Cadre du FN accusé d'insultes racistes : le parquet de Lille ouvre une enquête

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RACISME - Un assistant parlementaire du FN, Davy Rodriguez, a été suspendu dimanche après des accusations d'insultes racistes lors d'une altercation vendredi soir à Lille, en marge du congrès du FN. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on voit notamment ce proche de Marine Le Pen , également n°2 du Front national de la jeunesse, proférer des insultes racistes au vigile d'un bar. Des propos qu'il nie avoir tenus. Le parquet lillois a ouvert une enquête ce lundi, selon nos informations.

La vidéo, émise par un compte anonyme, a été retirée puis republiée par d'autres comptes sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence, on aperçoit Davy Rodriguez, assistant parlementaire du député FN Sébastien Chenu et de Marine Le Pen, passablement énervé. La scène se serait déroulée dans la nuit de vendredi à samedi, devant un bar de Lille, en marge du congrès du FN.


Selon Buzzfeed qui révèle l'affaire, le collaborateur FN aurait eu un accrochage avec le vigile du bar La Plage, où plusieurs membres du Front national de la jeunesse passaient leur soirée. Le site d'information indique avoir recueilli plusieurs témoignages sur place, qui ont confirmé la scène. Le vigile en question a notamment affirmé que Davy Rodriguez se serait mis "dans une colère pas possible", "sans aucune raison", le traitant aussi de "sale Africain", de "singe", alors que ceux qui l'accompagnaient tentaient de le calmer. Des propos qu'il nie avoir tenus dénonçant une manipulation. 

Selon nos informations, une plainte pour "insulte à caractère raciste et violences légères" a été déposée ce lundi. Le parquet de Lille a ouvert une enquête, confiée à la sûreté urbaine de Lille.

Une suspension acceptée par Marine Le Pen

Sollicité dimanche en marge du congrès par LCI, Sébastien Chenu, passablement irrité, avait d'abord dénoncé "un traquenard", affirmant que son assistant "conteste formellement avoir tenu ces propos". "C'est peut-être vous sur la vidéo, non ?" a-t-il lancé aux journalistes qui l'interrogeaient, assurant avoir vu la vidéo incriminée. 


Contacté par LCI, un témoin de la scène, qui s'est déroulée aux alentours de 3h du matin, a assuré avoir entendu David Rodriguez dire : "Espèce de nègre de merde".

En vidéo

Sébastien Chenu défend son assistant parlementaire accusé de racisme

Un peu plus tard l'élu avait finalement demandé la "suspension de Davy Rodriguez" de la vice-présidence du FNJ. Une suspension qui tombait au plus mal en plein congrès du FN. "Puisqu'il est attaqué de toutes parts, nous allons le suspendre pour qu'il puisse se défendre", a déclaré Sébastien Chenu précisant que cette suspension "à titre conservatoire" avait été acceptée par Marine Le Pen.


D'autres voix au FN réclament des sanctions si les faits sont avérés. "Il est évident que si les faits sont avérés, il y aura des sanctions", a indiqué aux journalistes Gaëtan Dussausaye, président du FNJ, se disant "surpris" et précisant qu'une réunion se tiendrait la semaine prochaine pour en discuter. 

Interrogé par le JDD, le député FN du Gard Gilbert Collard est allé un peu plus loin, affirmant être "malade" des propos racistes proférés dans la vidéo. "Je suis choqué. Si la vidéo est vraie, c'est proprement inadmissible... J'ai honte", a lâché le parlementaire. 

En vidéo

Un assistant parlementaire suspendu après des propos racistes, la réaction de Gaetan Dussausaye

Le Front national "à visage découvert"

Dans un communiqué publié dimanche matin, SOS Racisme a dénoncé une "agression raciste" et indiqué étudier "les procédures judiciaires qu'il convient de donner" estimant que le Front national apparaissait ainsi "à visage découvert". Le parti socialiste a également rapidement condamné les propos attribués à Davy Rodriguez. 

Davy Rodriguez, officiellement "ambassadeur" de Marine Le Pen "en charge de la refondation" du parti, est un transfuge récent au FN, après avoir milité au sein du Front de gauche. 


En novembre dernier, celui qui a notamment co-fondé le groupe FN à Sciences Po Paris expliquait à l'AFP : "Quand j'étais au Front de gauche, j'avais déjà un peu de mal avec l'idée qu'il faille continuer à accueillir autant d'immigration". Il estimait ainsi "impossible d'assimiler les nouvelles populations qui se réunissent sur le plus petit dénominateur commun, l'islam, et la provenance géographique africaine".

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