en plus fréquentes en France. Si elles ont davantage visé les hôpitaux ces dernières semaines, elles touchent en fait une multitude de secteurs. Face à cette menace, Emmanuel Macron a présenté un plan de cybersécurité jeudi.

Face à la menace des pirates informatiques, l'exécutif ne compte pas rester les bras croisés. En réaction aux attaques successives des serveurs informatiques des hôpitaux de Dax (Landes) et de Villefranche-sur-Saône (Rhône) et plus généralement à la multiplication des hacking de ce type, Emmanuel Macron a détaillé jeudi les moyens et la stratégie de l'État en matière de cybersécurité. 

"La nation va faire un effort important sur ce sujet. Ce qu'on vient de vivre ces dernières semaines, à travers vos deux hôpitaux, et d'autres cas qui ne sont pas rendus publics. Il y a une criminalité qui est en train de s'organiser. Donc ça exige une grande mobilisation", a indiqué le président.  Car l'enjeu est de taille : "Ces attaques qui peuvent paraître très abstraites peuvent très rapidement tout désorganiser. Cette menace est très sérieuse, parfois vitale, elle touche à tous les secteurs : hôpitaux, administrations, médias, entreprises..."

Un budget additionnel d'un milliard d'euros pour le secteur de la cybersécurité

Échaudé par le phénomène, l'exécutif entend désormais anticiper : "Intégrer la cybersécurité dans les budgets est devenu une priorité. [...] Cela devient une préoccupation de l'ensemble des décideurs, mais aussi de l'État", qui souhaite renforcer sa filière de lutte contre ces attaques informatiques, avait appris TF1-LCI mercredi auprès de l'Élysée. "Le poids des acteurs étrangers [dans la sécurité informatique] est de 30 à 40%. C'est un énorme enjeu pour nous que de construire un programme de cybersécurité"

Dans ce but, l'Élysée prévoit une enveloppe d'un milliard d'euros additionnels pour le secteur, jusqu'en 2025. 515 millions d'euros seront tirés des fonds publics, le reste viendra d'investisseurs privés. Dans cette enveloppe, 500 millions d'euros seront directement destinés au financement de projets de solutions souveraines de cybersécurité, tels que des programmes de recherche et projets collaboratifs entre acteurs publics et privés.

Des rançons qui se chiffrent en millions d'euros

"Les rançons demandées, en bitcoins, se chiffrent en millions d'euros", selon un chiffrage de l'entourage présidentiel au sujet deux dernières attaques. L'Élysée ajoute cependant que ses services ont "bon espoir de récupérer la totalité des données de ces hôpitaux, sans payer de rançon". L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) s'est en effet dès le départ saisie du dossier et ces établissements de santé ont accueilli leurs agents en leur sein pour les besoins de l'enquête. Pour le moment, l'identité des hackers à l'origine de ces attaques n'est pas encore connue, nous confirme le Château. Le logiciel utilisé, lui, s'appelle RYUK. "La première chose qui a été faite a été de limiter le chiffrement des données", nous explique-t-on.

Il faut condamner très fermement les auteurs de ces actes- L'Élysée à TF1/LCI

"Il faut condamner très fermement les auteurs de ces actes, d'autant plus criminels qu'ils interviennent dans une situation de tensions dues à la pandémie", appuie l'exécutif. "Mais en réalité, ce n'est pas spécifiquement l'hôpital qui est visé". De nombreux autres secteurs sont aussi concernés par ces attaques, qui ont été multipliées par quatre en 2020, comparé aux années précédentes. Comme pour n'importe quel secteur touché, les autorités déconseillent "fortement" de procéder au paiement des rançons demandées, "qui ne garantit en rien la récupération des fichiers volés", comme l'expliquait LCI dans cet article.

Lire aussi

Vers la multiplication par deux des emplois du secteur de la cybersécurité en 2025

Le gouvernement compte aussi faire bondir le chiffre d'affaires du secteur de la cybersécurité français, le faisant passer de 7 milliards d'euros en 2019 à 25 milliards en 2025. Il voudrait d'autre part, d'ici là, voir doubler le nombre d'emplois pour atteindre plus de 40.000 personnes. Pour ce faire, de nouveaux masters et formations seront créés. 

Un campus de 20.000 m², nommé "Campus Cyber", doit aussi voir le jour à La Défense, sur le modèle de la Station F. Le lieu pourra accueillir un millier de personnes et sera ouvert aux lycéens, aux étudiants, ainsi qu'aux entreprises. Il sera inauguré à la rentrée prochaine pour une ouverture au second semestre 2021.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

L'exécutif change de ton : ce que va annoncer Jean Castex à 18h

EN DIRECT - Covid-19 : près de 32.000 nouveaux cas mercredi, du jamais vu depuis novembre

CARTE - Covid-19 : où en est l'épidémie dans votre département ?

Covid-19 : quels sont les départements où la situation est "très préoccupante" ?

Les patients hospitalisés pour Covid de plus en plus jeunes : comment l'expliquer ?

Lire et commenter