Castaner, Richard, Molins... qui pour succéder à Gérard Collomb à l'Intérieur ?

Politique
REMANIEMENT - Le patron du ministère de l'Intérieur parti, l'exécutif cherche déjà son successeur. Parmi les prétendants dont les noms ont émergé, des membres du gouvernement, mais aussi des personnalités extérieures, au profil pas toujours politique. En attendant, c'est le Premier ministre Edouard Philippe qui va assurer l'intérim.

Ils sont rares, ceux ou celles qui, parmi les têtes remarquables du "nouveau monde", peuvent prétendre à prendre la tête d'un ministère régalien. Surtout quand le titulaire du poste s'appelle Gérard Collomb et affiche plus de 40 ans de vie politique au compteur. Loger place Beauvau est une étape assez prestigieuse dans la vie politique pour aiguiser les appétits. Et dans les arcanes du pouvoir comme dans les rédactions, quelque noms se murmurent déjà.

Prétendants du gouvernement...

Le nom le plus répété d'entre eux est celui de Gérald Darmanin. Sarkozyste et converti zélé au macronisme, le ministre de l'Action et des Comptes publics a été vu à l'Elysée mardi 2 octobre, où il était convié pour une discussion avec les députés de la commission des affaires sociales au sujet du prochain projet de loi de financement du budget de la sécurité sociale. Et s'est entretenu peu avant avec Emmanuel Macron. Mais malgré les rumeurs, l'ancien maire de Tourcoing a assuré ce mardi matin sur France 2 qu'il était concentré sur sa "tâche de ministre des comptes publics, c'est une tâche exaltante", a-t-il avancé. "Il n'y a aucun autre sujet". Quelques mois avant la mise en place du prélèvement à la source, son départ de Bercy ne serait peut-être pas idéal.

Au gouvernement, toujours, le nom de Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux Relations parlementaires, aurait aussi fait part de son intérêt. Mais sa mission de structuration de La République en marche, dont il est le délégué général, en pâtirait lourdement. Si tel devait être le cas, une piste pour le remplacer prend le nom du député de Paris et ex-président des Jeunes avec Macron Pierre Person


Sont également évoqués les noms de Jean-Yves Le Drian, actuel ministre des Affaires étrangères et ancien ministre de la Défense de François Hollande, et Florence Parly, ministre des Armées. Le premier ne voudrait pas du poste qu'il a déjà refusé plusieurs fois ; la seconde, respectée dans son ministère, pourrait être récompensée de son bon travail.

... et d'ailleurs

Autre nom d'envergure à être sorti, celui de Christian Estrosi. Le maire de Nice, très sensible aux questions de sécurité et d'immigration, avait dit tout le bien qu'il pensait du projet de loi Asile et immigration, saluant le fait qu'Emmanuel Macron était allé "plus loin que la droite" en la matière. Ce mercredi, cet ancien sarkozyste a assuré sur LCI qu'il ne serait pas le successeur de Gérard Collomb : "J'ai fait le choix de ma ville, dans la vie publique il ne faut pas trahir ses électeurs".


Viennent ensuite celui de deux spécialistes : l'ancien directeur général de la police nationale, le sarkozyste Frédéric Péchenard, aujourd'hui vice-président Les Républicains de la région Ile-de-France. "Personne ne m'a rien proposé", a-t-il assuré au JDD, alors que la question de la succession à Collomb se posait avec moins d'insistance. Mais, assure celui qui a récemment critiqué les propositions sécuritaires de Laurent Wauquiez, si la proposition de Beauvau devait lui être faite, il "y réfléchirait". Autre nom d'un expert à ressortir, par Le Parisien en l'occurrence, celui de Denis Favier, ancien patron du GIGN, connu pour avoir mené l'opération de libération de otages d'un avion situé à Marignane en 1994, bombardé directeur de la gendarmerie par Manuel Valls.


Le procureur de Paris François Molins, qui s'apprête à quitter ses fonctions, pourrait-il rebondir en devenant ministre de l'Intérieur ? S'il a de l'expérience en matière de sécurité, de terrorisme et de maintien de la paix, il est en revanche moins au fait des questions d'asile et d'immigration ou des problématiques concernant les collectivités territoriales.


Le JDD avançait en outre le nom de Jean Castex, présenté le 7 octobre comme le favori pour ce job. Le maire LR de Prades (Pyrénées-Orientales), 53 ans, énarque, ancien conseiller de la Cour des comptes, a été le secrétaire général adjoint de l'Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy. 


Pour être complets, il ne faut pas oublier l'énarque Didier Casas, actuel directeur général adjoint de Bouygues Telecom. Proche d'Emmanuel Macron (une qualité essentielle pour ce poste), il a rejoint En Marche dès sa création et a participé à l'élaboration du programme de campagne du chef de l'Etat. Il était le conseiller spécial du candidat Macron pour les questions régaliennes (défense, sécurité, immigration, laïcité, institutions et libertés publiques). 

Sans oublier les ex-ministres

D'anciens ministres sont aussi pressentis, comme Hubert Védrine, ministre socialiste des Affaires étrangères de Jacques Chirac, ou Alain Richard, ministre de la Défense de 1997 à 2002, dans le gouvernement de Lionel Jospin et aujourd'hui sénateur LREM. Ce qui ne fait pas très "nouveau monde"...

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