De Grenoble à Caen, journée sous tension pour les Le Pen

De Grenoble à Caen, journée sous tension pour les Le Pen

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FRONT NATIONAL - De "brèves échauffourées" ont opposé mercredi soir à Grenoble quelque 250 manifestants aux forces de l'ordre, en marge d'un meeting de Jean-Marie Le Pen. A Caen, 200 personnes ont accueilli la présidente du FN pour sa visite au Mémorial.

Journée éprouvante pour le clan Le Pen ? Pendant que la fille était accueillie par une manifestation mercredi devant le Mémorial de Caen, un meeting de son père, à Grenoble, a été émaillé par de "brèves échauffourées" entre manifestants et forces de l’ordre.

Vers 19h15, peu après le début d'une réunion de campagne en présence de Jean-Marie Le Pen pour les élections européennes , des manifestants ont en effet lancé des projectiles sur les forces de l'ordre, ainsi que sur un groupe de militants d'extrême droite sortis pour chanter la Marseillaise. Les policiers ont d'abord repoussé physiquement les manifestants, avant de disperser la majorité d'entre eux en faisant usage de grenades lacrymogènes. "Les manifestants étaient excités par les provocations des gens venus assister à la réunion publique et qui leur faisaient des quenelles, des bras d'honneur et des gestes obscènes et provocateurs à distance", a assuré la police. La manifestation s'est dispersée vers 19h45, sans autre incident.

"C'est une provocation" 

Ambiance un peu plus calme du côté de Caen, où Marine Le Pen est venue visiter le Mémorial malgré l'opposition de 200 personnes, dont des élus PS, PCF et des syndicalistes. "C'est une provocation. On atteint la mémoire de ceux qui sont morts pour la liberté", a déclaré Bernard Duval, résistant, déporté après avoir été arrêté par la Gestapo en mars 1944 à 18 ans. "Elle (Marine Le Pen) a réussi son coup. On est tous piégés", a estimé un salarié du Mémorial sous couvert d'anonymat. "On a envie de lui expliquer que la Shoah n'est pas un détail de l'histoire", a-t-il ajouté, en référence aux propos de Jean-Marie Le Pen. En 1987, ce dernier avait en effet déclaré qu'à ses yeux, les chambres à gaz, dans lesquelles des millions de juifs ont péri, étaient "un point de détail de l'histoire de la Seconde guerre mondiale".

Une autre manifestation, de militants de la gauche plus radicale, a rassemblé quelque 60 militants très calmes, tenus à l'écart par un cordon de forces de l'ordre, devant le Mémorial mercredi vers 16h30, au moment où la patronne du FN est arrivée discrètement par une porte arrière du bâtiment. A l'issue de sa visite, Marine Le Pen a expliqué que c'était la première fois qu'elle se rendait au Mémorial. "C'est vrai que je n'avais jamais eu l'occasion de venir (...) c'était une carence qui est aujourd'hui réparée", a-t-elle dit avant de saluer la place faite au musée aux victimes civiles de la guerre. Interrogée par l'AFP sur les propos tenus par son père sur la Shoah, la frontiste a répondu qu'elle s'était déjà "exprimée 100 fois sur ce sujet, je pense que c'est suffisant".

>> VIDÉO - Jean-Marie Le Pen et le "point de détail" de l'histoire de la Seconde guerre mondiale

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