De la primaire de la droite à la présidentielle 2017 : François Fillon, le récit d'une chute vertigineuse

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Politique

AFFAIRE - François Fillon a été condamné lundi à cinq ans de prison, dont deux ferme, dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope qui avait fait dérailler sa campagne présidentielle il y a trois ans. Retour sur la chute de l'ancien Premier ministre, dont le parti était pourtant promis à la victoire en 2017.

Une petite phrase formulée lors de la primaire républicaine ne cessera de lui revenir en pleine figure, comme un boomerang. En août 2016, François Fillon, visant son principal rival Nicolas Sarkozy, déclare : "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?" Mal lui en a pris. Il ne savait pas encore qu'il serait lui-même visé par des affaires et mis en examen. Et qu'il prendrait la décision d'aller jusqu'au bout, coûte que coûte.

Le lendemain, le 26 janvier, François Fillon s’exprime et se défend sur TF1. Invité du journal de 20 heures, le candidat de la droite pour l'élection présidentielle refuse de se retirer tant qu’il n’est pas mis en examen. "Il n’y a qu’une seule chose qui m’empêcherait d’être candidat : c’est si mon honneur était atteint, si j’étais mis en examen", clame-t-il.

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Mais François Fillon refuse de laisser sa place. Pourtant les révélations s'enchaînant : selon le Canard Enchaîné Penelope Fillon aurait touché près de 900.000 euros, le journal confirme également que deux enfants ont été rémunérés et parle de 84.000 euros entre 2005 et 2007. 

Le 16 février, François Fillon confirme qu'il ne retirera pas même s'il est mis en examen. Le 1er mars, il annonce qu'il sera convoqué quinze jours plus tard par les juges d'instruction en vue d'une mise en examen, et persiste et signe : "Je ne céderai pas, je ne me rendrais pas, je ne me retirerai pas, j’irai jusqu’au bout." Le 5 mars, alors que les défections sont de plus en plus nombreuses dans son camp, il organise un grand rassemblement place du Trocadéro, pour assurer de sa détermination à se présenter devant les Français.

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François Fillon : 2017, récit d'une chute en quatre citations choc

En janvier 2017, le Canard Enchaîné révèle que Penelope Fillon a été rémunérée pendant huit ans comme assistante parlementaire de son mari, puis de son suppléant Marc Joulaud de 2002 à 2007. Le journal parle de 500.000 euros perçus de 1998 à 2002 et en 2012. Il dévoile également qu’entre mai 2012 et décembre 2013, elle aurait touché 100.000 euros pour un poste de conseillère à la Revue des deux mondes. Dans la foulée, le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire pour "détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits".

François Fillon assume la défaite, historique pour son parti

Jusqu'au 22 avril, jour du premier tour de l'élection présidentielle, les rebondissements sont quasi quotidiens, et les faits de plus en plus précis et accablants pour le candidat de la droite. Au lendemain d'une défaite historique, la première au premier tour d'une présidentielle pour sa famille politique sous la Ve République, François Fillon déclare : "J’assume mes responsabilités, cette défaite est la mienne et c’est à moi, et à moi seule, qu’il revient de la porter. Le moment venu, la vérité de cette élection sera écrite." 

François Fillon quitte la scène politique, s'en tenant le plus souvent loin. "Je ne chercherai pas à revenir" et "j'ai tourné la page complètement", avait-il assuré en janvier dernier sur France 2, alors qu'il était l'invité exceptionnel, quelques semaines avant l'ouverture de son procès, de l'émission "Vous avez la parole". "Je n'ai aucune envie de les entraîner de nouveau dans cette violence", avait-il ajouté.

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