#PSLeDébat - Carvounas, Faure, Maurel, Le Foll : comment les candidats se sont-ils sortis de la confrontation ?

DirectLCI
BILAN - Les quatre prétendants au poste de Premier secrétaire du PS ont ferraillé pendant plus d'une 1h40, mercredi soir sur LCI. Clivant ou consensuel, à chacun sa méthode pour convaincre les militants qu'il sera le meilleur dénominateur commun pour sauver la gauche.

Y a-t-il un socialiste pour sauver le PS ? Les quatre candidats se sont longuement affrontés, mercredi soir sur LCI, RTL et Le Figaro, pour convaincre les militants qu'ils seraient les mieux placés pour sauver le parti en déroute depuis les dernières élections. L'enjeu du débat, ce sont les élections internes des 15 et 29 mars prochains, lors desquelles les adhérents qui n'ont pas quitté le PS devront choisir un embryon de ligne directrice et surtout un nouveau Premier secrétaire pour incarner la renaissance.


Le débat a fait apparaître des approches sensiblement différentes. Si Luc Carvounas, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel ont choisi de défendre des lignes clivantes, Olivier Faure a joué davantage sur l'esprit de consensus, une méthode déjà éprouvée dans le passé du PS. LCI fait le bilan pour chacun des prétendants. Vous pouvez revisionner ce débat dans le post ci-dessous.

Emmanuel Maurel, à gauche toute

En vidéo

#PSLeDébat : le propos introductif d’Emmanuel Maurel

Emmanuel Maurel est peut-être le moins connus des quatre candidats auprès du grand public. Le député a toutefois profité du débat pour faire valoir ses différences de fond avec ses concurrents, et son discours en faveur d'une gauche "décomplexée". Ce cacique socialiste de 44 ans, représentant de l'aile gauche du PS, s'est quasi systématiquement opposé à Stéphane Le Foll sur le bilan du quinquennat Hollande, la façon de s'opposer à Emmanuel Macron ou sur l'alliance éventuelle avec les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon. "Rien de ce qui est de gauche ne m'est étranger", a-t-il répété, prônant l'alliance avec tous les partis de gauche, une opposition radicale à un gouvernement qui incarne "le libéralisme intégral", et qualifiant Emmanuel Macron "d'idéologue". Bilan : un discours très ancré à gauche, dans la pure tradition du socialisme façon Marie-Noëlle Lienemann ou feu Henri Emmanuelli, avec de nombreuses références à François Mitterrand. De quoi rassembler les militants PS qui n'ont pas encore quitté le parti pour rejoindre Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon ?

Luc Carvounas, l'indigné

En vidéo

#PSLeDébat : le propos introductif de Luc Carvounas

Luc Carvounas savait qu'il serait attaqué sur sa proximité révolue avec Manuel Valls. Assumant ses choix passés au non de la "loyauté", le député du Val-de-Marne a joué l'équilibriste en plaidant, lui aussi, pour une gauche qui s'assume et qui incarne "l'opposition" pure et simple à Emmanuel Macron tout en estimant que "tout n'est pas à jeter" dans le bilan de François Hollande. "Je crois au clivage gauche-droite, je veux que la gauche dirige la France", a-t-il plaidé, en jouant à plusieurs reprises sur son parcours personnel -avec un certain pathos - pour expliquer son engagement, et répétant quelques "punchlines" comme cette "gauche arc-en-ciel" qu'il entend construire avec les mouvements associatifs et la société civile. Un positionnement tranché, mais un peu serré entre l'aile droite incarnée par Stéphane Le Foll, la position centrale revendiquée par Olivier Faure et le discours plus radicalement à gauche d'Emmanuel Maurel. 

Stéphane Le Foll, l'héritier

En vidéo

#PSLeDebat : le propos introductif de Stéphane Le Foll

La situation n'était pas beaucoup plus simple pour Stéphane Le Foll, seul ancien ministre de François Hollande présent sur le plateau, et dépositaire par conséquent d'un bilan que ses camarades ne souhaitent pas franchement assumer. Tout en estimant que l'heure n'était plus à l'inventaire du quinquennat passé, soldé par les élections, ce proche de François Hollande a malgré tout endossé d'un bout à l'autre avec un certain aplomb la politique tant décriée, notamment sur le plan économique, de l'ancien chef de l'Etat. A ceux qui plaident l'union des gauches, il a répliqué qu'aucune alliance ne pourrait être envisagée avant que le PS n'ait retrouvé son "leadership". En plaidant pour une "majorité claire" pour gouverner le PS, Stéphane Le Foll a choisi une position clivante et tranchée, prenant le risque, par la même occasion, de perdre le statut de "dénominateur commun" qui est l'apanage classique des premiers secrétaires du PS.

Olivier Faure, le dénominateur discret

En vidéo

#PSLeDebat : le propos introductif d'Olivier Faure

Le phénomène inverse s'est produit pour Olivier Faure. Le député de Seine-et-Marne, considéré comme un favori de l'élection interne, a souhaité incarner le dénominateur commun dans la pure tradition du PS, prenant simultanément le risque de paraître plus consensuel que ses concurrents. Le patron du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée à défendu une forme d'opposition "qui propose", revendiquant d'avoir tenté d'infléchir certaines réformes critiquées de François Hollande comme la loi El Khomri en 2016 ou la proposition de déchéance de nationalité. Une façon subtile d'assumer le bilan de François Hollande, mais de l'extérieur, et de revendiquer un esprit de responsabilité pour se distinguer des anciens frondeurs. "Je suis celui qui conduira le rassemblement", a expliqué le candidat, soutenu d'ailleurs par l'ancienne patronne du PS Martine Aubry. Reste à savoir si les militants désigneront, le 29 mars, un dénominateur commun, ou bien un patron rejetant cette "synthèse molle" entre des courants contraires dont François Hollande a dû assumer la paternité en son temps.  

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter