Point d'indice, non-remplacements... et carence : les fonctionnaires, premières victimes du quinquennat ?

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FONCTIONNAIRES - Après l’annonce fin juin du gel du point d’indice, les fonctionnaires viennent d’apprendre ce jeudi une autre mauvaise nouvelle. Le gouvernement a décidé de rétablir le jour de carence.

L’heure est aux économies. Après la remise la semaine dernière par la Cour des Comptes d’un rapport alarmiste sur l’état des finances publiques, le gouvernement examine toutes les pistes pour boucler le budget 2017. D’après les projections du Palais Cambon, sans mesures correctrices, le déficit devrait atteindre 3,2% cette année. Soit un dérapage de 8 à 9 milliards d'euros par rapport à l'objectif des 2,8% et de 4 à 5 milliards par rapport au cap des 3% fixé par l'Union européenne.


Pour trouver l'argent manquant, Edouard Philippe a déjà indiqué mardi vouloir "stopper l'inflation de la masse salariale du secteur public", qui représente le quart des dépenses publiques de l'Hexagone. Un objectif qui avait déjà poussé le ministre des Comptes public, Gérald Darmanin, à officialiser fin juin le gel, dès 2018, de la valeur du point d'indice qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires. Une mesure qui n’a pas manqué de provoquer l’ire des syndicats, sachant que le point n'a augmenté que de 0,6%, à deux reprises (juillet 2016 et février 2017), alors qu'il était gelé depuis juillet 2010.

La rétablissement du jour de carence

Et ce n’est pas l’annonce ce jeudi du rétablissement du jour de carence qui va leur redonner le sourire. Cette mesure n’a toutefois rien d’une surprise puisqu’elle figurait dans le programme du candidat Macron. Mise en place le 1er janvier 2012, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, elle avait été supprimée par François Hollande en janvier 2014. Marylise Lebranchu, alors ministre de la Fonction publique, avait jugé cette mesure "injuste, inutile et inefficace". 

Un avis que ne partage donc pas le ministre des Comptes publics. "Même si le jour de carence ne doit pas être le seul instrument pour lutter contre l'absentéisme des agents, qui est aussi la conséquence de souffrances d'une partie d'entre eux (...), il permet de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d'euros par an", a déclaré ce jeudi Gérald Darmanin.

Vers la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires

Autre mauvaise nouvelle pour la fonction publique, le non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite, confirmé ce mercredi par le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. "570.000 départs à la retraite" (dans la fonction publique) sont prévus pendant le quinquennat. "Il ne s'agit pas de faire des ratios, 1 pour 2, 1 pour 3, 1 pour 4 ou 1 pour 1(...) mais on est dans une réorganisation en profondeur de notre administration dans ses objectifs et sa façon de travailler", a-t-il expliqué.


Là encore, le gouvernement ne sort pas cette mesure de nulle part puisque le programme présidentiel d’Emmanuel Macron évoquait la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires sur 5 ans. Selon l'entourage du ministre des Comptes publics, l'objectif de supprimer 120.000 postes au cours du quinquennat concernera en priorité "70.000 postes dans la fonction publique territoriale", ce qui fera l'objet "du pacte financier entre les élus et l'Etat, au coeur de la conférence nationale des territoires en juillet".

Remontés, les syndicats de la fonction publique ne peuvent que déplorer toutes ces annonces. "Le service public est tout sauf un handicap pour la France et je constate que dans les pays, notamment en Grande-Bretagne, où le service public a été démantelé, les conséquences sont terribles", a déclaré Jean-Marc Canon (CGT). "Ce qui nous choque c'est qu'on considère systématiquement les agents publics comme une charge, jamais comme une force de travail qui met en oeuvre des politiques publiques et comme une richesse", regrette de son côté Mylène Jacquot (CFDT).

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