Dans la tête d'un adhérent Les Républicains après la débâcle

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LR : le clash entre Laurent Wauquiez et Virginie Calmels

RECONSTRUCTION - Les adhérents du parti, consultés sur la ligne du mouvement après sa double débâcle présidentielle et législative, ont massivement rejeté le processus de la primaire ouverte pour désigner un candidat à la présidentielle et donné leur avis sur la ligne politique que le parti doit adopter.

Plus de cinq mois après la lourde défaite de François Fillon au premier tour de l'élection présidentielle, le parti Les Républicains tente de ramasser les morceaux. Après s'être remonté le moral aux sénatoriales dimanche 24 septembre, le parti dirigé par Bernard Accoyer a pris connaissance cette semaine de la consultation interne lancée cet été auprès de ses adhérents. 

Maudite soit la primaire

La consultation pourrait servir aux candidats à l'élection interne du parti à la fin de l'année. Avec un message pour la prochaine présidentielle que le vainqueur ne se gênera pas pour respecter : 70% des adhérents du parti (40.000 sur 235.000 à jour de cotisations) ne veulent plus de primaire ouverte pour désigner leur champion. Un rejet jugé "sans surprise" par la direction. "Après le traumatisme qu'on a vécu, c'est normal. [...] Mais la changement des statuts ne se pose pas dans l'immédiat".

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Est-ce l'idée d'ouvrir la primaire aux autres partis de la droite qui est rejetée ? Ou le souvenir que François Fillon s'était appuyé sur sa très large victoire pour rester candidat coûte que coûte, malgré les affaires ? Quoi qu'il en soit, on a peu de chances de voir Jean-Frédéric Poisson se représenter pour être le candidat de la droite et du centre. 

Mais Les Républicains ont aussi décidé de demander à leurs adhérents quelles étaient leurs priorités politiques. Essentiel, alors que les thèmes chers à la droite que sont la baisse des impôts et la réduction des dépenses publiques sont aujourd'hui annexés par la République en marche.

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Et... surprise : les questions d'identité n'ont pas vraiment voix de cité chez ces derniers. A la question des valeurs essentielles, la laïcité, souvent brandie par la droite, arrive... en dernier, avec 17%. Ce qui va plutôt à l'encontre des plus récentes polémiques attisées par certains de ses élus, dont la députée Valérie Boyer et la disparition des croix sur les yaourts grecs. Les positions sur la famille et sur la vie humaine, régulièrement citées par François Fillon au moment de la campagne, et pas franchement négligées par le favori à la présidence du parti Laurent Wauquiez, ne recueillent que 18% des suffrages.

Le parti en phase avec ses adhérents sur la lutte anti-terroriste

A l'inverse, le gros champ de bataille actuel des élus Les Républicains, la lutte contre le terrorisme, tient le haut des préoccupations des adhérents. Un minimum, alors que les députés LR s'activent à l'Assemblée pour dénoncer le projet de loi visant à sortir de l'état d'urgence, tout en intégrant certaines de ses dispositions dans le droit commun. La sécurité est ainsi citée comme une valeur essentielle par 39% des personnes qui ont répondu. Autre curiosité suite à l'affaire Fillon : l'exemplarité est désormais sur le podium des valeurs des Républicains, avec 38% des suffrages.

En revanche, la justice sociale (18%) et les questions environnementales (7%) ne sont pas franchement des priorités pour ces adhérents. Enfin, dernier enseignement qui peut être utile aux prochains dirigeants du parti : ils croient toujours au clivage gauche droite (73%), et ils estiment que plusieurs sensibilités doivent pouvoir "coexister" au sein du parti (77%). Un bon renseignement, alors que le favori à la présidence Laurent Wauquiez est accusé de droitisation, que les députés LR se sont scindés en deux et que des personnalités telles que Christian Estrosi et Valérie Pécresse ont ou vont lancer leur mouvement.

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